le procès d'Aaron Cruz: le dénouement

2032 Words
Sanders se retire, laissant la place à Réginald. Juge : « l’audience est suspendue pour cinq minutes, le temps pour les jurés, vous et moi aussi de faire une courte pause » Le juge se retire donc temporairement, de même que les jurés et le procureur. A cet instant, le détective que Réginald avait engagé entre dans la salle d’audience. Réginald l’aperçoit et se déplace vers lui. Le détective lui murmure quelque chose à l’oreille et lui donne un morceau de papier, puis se dirige vers la sortie. ??? (En sortant de la salle) : « je crois que nous sommes quittes maintenant, passez une bonne journée » Hermann se rapproche de Réginald. Il est curieux de savoir ce qui se passe. Hermann : « Réginald, qu’est-ce qui se passe ? » Réginald : « il se trouve que j’ai engagé un détective afin qu’il m’aide dans mes investigations » Hermann : « je peux comprendre que vous soyez remonté après moi, mais… » Réginald : « non, vous n’y êtes pas du tout. J’ai demandé à ce monsieur de creuser un peu pour récolter des informations sur la dénommée Lili. Mais c’est vous qui m’avez dit qu’elle était morte. J’ai pu trouver une alternative en faisant témoigner Roberta. Cependant, quelque chose m’a quelque peu dérangé lors de la petite altercation que nous avons eue quelques jours plus tôt avec madame Ankara. J’ai donc rappelé le détective pour lui demander d’orienter ses recherches sur la mère de la victime. Cela s’est révélé productif » Hermann : « que voulez-vous dire ? » Le juge revient, les jurés entrent avec le procureur. Réginald : « vous allez le savoir tout de suite. Je crois que c’est une véritable bouée de sauvetage qui s’offre à nous » Hermann : « dans ce cas, j’espère que votre plan va marcher » Réginald retourne rapidement à sa place car l’audience est sur le point de commencer. Juge : « bien, l’audience peut reprendre. Je crois que chaque partie a eu le temps de reposer les méninges pendant ces précieuses minutes. Alors, si je me rappelle bien, c’était à la défense d’interroger madame Ankara. Donc, maître Princeton, vous pouvez commencer » Réginald se lève. Réginald : « madame Ankara, avez-vous vu monsieur Cruz tuer votre petit garçon ? » Ankara : « bien sûr que non… » Réginald : « donc vous ne pouvez pas prouver qu’il est le meurtrier de cet enfant » Sanders : « objection, la défense est en train de spéculer » Juge : « objection accordée » Réginald : « d’accord. Madame Ankara, beaucoup de vies ont été détruites cette nuit-là. Celle de votre fils, probablement sa copine, la vôtre… » Sanders : « est-ce une question ? » Réginald : « ce que je veux dire, c’est qu’il fallait que quelqu’un paie pour cela » Ankara : « vous ne croyez pas si bien dire » Sanders : « où est votre question ? » Réginald : « ok, je commence donc avec mes interrogations. Avez-vous financé la cure de désintoxication de Lili ? » Ankara : « quoi ? » Réginald (sortant un morceau de papier d’une chemise) : « j’ai ici un bulletin attestant que Lili était suivie dans un centre de désintoxication. Alors je répète, avez-vous financé la cure de désintoxication de Lili ? Etait-ce pour l’empêcher de témoigner au procès ? » Ankara : « pardon ? » Sanders : « objection, votre honneur, la défense fait un procès à la victime » Réginald : « non, monsieur le procureur, mon client est la victime » Juge : « j’espère que vous pouvez argumentez, maître Princeton » Réginald : « laissons madame Ankara répondre à ma question » Ankara : « je n’ai jamais entendu parler de cette Lili hors mis dans cette salle » Réginald (s’avance vers le juge pour lui remettre le bout de papier) : « c’est ça, je vous crois ! Votre honneur, la défense souhaite soumettre en guise de pièce à conviction le