Le souffle de feu Un soir, le premier orage de l’été éclata. On était à la Saint-Jean. Vincent entra dans la maison de son grand-père par le portail qui s’ouvrait sur la cour. Le micocoulier en proie au vent de l’orage frissonnait. Sur une barrique, Méduse, le chat noir du vieux manadier, faisait ses griffes. Brutalement, l’atmosphère se noua. Un éclair zébra le ciel de son fouet et le tonnerre roula avec fracas au-dessus des maisons. Une fleur de poussière blanche s’éleva dans la lumière. Vincent pénétra dans la cuisine. Son grand-père lisait le journal tandis que sur la table, dans un panier, grouillaient des anguilles. — Doucement, dit Jean Mazauric à voix basse comme si quelqu’un dormait. Vincent l’embrassa. — Ah ! Mon pauvre petit, cette guerre en Algérie, quel malheur ! Le lie

