Walter : « d’accord, comme vous voudrez. Ma femme a été condamnée à mort pour
meurtre. Trois semaines ont déjà été écoulées, il en reste une et … je ne sais pas comment faire…pour… »
Walter éclate en sanglots.
Réginald : « une semaine… c’est vraiment limite comme temps imparti »
Hermann : « ce que Walter essaie de dire c’est que Sarah Anderson a été jugée et condamnée coupable du meurtre d’une vieille femme »
Réginald : « où ça ? »
Hermann : « dans une localité appelée Olympe. C’est un petit village dans lequel résident des gens de toutes les souches de la société »
Réginald : « Olympe… »
Hermann : « il faut qu’on y aille ce soir. C’est à partir de demain qu’il restera effectivement une semaine pour réussir à sortir sa femme de ce guêpier »
Réginald : « vous dites cela comme si c’était une mince affaire »
Walter (sanglotant) : « il y a un policier là-bas qui vous attend. Il s’appelle Fabien Liverpool »
Réginald : « et est-ce qu’on a droit de cité dans l’Olympe ? »
Hermann : « oui, tant qu’on est avocat. C’est possible d’exercer pleinement dans l’Olympe »
Walter : « je vous en prie, faites votre maximum pour ma femme, je suis sûr qu’elle n’a rien fait »
Réginald : « ce qui est sûr c’est que s’il y a un corps, il y a un meurtrier. Et s’il y a un meurtrier, il y a un crime qui a été commis »
Hermann : « c’est pour cela que vous irez avec Walter. Vous voyagerez ce soir. Vous serez à l’Olympe d’ici demain matin. Je vous conseille de dormir pendant le voyage »
Réginald : « dans ce cas… »
Réginald se lève et rentre chez lui. Pendant ce temps, Hermann console Walter et le rassure.
Hermann : « on a au moins une chance de sauver Sarah »
Walter : « je l’espère, Hermann. Je n’ai pas envie de perdre ma femme. Elle est tout ce que j’ai. Je n’ai rien trouvé qui pourrait l’innocenter, alors je ne sais pas ce que Réginald pourra faire »
Hermann : « ce mec est brillant. Il fera au moins ce qu’il peut pour trouver un détail qui nous aurait échappé. Pour l’instant, on ne peut qu’espérer »
Quelques minutes plus tard, Réginald arrive chez lui. En plein dans son salon, sur un mur, il épingle le papier que lui a donné Bill Casablanca par Hermann. Ensuite, il ramasse quelques affaires qu’il range dans un sac et il ressort de l’appartement. Il arrive quelques minutes plus tard à l’entrée du cabinet ACE. Il croise une personne qui est devenue sa rivale la plus acharnée : Roberta. Les deux avocats rivaux se regardent longuement en silence. Puis, Roberta décide de briser son mutisme apparent.
Roberta : « un jour, je vous ferai taire et ravaler votre fierté »
Réginald : « si vous n’avez rien d’autre à dire, allez-vous-en. J’ai autre chose à faire »
Roberta : « oui, je sais, l’affaire Sarah Anderson. Votre collègue m’avait demandé de l’aider, mais les avocats d’un cabinet de seconde zone… je n’ai pas vraiment envie qu’on me mette en commun avec vous »
Réginald : « je peux vous promettre une chose, mes collègues ne risquent plus de faire appel à vous, même pour ramasser du vomis. Vous n’êtes même pas de taille contre eux »
Roberta : « espèce de… »
Réginald : « gardez votre salive pour les procès ultérieurs que vous perdrez bientôt. Débrouillez-vous pour que je ne revois plus votre visage devant ce modeste endroit »
Après avoir fini de dire cela, Réginald entre dans le bâtiment. Il rejoint ses deux collègues. Roberta retourne à sa voiture et prend la route pour son cabinet. A l’intérieur du bâtiment, Réginald et Walter planifient les derniers détails de leur voyage. C’est une fois la nuit tombée que les deux hommes se rendent dans une agence de voyage. Le voyage durera près de six heures. Finalement, c’est au petit matin qu’ils arrivent à l’Olympe. Un petit village qui ne possède que les rudiments de la technologie moderne à part quelques voitures de transport en commun plus ou moins à la pointe de ce qui se fait de mieux en termes de véhicule. Réginald reste stupéfait par ce qu’il voit. Walter et lui parviennent, après quelques minutes de marche, à trouver un taxi et ils se rendent à l’unique commissariat de la ville. Ils arrivent à l’accueil et sont immédiatement orientés vers le bureau du commissaire. Le commissaire Fabien Liverpool est un homme grand de taille, très bien bâti, il est assez imposant avec de grands pieds. Il a également une coiffure assez exotique ; des cheveux coupés courts avec une inscription faite avec sa chevelure à l’arrière de sa tête, XYZ. Tout le monde voudrait bien connaitre la
signification de ce sigle, mais vu la carrure du personnage, personne ne veut prendre le risque de le vexer de peur d’avoir à faire à lui. Il reconnait tout de suite Walter, mais semble ignorer complètement celui qui l’accompagne, à part son nom, ce qui quand même assez curieux.
Fabien (content) : « Walter !!! Quelle bonne surprise ! »
Walter : « Fabien, salut »
Fabien (tend la main à Réginald) : « Fabien Liverpool, je suis le commissaire de
l’Olympe »
Réginald (serre la main de Fabien) : « Réginald Princeton »
Fabien les invite à prendre une place assise chacun, puis il s’assied sur son bureau.
Fabien : « alors, je vais aller droit au but, messieurs. J’espère que vous avez tout ce qu’il faut pour mener votre enquête ici »
Réginald : « que pouvez-vous me dire de cette affaire ? »
Fabien : « le juge a condamné Sarah Anderson à la mort par pendaison. Héra a été retrouvée morte chez elle par un coursier qui venait régulièrement lui donner son courrier en main propre »
Réginald : « coursier ? »
Fabien : « oui, ici, tout est rudimentaire. Les coursiers assurent la transmission du
courrier de la gare à la ville et vice-versa. Le système électrique est également rudimentaire, mais la vie n’est pas si mal »
Réginald : « si vous le dites. Mais continuez l’histoire liée à Héra s’il vous plaît »
Fabien : « Héra a été mortellement blessée à la tête, nous n’avons retrouvé aucune trace d’effraction chez elle. Tout ce que le légiste a pu affirmer avec la certitude la plus absolue, c’est qu’elle a été frappée avec un objet plus ou moins lourd et qui présente plusieurs angles dans la nuit précédant la découverte du corps. La principale suspecte est la femme de votre collègue parce qu’elle vivait chez Héra »
Réginald : « alors Héra et Sarah vivaient ensemble »
Fabien : « exactement, elle a été soupçonnée dès le début parce qu’elle a perdu son travail en métropole et, lorsqu’elle est arrivée ici, elle a décidé d’habiter avec cette femme de ménage. Toute la contrée pense que c’est l’argent qui est le motif du meurtre. J’ai découvert la modique somme de soixante mille dollars sous une pierre dans son jardin. Le juge a conclu que le mobile était de l’argent et que les circonstances étaient propices pour Sarah. Le procès n’a pas duré, Sarah s’est faite démolir en quelques minutes »
Walter (à Fabien) : « et vous avez décidé de laisser ma femme se faire condamner »
Fabien : « hola ! On se calme, d’accord ? »
Walter : « me calmer ? Tu veux vraiment que je me calme ? »
Réginald : « s’il vous plaît, pas de perte de temps inutile. La vie d’une personne est en jeu. Alors évitez de vous disputer vainement »
Le commissaire Fabien et Walter gardent le silence.
Réginald : « les jurés l’ont déclarée coupable ? »
Fabien : « oui »
Réginald : « super ! Ce sera encore plus compliqué »
Walter (à Réginald) : « mais on a des chances hein ? »
Réginald : « on va voir. Ce sera gérable »
Fabien : « dès que vous aurez besoin de quoique ce soit, faites-le moi savoir. Je serai à votre entière disposition »
Réginald : « d’accord, entendu »
Fabien : « j’ai déjà discuté avec Athéna, elle sera votre logeuse. Je vous accompagne chez elle »
Walter : « je voudrais d’abord parler à ma femme »
Fabien : « d’accord. Mais la prison est à deux kilomètres d’ici. Demain, je vous y
emmènerai moi-même »
Réginald : « d’accord, monsieur le commissaire »
Cela dit, Fabien accompagne les deux avocats à la résidence d’Athéna. Ils arrivent à ladite résidence. Fabien frappe à la porte, une femme rousse, d’environ trente ans tout au plus, ouvre la porte de l’intérieur.
Athéna : « bonjour commissaire… qui sont ces messieurs ? »
Fabien : « bonjour ma chère Athéna. Voici les messieurs dont je vous ai parlés il y a quelques jours. Ils habiteront chez vous pendant une semaine. Ils sont là pour enquêter sur le meurtre d’Héra »
Athéna : « bonjour messieurs, je vous souhaite un bon séjour à l’Olympe et chez moi »
Réginald : « merci beaucoup madame »
Walter : « merci madame »
Athéna : « appelez-moi Athéna »
Réginald : « comme vous voudrez, Athéna »
Réginald et Walter entrent dans la maison. Fabien et Athéna restent à l’extérieur, ils
sont en train de discuter.
Athéna : « il y a un souci avec le verdict prononcé contre cette jeune étrangère ? »
Fabien : « oui et non. Je suis juste en train de soupçonner une erreur quelque part, mais ce quelque part n’est pas facilement localisable, donc je vais me faire aider par ces messieurs »
Athéna : « vous pensez que la jeune femme est peut-être innocente ? »
Fabien : « je ne sais pas »
Pendant qu’ils discutent encore, Réginald et Walter tiennent leur propre conférence à l’intérieur.
