Les peines d’une vie.

1120 Words
ÉPISODE 07 KIMORA JOHNSON Je ne vois pas comment je peux le supporter encore. La société dans laquelle il travaille, j'ai financé cela. Il me sollicite pour venir aider et cela sans aucun franc, alors que mon statut d'actionnaires me permet de réclamer un dû chaque fin de mois. Grâce à mon papa, je bénéficiais encore d'un toit et d'argent de poche qu'il me fournissait. Je n'étais donc pas une charge pour Aristide. Tout ce que je lui demandais, c'était qu'il soit prêt pour les consultations parce que je ne vais pas demander à mon papa de m'envoyer de l'argent pour ça. Il s'est démerdé pour nous trouver cinquante mille pour la première consultation. Et au fur et mesure, nous sommes devenus plus solidaire. À la société, il avait désormais deux employés loyaux. Ils faisaient des formations et cela ramenait assez d'argent même si tout ça n'était pas basé sur la transparence. Cela nous a permis de faire le trousseau pour que j'aille accoucher chez mes parents. J'ai été fière de nous, de notre parcours jusque-là. Quand je suis allée accoucher, il m'a vite remplacé par cette fille derrière chez moi. Il ne s'en cachait plus vu qu'il la mettait sur statut w******p. Cela m'avait attristé. Je faisais une grossesse hors terme et j'avais besoin de son soutien, mais il n'avait même pas le temps de m'appeler. Il disait qu'il court pour chercher de l'argent à m'envoyer, mais il avait le temps de mettre cette fille sur statut. J'étais triste et en même temps stressée. Ce qui a fait qu'à terme, j'ai commencé à perdre du poids et devenir hypertendue. Tout le monde voulait savoir ce qui n'allait pas, mais j'étais incapable de leurs expliquer. En plus de ça, j’avais dû abandonner les cours pour aller accoucher. J'étais dans la même maison que mon papa, mais on ne se parlait pas. J'ai fait quarante-et-un semaines de grossesse et pour une primipare, ce n'était pas normal. Il fallait déclencher l'accouchement, car le liquide amniotique n'était plus beaucoup. La sage-femme m'a demandé de marcher d'abord et que s'il n'y avait toujours rien, on passerait au déclenchement. Le lundi qui a suivi, on a déclenché. Première contraction et effacement du col pendant toute la journée du lundi. Mardi, accélération de contraction, col ouvert à deux doigts sans progression. Mercredi, rapprochement des contractions, évolution du travail, col ouvert à trois doigts. On envisage passer à la césarienne. Mes parents s'opposent à cela. Moi je suis épuisée et je veux en finir. Injection sur injection. Dans l'après-midi du mercredi, les contractions ont complètement cessé. Retour à la normal. Col fermé. Jeudi, Redeclenchement. Contraction pénible sans progression de l'ouverture du col. On prépare l'ambulance pour un transfert vers un centre plus équipé. Dans le même temps, les parents m'ont fait manger mille et une recettes. Transfert réussit dans le nouveau centre. Ils m'ont vite pris en charge et mis sous oxygène. Je croquais les methyldropa comme des bonbons. Ils m'ont mis une saloperie de perfusion, les filles de salles riaient d'avance, elles disent que c'est piment et que désormais on entendra que mes hurlements. C'était exactement ce qui est arrivé. Je voyais littéralement mon ventre se contracter et se relâcher. C'était des contractions mais en accéléré, disons puissance 10. J'ai crié a en perdre la voix. Elles m'ont dit que avant que cette perfusion ne finisse je devrais être prête pour l'accouchement, sauf que c'est fini et j'étais toujours à 4 doigts. Elles ont allé décider de me faire une seconde dose. Pour cette dose là je n'ai même pas pu crier j'étais comme sous un hallucinogène, on m'a juste dit que c'était le moment et qu'il fallait que je pousse fort et bien pour ne pas tuer mon enfant. J'avais commencé à pousser, je me rappelle que mon premier poussé a fait pouffer de rire les filles de salle mais la sage-femme qui était là est très professionnel, c'était une stagiaire de l'inmes. Elle m'a accompagné jusqu'au dernier moment où j'ai senti quelques choses se déchirer en moi. C'était mon périnée qu'elle a dû déchirer pour que mon bébé vienne au monde. Il est finalement né a 21h30 avec 3kilo200 et 55cm. Si ce jour a été le plus beau jour de ma vie, je n'ai pas vécu les choses comme on nous le raconte, recevoir mon fils dans mes bras ne m'as pas fait oublié tout ce que j'ai enduré. Juste après ça on me la enlevé des bras pour détacher le placenta à l'intérieur de moi. Je ne savais pas que l'intérieur du ventre pouvait être si profond mais ce jour-là j'ai vu tout le bras de la sage-femme entré en moi pour racler je ne sais quoi. Quand elle a fini il fallait recoudre mon périnée, elle a commandé de l'anesthésie locale pour pratiquer la chirurgie de mon périnée mais il n’y en avait pas. Elle s'était tournée vers moi l'air désolé, moi j'étais dans les nuages, elle m'a dit qu'il fallait que je sois forte pour ce qu'elle s'apprêtait à me faire. Je lui ai répondu qu'après ce que je venais de traverser rien ne pouvais être plus pénible, elle m'a répondu de juste retenir mon souffle et puis elle a commencé à me coudre le périnée. Bon de Dieu de bon sang, cette douleur est indescriptible. A chaque fois que j'en parle je la ressens comme si je vivais ça à l'instant tellement c'est gravé dans ma mémoire. C'était traumatisant. Après l'accouchement, l'overdose de toutes ces injections m'a fait halluciner pendant plus de vingt-quatre heures. J'avais perdu la vue aussi pendant les vingt-quatre heures là sans que personne ne puisse m'expliquer ce qui s'est passé. Bien évidemment, notre argent n'a pas pu couvrir tous ces soins. Mon père a dû compléter à plus de soixante mille. Aristide était heureux. Il m'a appelé et m'a couvert de mots gentils. Deux jours après, il a débarqué pour voir son fils. Il a remboursé mon papa jusqu'à quarante mille. J'étais heureuse qu'il soit venu. J'ai voulu faire une photo avec son portable quand un truc à attirer mon attention. Il y avait une photo de la fille dans son portable, des photos de seins et autres. Des trucs torrides quoi. Je suis remontée à leurs conversations et ce que j'ai vu m'a fait couler les larmes comme un enfant. Pendant que j'étais entre la vie et la mort pour mettre au monde notre enfant, lui, il était entre les cuisses d'une autre. Je lui ai posé la question et il ne m'a rien répondu de concret. Il semblait s'en foutre. À qui je pouvais parler de tout ceci ? À personne bien-sûr. Il est resté quelques jours et est réparti pour le boulot…
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