Tournant en rogne dans sa chambre, Theo ne savait quoi faire, Suzie était encore couchée dans son lit complètement endormie, il avait espéré un nombre incalculable de fois qu’elle puisse se réveiller mais en vain. Il ne savait pas le nombre de temps que cela mettrait. Sentant un élan de soif le prendre, il sortit de la chambre à la hâte et rendit dans la cuisine. Il avait même de la peine à se servir un d’eau car il ne se souvenait même plus de la disposition des couverts de leur maison.
Sur sa chaise haute d’où il était assis, Christian regardait attentivement son frère sans comprendre la raison d’une telle nervosité. Il savait que ça lui arrivait le plus souvent quand il s’inquiétait pour cette fille, surtout depuis que la rumeur des vampires courait à Kamin mais là il ne comprenait pas pourquoi il se sentait ainsi alors qu’elle était avec lui.
-tu vas arrêter et me dire ce qui t’arrive ?
Theo sursauta et sentit son cœur quitter sa cage thoracique. Il se tourna vers Christian et lui lança un regard vraiment noir.
-depuis quand est-ce que tu ressens de la trouille et tu n’avais aucune raison d’avoir peur puisque nous ne sommes que tous les deux dans cette maison alors si ce n’est pas toi, c’est que c’est moi. Maintenant tu vas me dire ce qui ne va pas ?
Theo le regarda mais ne dit rien. Il était toujours à la recherche du verre pour se servir de l’eau. Voyant que son frère tenait la carafe d’eau, Christian quitta sa place et alla lui chercher un verre car il lui arrivait souvent d’avoir des pertes de mémoires lorsqu’il était nerveux.
-merci, lui dit Theo en récupérant le verre.
Il se servit un, deux, trois puis quatre verres d’eau qu’il but comme chameau déshydraté. Cela n’avait rien enlevé à son inquiétude car jamais une telle situation n’était arrivée avec Suzie.
-alors ?
-elle a perdu connaissance, elle s’est évanouie dans mes bras Christ.
Cette information eut un effet assez étrange sur Christ, c’était indescriptible mais ça n’avait pas l’air de le réjouir alors que ça devrait bien être le cas mais non, peut-être parce qu’il ne voulait pas s’exprimer à la police si ça tournait au pire ou pour une autre raison.
-que lui as-tu fait ? demanda Christian d’un ton assez dur.
Theo le regarda avec incompréhension. Il ne comprenait pas pourquoi il pensait qu’il lui aurait fait quelque chose alors qu’il était censé être plutôt heureux puisque la fille insupportable dormait comme une princesse au bois dormant.
-je ne lui ai rien fait voyons.
-et tu crois vraiment que je vais gober ça ? elle est arrivée ici en parfaite santé alors qu’est-ce qui se serait passé par hasard ? ou bien la petite fait peut-être ses caprices pour attirer de l’attention.
-non mais tu t’entends dire là ? commença faire des caprices ? je te signale que Suzie n’est pas ce genre de fille d’accord ?
-d’accord admettons qu’elle ne soit pas vraiment ce genre de fille comme tu le dis si bien, si elle est tombée dans les pommes naturellement alors pourquoi tu ne me dis pas ce qui a causé cela ? je te signale qu’il y a une fille inconsciente dans cette maison et je suis le seul à être responsable ici alors pour m’éviter des ennuis si jamais ça dégénère, je te conseille de me dire ce qui s’est réellement passé.
-on travaillait sur un devoir parlant des êtres surnaturels, j’admets qu’elle n’aime ni entendre ni parler de ça alors je lui ai donné deux livres de lire et le deuxième l’a déstabilisé, je ne sais pas si c’était sous l’effet du livre ou autre chose.
-lesquels ? questionna Christian subitement.
- quoi lesquels ?
-vous travaillez sur lesquels ?
-les sorciers, avait répondu Theo, ne comprenant pas la raison pour laquelle le sujet avait tout d’un intéressé son frère.
Un élan de haine apparut dans ses yeux, il se passa les mains dans les cheveux pour essayer de masquer ce sentiment de haine qui faisait bouillonner son sang à une température insupportable mais c’était impossible. Il regarda son frère fixement pendant quelques secondes et commença à quitter la cuisine.
-maintenant je fais quoi ? lui demanda Theo.
