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Chapitre 1 – La nuit du Cœur de Vax
Je m'appelle Angelina ancienne pion dans la mafia aujourd'hui libre comme le vent. J'ai pas trouvé ma liberté en pleurnichant, disons que je l'ai arraché de force, de sang.
La liberté a toujours un prix à payer, c'est soit on est libre ou est soumis.
La soumission, ça ne marche pas avec moi. J'aime l'indépendance.
Hum, aujourd'hui, pour être libre, je travaille dur. Je dois naviguer entre mon double identité car si je reste Angelina, mon parrain me retrouvera.
J'ai donc changé de nom, changé de sexe, je veux dire, changé de genre.
Le jour, je suis Angel Lakista, un détective privé.
Petite précision, c'est pour avoir un boulot normal et une vie normale même si je dois avouer que certaines de mes collègues traque sur moi. mais bon, elles ignorent tout de moi.
Dans la nuit je redeviens moi, Angelina et je fais ce que je sais faire : voler sur les toitures pour dérober et devenir super riche.
L'ironie, personne ne sait qui je suis, même pas mes collègues.
Depuis un moment je travaille sur une affaire importante. Elle me donnera beaucoup d'argent et je compte y arriver.
Il est 3 heures.
Je suspends mon souffle à la corniche. Le vide, vingt mètres plus bas, ronronne d’un vent humide qui colle ma combinaison noire à ma peau.
Mes doigts gantés cherchent une prise, la trouvent, et je me hisse sur le toit de verre sans un bruit. Sous moi, la salle des enchères privées étincelle.
Le diamant rose, le Cœur de Vax, repose dans une vitrine blindée, au centre exact d’un octogone de lumière.
Je l’observe à travers la verrière, et mon pouls s’accélère.
Soixante secondes avant que le ballet des gardes ne repasse.
Je déroule la ventouse, découpe un cercle net dans la verrière. J’aime cette seconde où tout peut basculer.
Un faux mouvement et je m’écrase.
Je descends en rappel, arrêtée pile au-dessus du piédestal.
La salle sent l’encaustique et le métal froid.
L’alarme à infrarouge tisse une toile de lignes rouges autour de la vitrine. Je l’ai étudiée trois nuits durant.
Je me contorsionne, un bras tendu en arrière, la colonne vertébrale en feu.
Mon brouilleur de fréquence chante une note à peine audible.
Les lasers s’éteignent une seconde, une seule. Assez.
Mes semelles touchent le marbre sans un son.
La vitrine, maintenant. Verre feuilleté, capteurs de pression.
Je vaporise un gel réfrigérant, frappe d’un coup sec avec le talon de ma paume renforcé.
Une fissure se répand, givrée. Je prélève le fragment, glisse la pince.
Le Cœur de Vax est plus lourd que dans mes rêves. Rose sang, taillé en coussin, il capture la moindre lueur.
Je l’engouffre dans la pochette blindée contre ma cuisse.
Un bruit de pas. Des semelles crissent sur le marbre.
Le garde du palier Est a dévié de sa ronde. Mon ventre se serre.
Je m’aplatis derrière un pilier de stuc. L’homme s’arrête à deux mètres.
Sa lampe torche balaie la pièce, rase mon crâne.
Je retiens l’air, une main sur mon couteau. Ne pas céder à l’adrénaline. Un meurtre gâcherait tout.
La lumière s’éloigne. Il repart. Je relâche l’air par petites bouffées contrôlées.
Retour vers le câble.
J’ai vingt secondes. Je m’élance, saisis la corde, et la ventouse siffle en me remontant vers la verrière.
Sous mes pieds, le musée redevient silencieux. Je débouche sur le toit au moment où l’orage crève.
La pluie efface mes traces.
Je cours, pliée en deux, vers la tyrolienne préparée à l’extrémité du bâtiment.
Le câble vibre quand je m’y accroche, le mousqueton hurle contre l’acier.
Je m’élance dans le vide, les jambes battant au-dessus d’une ruelle obscure.
Le mur d’en face arrive trop vite. Je fléchis, roule, l’épaule en feu, mais debout.
Cinq minutes plus tard, je me glisse dans un conduit d’aération désaffecté, mon point d’extraction.
Là, seulement, je retire ma cagoule et ma perruque.
L’air rance caresse mon crâne brûlant. J’ouvre la pochette blindée. Le Cœur de Vax émet une lueur presque maléfique, posée sur ma paume.
Je souris. Mon reflet dans le diamant est celui d’une inconnue. Je redeviendrai moi-même au matin. Pour l’heure, je suis une ombre victorieuse.