formulaire d’admission de Maria Manchester dans un centre de désintoxication » Ankara : « quoi ? Mais qui est cette femme ? » Réginald : « c’était la camarade de chambre de Lili. Je compte bien la faire témoigner tout à l’heure, ne vous en déplaise » Ankara : « non, vous ne pouvez pas faire cela » Réginald : « elle m’a confié ce qu’elle viendra dire ici. Elle dira à quel point Lili lui avait confié se sentir coupable d’avoir abandonné son ami » Sanders (se lève) : « objection, votre honneur, ouï-dire » Ankara : « vous mentez » Juge : « objection rejetée » Réginald : « Maria Manchester dira aussi que c’est vous qui avez payé la cure de Lili » Ankara : « non, c’est faux, je n’ai rien fait de tel » Réginald : « Maria viendra attester du contraire » Ankara : « c’est une sale menteuse » Réginald : « pourquoi mentir alors qu’elle voudrait simplement éclaircir ce qui mérite d’être clair » Ankara : « tout est clair pourtant » Réginald : « c’est vous la menteuse » Ankara : « non, cette femme est la menteuse » Sanders : « votre honneur, objection, c’est du harcèlement contre madame Ankara » Réginald : « comment pouvez-vous savoir que Maria est une menteuse avec autant de certitude ? » Ankara (énervée) : « je le sais parce que Lili était dans une chambre individuelle » Réginald : « quoi ? » Sanders tombe dénue, il s’assied en silence. Toute la salle garde un silence qui se veut assourdissant. Réginald : « que venez-vous de dire ? » Ankara : « c’est vrai, j’ai payé la cure de cette idiote » Juge : « surveillez votre langage » Ankara : « j’ai payé sa cure parce que c’était une petite espèce de toxicomane qui aurait dit n’importe quoi pour innocenter ce type, alors je me suis débarrassée d’elle, il a tué mon enfant » Réginald (surpris) : « madame… » Ankara (frappant la barre avec les deux mains) : « il l’a tué ! » Les jurés regardent madame Ankara avec stupéfaction. Aaron Cruz est surpris, il se retourne et regarde sa fille. Le silence des jurés est éloquent, ils sont abasourdis par les propos de madame Ankara. Même le procureur Sanders qui s’est calmé il y a quelques secondes n’en revient pas. Dans l’assistance, Hermann sourit, Réginald vient de marquer un grand coup. Le juge jette un coup d’œil dans la salle, il constate l’ampleur du silence hautement parlant des individus présents à l’audience. Après ces secondes de vide, Réginald se retourne vers le juge et continue de parler. Réginald : « votre honneur, la défense requiert que monsieur Cruz soit innocenté et que sa peine de mort soit commuée séance tenante » Juge : « procureur Sanders, avez-vous quelque chose à dire par rapport à tout ceci ? » Sanders : « nous n’avons pas d’objection à cela, monsieur le juge » Juge (inspire une grande bouffée d’oxygène) : « dans ce cas, je prononce le verdict suivant ; mesdames et messieurs les jurés, vous êtes excusés. Quant à vous, monsieur Aaron Cruz, vous êtes libre à compter d’aujourd’hui. L’audience est terminée » Le marteau du juge retentit, ce bruit qui sonne et marque le début de la vie d’Aaron Cruz en tant qu’homme libre ayant enfin eu la justice qu’il méritait. Le procureur Sanders se lève, réunit ses affaires et sort de la salle, la tête basse. Réginald retourne à sa place, Aaron Cruz s’avance vers son avocat, les deux hommes se regardent et se serrent la main. Aaron : « je vous remercie. Sans vous, je serai mort » Réginald : « vous étiez mon client… vous méritiez qu’on vous rende justice, travail que j’ai mené jusqu’au bout avec une petite équipe derrière moi. Maintenant vous devez rattraper le temps perdu avec quelqu’un » Réginald lui fait un signe de la tête, Aaron se tourne vers sa fille. Il se précipite vers elle et l’embrasse chaleureusement. Hermann s’approche de