Dans la pénombre, tout en s’endormant, Vincent perçut avec joie la musique du marais. Le vent se leva et gémit contre la cabane qu’il pressait de la douce ondulation de son corps. Pendant ce temps, dans les roselières, la nuit dansait. Sous la clarté de la lune, sa chevelure d’un bleu sombre ruisselait d’étoiles d’or. Les images défilaient dans la tête du jeune garçon. Il arrivait que le vent grinçât plus fort. Toutes les passions humaines étaient dans la douleur de cette voix. Le sommeil finit par gagner Vincent qui s’abandonna à la nuit. À la pointe du jour, son grand-père le secoua. — C’est l’heure, petit ! Vincent s’habilla. Un bol de lait fumait. Il engloutit des tartines de fromage blanc. Son grand-père buvait du café. Dans les vastes étendues du palus, les roselières blondissa

