Cover-3

2004 Words
— Attends ! Attends ! Tu en en train de me dire que les États cautionnent ce type de choses ? Je ne sais pas à quoi vous carburez, ta meute et toi, mais faudrait peut-être revoir votre dose ou penser à changer de fournisseur. Milo plaida longuement avec des arguments qui commencèrent à me plaire. — Vous êtes un peu des supers héros quoi ! Vous éliminez les méchants, les mauvaises herbes de notre société, là où la justice est trop clémente. J’ironisais mais tout faisait son chemin dans ma petite tête. — Si ce résumé te convient, c’est un peu ça. J’ancrais mon regard dans celui de Milo, qui était d’un calme ahurissant malgré toutes mes moqueries et réflexions. — Mais qu’est-ce qui te fait croire que j’aimerai ça ? — Parce que tu as aimé tuer ton collègue. Aucun de nous n’est un tueur de sang-froid, on déteste les injustices et les cons. — S’il fallait tuer tous les cons qui nous entourent, tu passerais ta vie à recruter, riais-je à gorge déployée. — Mahel et moi ne voulons que les meilleurs, et on sait que tu en fais partie. — Vous ne me connaissez pas. — Mieux que tu ne le penses, Manu. Tu n’en es pas conscient, mais l’esprit du loup t’habite. — Qu’est-ce encore que cette connerie  ? — Il nous faudrait des heures pour tout te faire comprendre. Et tout ne s’explique pas. — Euh tu commences à faire gourou de secte avec ton discours, ricanais-je en avalant une gorgée de mon whisky. — Tu es fait pour être des nôtres. Je scrutais Milo, essayant de percer la supercherie, mais le mec en face de moi était plus que sérieux, et convaincu de son discours. — Comment tu sais que j’ai aimé le sentiment que m’a donné l’étranglement de mon collègue ? — Nous étions à ton procès. Nous t’avons observé dans ton box, et nous avons su. — Admettons ! Et je le rencontre où ce Mahel ? Tu en as plein la bouche, je suppose donc que c’est lui le grand manitou de tout cela. Milo afficha un sourire en coin, et fit un signe de tête vers le bar. Je regardais dans sa direction et vit un grand homme d’un certain âge s’avancer vers nous. Le mec imposait le respect non pas par sa taille, mais simplement par l’aura qui se dégageait de tout son être. Je me sentis moins malin et ne pensais même plus à faire une plaisanterie. Il s’assit lentement face à moi et me regarda. Aucune animosité ne perçait son regard, mais je baissais les yeux comme un gamin devant celui qui allait devenir mon alpha. Je secoue la tête dans ma chambre d’hôtel, un an après cette rencontre. J’ai adhéré à cette histoire de meute, d’esprit du loup. À ces valeurs de loyauté, de fidélité et de mal que nous faisons pour exterminer des vermines qui pensent que l’argent peut tout acheter. Le mal pour le bien. Milo me forma et très rapidement je devins, comme lui, un membre du clan. Mes facilités à tuer font aussi de moi un des meilleurs éléments du groupe. Aujourd’hui, j’arbore mon tatouage avec fierté, et multiplie les contrats aux quatre coins du monde. Je ne me leurre plus, j’aime tuer ceux qui le méritent, j’aime voir la peur dans leurs yeux, quand enfin ma victime comprend que, de cette rencontre, seule la Mort sortira triomphante. Cet après-midi, je me suis attaqué à ma première femme. J’ai hésité une fraction de seconde devant ses yeux si doux, puis ce qu’elle a fait à sa fillette m’est revenu en mémoire. Son père avait contacté la Meute pour venger son enfant de cinq ans qu’une mère avait étranglé parce qu’elle refusait de manger sa purée. La femme s’en était tirée à bon compte à coups de pots de vin. Dans mon esprit, je me voyais bien aussi tuer les juges achetés, mais je me conformais à l’ordre qui m’avait été donné. Ni plus ni moins. Quand mon flingue a atteint le cœur de ma cible, je n’ai pas tremblé. J’ai juste été envahi par le plaisir du travail bien fait. Une bouffée de désir prend possession de mon corps, comme souvent après un contrat. Le sexe est une très agréable façon de faire tomber la tension ressentie après coup. Je repense, alors, à cette réceptionniste