Réginald et lui serre la main. Hermann : « félicitations !!! C’était vraiment une superbe prestation de votre part » Réginald : « soyons sérieux, ce n’était pas un concert. Et avec ça, vous pouvez dire à vos amis de me donner l’indice que j’attends sur l’affaire concernant le meurtre de ma femme » Hermann : « justement, à propos de cette affaire… » Hermann lui tend un bout de papier. Réginald prend le bout de papier et le lit, ensuite les deux hommes regagnent l’extérieur de la salle. Roberta les observe du fond de la salle pendant qu’ils sortent. Roberta (en pensant) : « je m’en souviendrais Réginald Princeton. On se reverra à un autre procès et je vous jure que vous vous en mordrez les doigts » Une fois à l’extérieur, Réginald et Hermann entrent dans une voiture avec chauffeur, orienté non sans être surpris par quelqu’un d’assez costaud. Ils y retrouvent un homme âgé et apparemment nanti avec la première lettre en majuscule. ??? : « Chers amis, je vous salue » Hermann : « et vous êtes ? » ??? : « Pardonnez-moi pour cette petite frayeur avec mon garde du corps. Je me présente Bill Casablanca » Réginald : « que voulez-vous ? » Bill : « tout d’abord, je voudrais vous féliciter pour ce contre-interrogatoire magistral. Je suis assez admiratif. Mais je sais aussi que ce que je vous ai donné vous permettra de commencer le début du puzzle pour résoudre le meurtre de votre bien-aimée, sire Princeton » Réginald : « c’est donc vous qui vouliez qu’Aaron Cruz soit innocenté » Bill : « oui, mais sans preuve et surtout un spécialiste comme vous, je l’aurai vu se faire exécuter pour rien. Pour le moment, ce que vous avez entre les mains peut vous aider n’est-ce pas ? » Réginald : « c’est un avocat qui est responsable de ce meurtre ? » Bill : « qu’est-ce que j’en sais ? C’est juste quelqu’un du même milieu que vous ; juge, avocat, greffier, procureur… je ne sais pas. Mais je peux vous orienter ailleurs » Réginald (ouvre la portière) : « au moins, je peux déjà commencer quelque part, mais votre indice est quelque peu mince » Hermann et Réginald sortent de la voiture. Cette dernière démarre aussitôt et s’éloigne d’eux. Hermann : « c’est déjà un indice… reste à savoir maintenant comment resserrer l’étau » Réginald : « pour l’instant, c’est très vague. Alors dites-moi, cette affaire concernant Walter ? » Hermann : « vous restez au cabinet ACE ? » Réginald : « je ne vous ai jamais dit que je partais. Si seulement vous saviez ce par quoi je passe… » Hermann : « retournons au cabinet. On va parler à Walter » Réginald et Hermann empruntent un taxi. Quelques secondes plus tard, Roberta sort de la salle d’audience, elle entre dans sa voiture et s’en va. Quelques minutes plus tard, Réginald et Hermann arrivent au cabinet ACE. Ils entrent dans le bâtiment et rejoignent Walter dans son bureau. Walter : « Réginald, vous êtes déjà une star dès le premier procès » Réginald : « très amusant, mais je ne suis pas là pour ça, je voudrai que vous m’expliquiez ce qui se passe avec votre problème » Walter (regarde Hermann) : « vous voulez que… » Réginald : « écoutez, je n’entrerai plus ici pour ce genre de chose, alors vous me parlez, oui ou non » Walter (expire un peu) : « d’accord… je vous raconte ce qui se passe » Hermann et Réginald s’asseyent et Walter commence la narration. Walter : « ma femme a été condamnée à mort il y a un mois pour meurtre » Réginald (bondit de sa chaise) : « et vous me le dites seulement maintenant ? » Hermann (se frotte le front avec une de ses mains) : « hm... Réginald, s’il vous plaît. Asseyez-vous, l’histoire contient encore des informations plus graves » Réginald : « je crois que je préfère rester debout finalement »
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