C’était la troisième nuit de cet entretien, et, malgré l’intérêt puissant qui m’y enchaînait, je fus tout à coup saisi d’un tel accablement, que je m’assoupis auprès du lit de mon maître tandis qu’il parlait encore, d’une voix affaiblie, au milieu des ténèbres ; car toute l’huile de la lampe était consumée, et le jour ne paraissait point encore. Au bout de quelques instants, je m’éveillai ; Alexis faisait entendre encore des sons inarticulés et semblait se parler à lui-même. Je fis d’incroyables efforts pour l’écouter et pour résister au sommeil ; ses paroles étaient inintelligibles, et, la fatigue l’emportant, je m’endormis de nouveau, la tête appuyée sur le bord de son lit. Alors, dans mon sommeil, j’entendis une voix pleine de douceur et d’harmonie qui semblait continuer les discours de

