Chapitre 6
Je n'ai pas cédé aux ordres de Stanley et malgré son interdiction, je me suis rendue à l'anniversaire de Lindsay en le droguant grâce à des gélules que je cache dans la chasse d'eau des toilettes. Malheureusement, il s'est réveillé plus tôt que prévu, ça l'a rendu complètement fou de rage de voir que je lui avais faussée compagnie pendant qu'il s'était endormie. Quand je suis rentrée, Stanley s'est défoulé sur moi sans retenu comme s'il frappait sur un punching-ball au point même que mon visage en soit devenu méconnaissable.
Afin de rester cachée, je me suis mise en arrêt maladie. Je pense que c'est ce qu'il y avait de mieux à faire, car là, aucun maquillage ne pouvait cacher l'horrible tableau qu'est devenu mon visage. Qu'est-ce-que mes subalternes pourraient penser s'ils savaient que leur cheffe est victime des coups de son compagnon, quelle crédibilité j'aurais à présent !? Stanley me promet de se calmer et de ne plus me taper, mais cette fois, je n'en crois plus un mot. J'ai tellement de fois tenté de trouver une solution afin de me débarrasser de lui, mais à chaque fois, ce fut un échec. Je suis encore prisonnière de ce type et je ne sais pas quoi faire. L'essentiel, c'est qu'il ne touche pas à Victoria, car ce jour-là, je serais capable du pire, quitte à passer le reste de ma vie derrière les barreaux. J'ai l'impression d'être une moins que rien, qui ne sait pas se défendre. Je me dégoûte moi-même !
Cinq jours plus tard, les plaies se sont bien atténuées, mais reste encore bien visible. J'ai pris une décision, ça ne peut plus durer. Je profite de l'absence de Stanley pour me rendre au commissariat de mon secteur d'habitation.
Devant le commissariat, je prends une grande inspiration et je me décide à pousser la porte. Je vois un agent à l'accueil qui me reçoit avec beaucoup de sympathie.
- Bonjour, je voudrais déposer une plainte.
- Quelle est la nature de votre plainte ?
- Agression et violence conjugale.
- Mon collègue va vous recevoir. (me regardant le visage)
Quelques minutes plus tard, je suis avec un officier.
- Il me faut votre nom, prénom, date de naissance et profession.
- Brenda Palmer, née le 28 octobre 1983 et je suis policière.
- Policière ! Quel est votre grade ?
- Je suis cheffe adjointe d'unité.
- Pardon ? (stupéfait)
- C'est le fait que je sois gradée qui vous surprend ou qu'une femme flic se fasse taper sur la figure !?
- Je ne sais pas ! Excusez-moi pour ma reaction, j'avoue que ce n'était pas adapté !
- Allez ! Passons !
- Quel est le nom de votre agresseur ?
- Stanley Rifyn
- Donc expliquez-moi un peu ! Comment ça se passe ? ça se manifeste comment ?
Je rapporte à l'officier les violences presque quotidiennes dont je suis victime.
- La dernière querelle semble avoir été très violente !
- "La dernière querelle" ? Je n'appelle pas ça une querelle, c'était de l'acharnement !
- Vous avez des certificats médicaux ?
- Non, je suis restée enfermée chez moi. Il a bien veillé à ce que je ne sorte pas.
- Votre plainte est enregistrée.
- Vous allez l'arrêter ?
- On ne peut pas l'arrêter comme sa madame. Nous n'avons pas assez d'élément pour le moment et ce n'est malheureusement pas assez grave pour une arrestation immédiate.
- Pas assez grave ? J'ai bien entendue ? Et les traces sur mon visage alors !? Ce n'est pas assez voyant ? ça ne saigne pas assez ?
- Ben.....Si on devait arrêter tous les hommes qui secouent un peu leur femme, il n'y aurait plus de place dans les prisons pour les vrais criminels !
- Merci monsieur l'officier, j'ai compris. Belle mentalité en tout cas.
- Je n'y peu rien moi !! C'est comme ça ! Ce genre d'individu pullule, on est débordé de ce genre d'affaire, sans compter les femmes qui racontent des bêtises pour se venger de leur homme infidèle.
- Vous voyez en entendant votre discours, je n'ai jamais eu si honte de faire partie de la police.
- Je vais transférer au parquet, mais je préfère vous prévenir plutôt que vous donner de faux espoirs.
- Trop aimable. Merci.
Je repars complètement désespéré. Comment je pourrais en parler à mes propres collègues en voyant un policier agir ainsi ! J'ai senti du jugement tout au long de ses questions.
En parallèle au commissariat, Darren reçoit un appel.
- Oui, Darren Taylor !
- Bonjour.
- Brenda Palmer n'est pas là ? Je suis Melvyn Burk son ex-mari.
- Non, elle est en arrêt maladie.
- Ah bon ? Mais depuis quand ?
- Depuis lundi !
- C'est bizarre. ça ne lui ressemble pas ça ! Elle n'est pas du genre tire-au-flanc !
- Elle a attrapé le Covid !
- Le Covid ! Ah bon !
- Ben oui, elle m'a appelé lundi pour me dire qu'elle avait le Covid.
- Je ne sais pas, je suis sceptique moi ! Quelqu'un d'autre l'a eu dans votre service ?
- Non, pas depuis un bon mois. Nous avons tous été testé, car nous avons tous dîner ensemble samedi, mais personne ne l'a eu et pourtant nous étions un peu serrés.
- À mon avis, c'est encore un coup tordu de son mec ça.
- De son mec !
- Je l'ai appelé hier, car je voulais la voir pour lui parler d'un projet pour Victoria et c'est lui qui a répondu. Il m'a dit qu'aujourd'hui elle avait une journée rempli au bureau.
- Je ne savais pas que Brenda fréquentait quelqu'un !
- Oui, en fait elle le cannait bien d'avant, mais elle a dû mal à vanter ses mérites. Il est venu vivre à New-york pour la retrouver. Brenda l'avait quitté sans laisser d'adresse. Avant il vivait en Virginie. Elle ne m'avait pas dit qu'elle était de nouveau avec lui. C'est Victoria qui m'a informé.
- Ok !
- Mais moi je ne l'ai jamais apprécié. Il y a un truc qui me gêne chez lui. Avec mon flair d'agent fédéral, je vous dis que ce mec n'est pas clair. Je ne pense pas que Brenda soit vraiment heureuse avec lui. Vous savez on est divorcé, mais nous sommes restés amis et je m'inquiète parfois pour elle. Vous ne pouvez pas vous renseigner ?
- Ok ! Je vais contacter Brenda.
- Merci.
Je suis chez moi en train de cogiter, très agacée par le comportement de l'agent de police. Mon téléphone sonne et je réponds.
- Brenda ! Je te veux au bureau dans une heure maximum.
- Pourquoi ? Je suis en arrêt !
- La hiérarchie se pose des questions et va t'envoyer un contrôle et tu n'as pas de certificat médical, ni de test PCR positif.
- Oui, mais j'ai fait un autotest. Je ne pensais pas devoir rendre des comptes comme ça !
- La seule solution, c'est de faire une attestation de congés payés, mais il faut que tu la signes.
- Mais je risque de vous contaminer !
- Non, tu n'es plus contagieuse à ce stade. Puis tu viens avec un masque. Ça va aller ! De toute façon tout le monde sera parti à cette heure-ci. On restera à distance et tout ira bien. (persuadé qu'elle n'a pas le Covid)
- Ok ! J'arrive.
Je me maquille en conséquence pour cacher les dernières traces, surtout celle qui sont sur le front. Finalement ces masques c'est une aubaine, personne ne verra le reste. Je prends mon manteau et je vais à mon bureau.
A suivre