-maintenant je te conseille de la ramener chez elle et de lui demander après son réveil de ne plus mettre les pieds dans cette maison si elle tient un tout petit peu à sa vie et pour ça je suis très sérieux Theo. Démerde-toi à la ramener chez elle réveillée ou non.
-mais qu’est-ce qui te prend au juste ? qu’est-ce que cette fille t’a fait ? à une époque vous vous entendiez super bien, qu’est-ce qui a brisé cette entente entre vous ?
Christian revint sur ses pas et se plaça en face de son frère, il enfoui ses mains dans les poches de son jean et fixa Theo. La raison pour laquelle il n’aimait plus voir Suzie était une affaire personnelle et il ne se voyait pas lui en parler non. Il était trop jeune pour comprendre selon lui et pire encore il était son meilleur ami et il savait que Theo serait capable de choisir sa meilleure que son frère si jamais l’on lui demandait de faire un choix.
-la raison de mon comportement reste une affaire personnelle.
-je vois, dit Theo déçu.
Sans perdre une seconde de plus, Christian quitta la cuisine et Theo en fit de même. Il retourna dans sa chambre à pas de loup et comme il s’en était bien douté, elle n’était pas toujours réveillée. Il alla s’asseoir sur la chaise de son bureau afin de continuer le devoir même s’il lui était impossible de se concentrer.
Quelque part dans la nature, une jeune fille était face à une colonie de personnes, du moins, elle supposait que c’étaient des personnes puisqu’ils étaient vraiment effrayants, qui s’avéraient être ses ennemis. Elle était tellement nerveuse puisqu’elle était seule contre tous ces gens. Elle sentait une force surnaturelle jaillir en elle mais elle ne savait pas comment l’utiliser car c’était effrayant. lors d’une première attaque, elle réussit à mettre au sol la première troupe et ce résultat augmenta sa dose de panique. Elle se retourna et commença à fuir lorsque deux silhouettes qui semblaient appartenir à un homme et à une femme apparurent devant elle, elles étaient floues mais elle arrivait à les distinguer même si leurs visages ne se voyaient pas.
-la solution n’est pas de fuir Suzie Rowle mais la meilleure chose à faire est de te poser la question à savoir qui es-tu vraiment.
-tes cauchemars, le changement de la couleur de tes cheveux, la grande force que tu commences à acquérir, ils ont tous une signification que tu trouveras assez vite si tu arrêtes de fuir. Retournes vers les tiens et poses leur la question à ton sujet Suzie Rowle.
Elle essayait encore de comprendre lorsque ce deux silhouettes disparurent, elle les chercha de tous les côtés et ne les vit nulle part, à ce moment, la troupe de méchant était à quelques pas d’elle sur le point de l’attaquer.
-nonnnnnnnnnnn… avait hurlé Suzie en se réveillant.
-hé Suzie regarde-moi, tout va bien d’accord, c’était juste un cauchemar ma petite sorcière.
Un cauchemar qui avait pourtant l’air très vrai. Elle regarda tout autour d’elle pour confirmer les dires de Theo, elle était dans sa chambre mais ça n’arrangeait rien à tout ce qu’elle pensait. Une troupe de personnes qui était inconnue, deux personnes qui connaissait parfaitement son nom.
-qui suis-je ? se posa-t-elle la question.
Theo la regarda incrédule, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il ne comprenait pas la raison pour laquelle elle se demandait qui elle était.
-qui suis-je ? se demanda-t-elle en soutenant sa tête de ses mains à cause poids qu’elle ressentait à l’intérieur de son cerveau. Elle avait peur de perdre encore connaissance une nouvelle fois.
-est-ce que ça va Suz ?
-je ne sais pas, j’ai comme impression que je ne connais pas qui je suis Theo tu t’en rends compte ?
-mais tu es Suzie, tu es Suzie Rowle.
-non, non ce n’est pas suffisant. Quelque chose cloche crois-moi, il y a une faille quelque part, tout ce mystère autour de moi me rend malade si tu savais, dit-elle en éclatant de sanglot.
Et ce fut le comble pour Theo, lui qui croyait que tout allait désormais bien comme elle s’était réveillée mais non, il fallait qu’elle chiale encore dans ses bras. Il ne comprenait plus rien et peut-être que son frère avait raison, c’était peut-être mieux qu’il la ramène chez elle.
Auteure : Fayole Goumgang Wamba