Walter : « je ne sais pas pourquoi on perd autant de temps alors que les jours de ma femme sont comptés »
Réginald : « il ne sert à rien d’être pressé de faire quelque chose lorsqu’on ne sait même
pas par où commencer »
Walter : « elle a été condamnée pour meurtre avec préméditation, elle sera pendue dans six jours et quelques heures »
Réginald : « récapitulons, Sarah a été condamnée pour les raisons suivantes : elle vivait avec la victime et faisait partie de son environnement proche, elle n’avait pas d’argent tandis que la victime en avait. Par ailleurs, la victime a été retrouvée morte à l’intérieur et une belle somme de soixante mille dollars dans la cour, sous un caillou. Ici, on ne parle pas d’empreintes, il n’y a pas de quoi les analyser ici. Il va falloir trouver des preuves tangibles et les accompagner avec des arguments solides pour réussir à résoudre cette affaire si tant est que c’en est une »
Walter : « ma femme est innocente, vous pensez le contraire ? »
Réginald : « je ne sais même pas quoi penser pour le moment. Une chose semble certaine, c’est que l’issue du procès n’a pas été indécise. Que je crois qu’elle ait tué Héra ou pas, ce n’est pas très important »
Fabien prend congé d’Athéna. Cette dernière entre, montre la chambre des invités aux deux avocats, puis elle se dirige vers la cuisine pour préparer quelque chose. Walter et Réginald continuent de discuter.
Walter : « que comptez-vous faire ? »
Réginald : « avec ces premiers éléments qui ont poussé les jurés de cette localité à condamner votre femme, je crois qu’il faut d’abord prouver que votre femme n’est pas celle que tout le monde croit »
Walter : « c’est-à-dire ? »
Réginald : « une meurtrière »
Walter : « hm… »
Réginald (en sortant de la chambre) : « et pour cela, je vais commencer mon investigation chez notre logeuse »
Walter : « qu’espérez-vous apprendre d’elle ? »
Réginald en a marre, il ne répond pas et s’avance vers la cuisine où se trouve Athéna. Celle-ci le reçoit avec plaisir, elle a l’habitude d’être seule et un peu de compagnie ne que lui faire du bien.
Athéna : « oui, monsieur… ? »
Réginald : « Princeton, mais appelez-moi Réginald »
Athéna (découpe des oignons et des tomates) : « alors, Réginald, que voulez-vous savoir »
Réginald : « étiez-vous au procès de Sarah Anderson ? »
Athéna : « oui, j’y étais, du début jusqu’à la fin »
Réginald : « a-t-elle eu un procès équitable ? »
Athéna : « oui, bien sûr. Elle a eu un avocat convenable, enfin je crois… je suis profane dans ce genre de choses, vous savez ? »
Réginald : « donc d’un point de vue légal, il n’y a pas de reproche à faire aux jurés si je comprends bien »
Athéna : « c’est possible, oui. Mais pourquoi n’avez-vous pas demandé cela au commissaire Fabien ? »
Réginald : « parce que je préfère l’avis d’une profane, comme vous dites. Cette affaire semble terminée pour le commissaire d’une part, mais elle reste quand même à explorer avec un autre œil d’autre part »
Athéna : « je ne sais vraiment pas quoi vous dire d’autre. C’est dommage que cette femme soit condamnée à la pendaison d’ici quelques jours. Le commissaire Fabien est un homme humble, s’il a jugé indispensable de vous appeler, c’est que vous verrez peut-être quelque chose qui l’a échappé. C’est la première fois qu’il doute autant du verdict du juge dans une affaire »
Réginald : « et si je trouve qu’elle est coupable malgré tout ? »
Athéna : « je vous assure qu’il tuera cette femme lui-même »
Réginald (sourit) : « je vois…espérons que le dénouement sera différent du verdict final »
Le lendemain, Fabien arrive chez Athéna. Il vient pour emmener les deux avocats à la prison où est enfermée Sarah Anderson. Réginald et Walter, une fois prêts, sortent de la maison et prennent la route avec le commissaire. Fabien conduit pendant une vingtaine de minutes et arrive à destination. Accompagnés de Fabien, les deux avocats passent tout le protocole de sécurité et retrouvent Sarah dans une salle de visite. Walter se précipite vers sa femme et
l’embrasse chaleureusement. Après ces minutes de retrouvailles, Réginald peut enfin s’entretenir quelques minutes avec la femme de son collègue.
Fabien (à Walter) : « vous feriez mieux de vous mettre dehors pendant que monsieur
Princeton travaille »
Walter : « quoi ? »
Réginald : « hm… »
Sarah : « quoi ? »
Fabien : « bien sûr, j’ai demandé les services de Réginald Princeton, pas de sa
compagnie. Si vous êtes venus, c’est parce que vous êtes du même cabinet et parce qu’il s’agit de votre femme »
Réginald (à Walter) : « vas-y, sors s’il te plaît »