VIII Fin de l’histoire de la reine Isemberge– Depuis l’instant où Philippe avait éloigné de la cour madame de Rethel, j’étais livrée aux horreurs de ma triste destinée ; oubliée d’un époux, négligée des grands, abandonnée à moi-même, le présent m’accablait, l’avenir m’effrayait, tout m’annonçait un malheur inévitable et prochain ; mille craintes assiégeaient mon esprit : tantôt je me voyais conduite dans un lieu retiré, où, délaissée et oubliée, il deviendrait une éternelle prison ; ou bien, renvoyée avec ignominie à mon frère, je voyais la guerre s’allumer entre les deux êtres que j’aimais le plus sur la terre… Hélas ! dans tout ce que je rêvais d’affreux, mon imagination n’avait pas porté mes malheurs au point où ils devaient arriver. La visite de l’archevêque de Reims me fut, un jour,