qui n’attend que mon aval pour se donner à moi. Je passe sous la douche, et me prépare pour rejoindre la jolie brune. La draguer n’est pas difficile, mais je prends mon temps. Je ne suis pas un goujat avec les nanas. Je lui fixe gentiment les règles du jeu. Une étreinte, du bon temps et on se quitte bons amis. Elle me confirme qu’elle ne cherche que ce genre de relation. Le deal est passé ! Quand, à sa pause, elle me rejoint dans sa chambre, notre corps à corps est passionné. Je veux lui offrir quelques préliminaires, car je refuse d’être catalogué comme un simple queutard, mais elle n’en a cure. Elle veut un petit coup rapide, et fait tout pour l’obtenir. Alors qu’elle se rhabille, je fouille dans le minibar de la chambre. Whisky, clope pour profiter du bien-être du pied que je viens de prendre. — Et merde, lancé-je en tirant une mignonnette. — Quoi ? Je souris à ma maîtresse qui parle français. — Tu pourras dire à tes patrons d’éviter de mettre du Blended. Elle fronce les sourcils sans rien comprendre à ce que je viens de lui dire. Ce n’est pas grave, ma belle ! Le whisky est un art et tu n’en as pas l’étoffe. Je lui donne un dernier b****r et la laisse repartir vers son travail, vers sa vie. Je soupire un peu quand le silence s’installe à nouveau dans ma chambre. Il va bien falloir que je trouve une femme pour me stabiliser un peu, mais où pourrais-je trouver une nana qui accepte mon métier ? Je n’ai pas le temps de réfléchir beaucoup. Il est tard, mais mon téléphone sonne. — Mahel, ravi de t’entendre, je réponds aussitôt. Je frissonne de bonheur. Je sais que mon alpha va me proposer un nouveau contrat. Chapitre 4 8h, je quitte mon duplex du 14e arrondissement pour rallier la gare d’Austerlitz. Le voisin me salue et d’emblée son sourire en coin me fait comprendre qu’il sait que ma nuit a été agitée. Je réalise que je ne me suis jamais demandé si mon appartement était correctement insonorisé, et finalement je m’en fous. Je suis très fatigué et cela joue sur mon état nerveux. La pluie et la tristesse de cet avant-dernier mois de l’année n’aident pas non plus à être des plus jovial. Et la foule de cette heure de pointe ne me calme pas quand je m’installe dans la rame de Metro. Je souris un peu quand « November Rain » des Gun’s envahit mes oreilles. Je ne pouvais pas mieux tomber. Je frissonne de bonheur en écoutant cette chanson, et me remémore le fabuleux clip plein d’émotions du groupe. Au bout d’un moment, je me mets à jouer à mon activité favorite dans les transports, à savoir observer les gens. Les voyageurs affichent leur mine morose. Finalement, je me trouve mieux loti que la plupart des gens. Je n’ai pas d’horaires de bureaux à respecter, je travaille seul, je me gère comme je veux, et mène une vie plus que confortable. Mes ordres je ne les reçois que de Mahel ou Milo, et j’ai de plus en plus mon mot à dire. Tout cela me convient, même si je ne peux pas parler de mon job à tout le monde. Un des petits jeunes à côté de moi essaie de draguer la jeune femme qui vient de s’asseoir en face de nous. Je sens le malaise de la brunette. L’autre petit con insiste lourdement. Je ne l’entends pas, mais je le sens. C’est aussi ça l’esprit du loup, devenir intuitif. Je l’étais déjà avant, j’ai développé cela en taule et encore plus avec la Meute. Tranquillement, j’arrête la musique et enlève mes écouteurs. — Écoute, petit, il me semble que la dame vient de te faire comprendre qu’elle n’était pas intéressée par tes avances. — De quoi tu te mêles, ducon ? Lentement, ma main passe derrière sa nuque et je la serre fermement. Il gémit au bout de trois secondes. Je ne relâche pas la pression. Il grimace. — Dégage. Le gamin obtempère rapidement après avoir entendu le murmure de ma voix. Il a compris qu’il ne devait pas insister. La jeune femme me remercie. Je lui rends son sourire et retourne à ma playlist. Enfin, j’arrive à la Défense. Je soupire, un peu agacé. Mahel aurait pu nous trouver des bureaux dans un endroit plus calme pour notre repaire. Il a changé pas mal de fois d’endroit, pour finalement opter pour le quartier des affaires. Malgré mon aversion pour la foule, je reconnais que les locaux loués sont plutôt sympas. Nous y avons tout ce qu’il nous faut pour être de vrais loups. Cela m’amuse de penser que ce sont les contribuables qui paient. Après tout, nos gouvernants soutiennent notre organisme, et ce sont les mêmes salariés que ceux que je viens de croiser qui paient des impôts. — Salut, Manu. Je vois que tu as ta tête des mauvais jours, attaque Milo en me voyant arriver. — Ma nuit a été agitée. — Combien ? — Trois nanas, dis-je en me dirigeant vers la table où café et petit-déjeuner attendent. Milo ricane, mais n’ajoute rien. Il sait que j’aime le sexe, et il n’est pas le dernier en la matière. Je regarde autour de moi et, visiblement, je suis le premier arrivé. — Les autres sont en retard. — Ils ont été conviés pour 10h. Mahel veut te parler. Milo ancre son regard en moi. J’ai compris. Mon alpha va me donner une nouvelle mission. Je sens sa présence avant même qu’il ne franchisse la porte. Mon tatouage me brûle presque, comme à chaque fois que je me retrouve en face du chef du clan. Sa posture est véritablement celle du loup. Il est le leader par excellence, et même le plus récalcitrant ne peut que se plier. J’attends qu’il me fasse signe de m’asseoir. Il est le seul être qui m’inspire autant de respect. — Je voulais m’excuser, Manu. Je me raidis sur mon siège. C’est quoi cette blague ? Un mec comme lui ne peut pas s’excuser. Un homme de sa trempe a forcément toujours raison. — Nous aurions dû t’écouter quand tu as fait part de tes réticences sur le recrutement de Moon. — Je vous l’avais dit. Un gars qui prend ce genre de surnom est forcément un con. M comme Meute était le mot d’ordre pour nos identifications. L’avantage c’est que je n’avais pas eu à modifier le mien. Il avait la bonne initiale et était court. Ce qui était certain c’est que je n’aurais jamais opté pour un nom aussi ridicule. Mahel m’offre un sourire presque penaud. À ce moment précis, le chef n’est peut-être plus celui qu’on croit. — Il faut que tu nous en débarrasses, Manu. Ce mec est un danger pour la Meute. Il est incapable de faire du travail correct, et surtout incapable de fermer sa gueule, comme tu nous l’avais prédit. Moon et moi, nous nous étions détestés en quelques secondes. Enfin, surtout moi. Déjà, les junkies, je ne leur fais pas confiance dans leurs réactions, mais en plus s’il est con, ce n’est même pas possible pour moi. Ce fut la première fois que je disais à Milo ma façon de penser. Je pensais qu’il l’avait gardé pour lui, mais, visiblement, il avait fait part de mes craintes à Mahel. — Quand, comment ? Je n’étais pas le genre à parlementer des heures. J’avais compris ce que mon chef attendait de moi. J’avais juste besoin qu’il réponde à ces deux questions. — Ce soir. Je lui ai fait croire qu’il allait recevoir son tatouage. Tu pourrais l’accompagner. Pour le reste, je te laisse choisir. Je me contente de hocher la tête. Et je finis mon café en ayant déjà ma petite idée. Mahel commence à entretenir Milo sur certaines affaires, notamment des transactions financières. Je m’apprête à me lever, car cela ne me regarde nullement. — Reste, Manu. Je repose mon cul sur le fauteuil. Mon cœur pulse alors à cent à l’heure. Cet ordre de ne pas quitter la pièce vient de faire de moi un bêta. J’écoute plus que je n’interviens, mais je suis très heureux de ma promotion. Peu après, la réunion commence avec tous les membres du clan. Moon arrive à moitié défoncé, comme à son habitude. Depuis deux mois qu’il est là, je ne l’ai jamais vu clean, pour les rares fois où je le côtoie. Nous écoutons presque religieusement Mahel, sauf lui qui ne cesse de s’agiter. L’alpha est sur le point de lever la séance quand Moon demande la parole. Mahel se raidit, mais le laisse parler. — Ce soir, c’est la pleine lune. On a le droit de hurler ?
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD