-je crois qu’il serait temps pour moi de rentrer.
-mais rentrer où Suzie, tu vois dans quel état tu te trouves, tu titubes là, tu n’arriveras même pas à tenir sur tes deux pieds et tu me dis que tu vas rentrer ? il est hors de question tu m’entends ?
Elle alla s’asseoir sur la chaise de bureau et fit coucher sa tête sur la table, elle se sentait très bizarrement, elle ne pouvait pas rester comme cela sans rien faire même si Theo ne voulait pas qu’elle parte. Elle devait à tout prix trouver des réponses à cette histoire.
-je vais rentrer chez moi, dit-elle tout d’un coup en se levant.
Elle sentit un vertige la secouer car elle s’était levée brusquement. Elle était faible et en tant qu’ami, Theo ne voulait pas la laisser ainsi.
-je vais faire ton sac mais est-ce que tes parents seront à la maison, vu ta mine, tu ne devrais pas rester toute seule.
-je ne sais s’ils seront là, je ne les ai pas vus ce matin en partant, une chose qui était plutôt étrange puisque même si mon père sort souvent courir le matin, ma mère est toujours à la maison. Mais ne t’en fait pas, rien ne pourra m’arriver chez moi. Je vais partir maintenant.
-je vais te raccompagner jusqu’à chez toi pour être sûr que tu ne sois pas toute seule et c’est non discutable Suzie.
-tu n’as pas besoin de faire cela, je me sens juste un peu faible, je vais rentrer m’allonger et toi tu vas rester ici d’accord ? j’étais venue pour le devoir et voilà que je n’ai pas été utile, à cause de moi tu as perdu des heures de travail et de concentration et pour tout couronner, voilà maintenant que tu seras dans l’obligation de travailler tout seul. Tu fais déjà assez pour moi Theo crois-moi. J’i de la chance de t’avoir comme ami et maintenant je dois partir.
Sans dire mot, Theo finit de faire son sac et commença à préparer le sien, ce qui étonna Suzie car il était censé rester travailler, sauf si lui aussi en avait marre mais ça ne pouvait pas être cela puisqu’il n’était pas du genre se plaindre même s‘il arrivait à travailler pendant des jours sans repos.
-que fais-tu ?
-disons que ton discours a plutôt été émouvant Suzie Rowle mais je croyais que tu me connaissais plus que ça, tu sais parfaitement qu’il faut plus que ce que tu viens de me raconter pour me convaincre. C’est non discutable, je viens avec toi, sauf si tu vas me permettre d’appeler tes parents pour leur demander de venir te chercher.
Elle se pinça les lèvres. S’il faisait appel à ses parents alors ils allaient s’inquiéter, une chose qu’elle ne voulait pas du tout puisqu’elle allait bien. Elle savait que pour avoir des réponses à ses questions, il faudrait qu’elle leur parle de cette histoire mais voir ses parents paniqués dans la maison de Theo ne ferait qu’engendrer plus de problèmes avec Christian.
-non c’est bon, je cède.
-c’est mieux.
Theo prit son sac et le sien, ils sortirent de la chambre et lorsqu’ils descendirent les marches en bois, Christian était dans le salon en train de jouer à la play. C’était très rare de le voir ainsi devant un écran car il avait toujours à faire, sa parfaite excuse.
-tu vas où Theo ?
Il fut étonné du ton qu’avait utilisé son frère pour demander cela. C’était comme s’il lui demandait de ne pas franchir le seuil de la porte. Suzie le regarda dans le but de lui demander d’écouter son frère mais il lui hocha la tête négativement.
-je vais raccompagner Suzie jusqu’à sa maison, elle ne va pas bien même si elle s’est réveillée.
-quelle attention mon frère ! s’exclama Christian de façon théâtrale, ce qui troubla les deux personnes qui étaient en face de lui. Suzie avait une forte envie de lui demander la raison pour laquelle il la détestait autant mais ce n’était pas le moment puisqu’elle avait des choses bien plus importantes qui occupaient son esprit.
-as-tu besoin de quelque chose Christ ?
-oh oui, dit-il en fixant Suzie dans les yeux. Il était heureux de voir à quel il lui faisait peur car la panique se lisait clairement dans ses yeux. il y a une lettre sur le commode dans ma chambre pour toi.
Theo s’étonna. Une lettre pour lui, non il ne s’y attendait pas et qui pouvait bien lui envoyer une lettre alors que les téléphones portable existaient pour passer au plus vite des messages. Il regarda son frère méfiant car il ne croyait pas en cette histoire de lettre.
-et de qui vient-elle ?
Christian détacha son regard de Suzie et le porta sur son frère qui avait une lueur de défi et de méfiance dans le regard. Voilà la raison pour laquelle les Cosquer étaient connus pour leur destinée car ils avaient le sens de savoir quand, où et comment.
-cette fille est certes ton amie mais je ne pense pas qu’elle soit obligée de tout connaitre alors si tu veux bien découvrir ce que porte cette lettre, tu ferais mieux de te dépêcher.
Theo hocha la tête et commença à partir. Suzie n’était pas née de la dernière pluie, elle savait que Christian avait fait ça juste pour éloigner son ami de quelques minutes alors, elle appréhendait ce qu’il allait lui dire ou lui faire puisqu’il n’avait aucun mal à lui parler en la présence de son frère.
-et maintenant que tu as réussi à l’éloigner, que vas-tu me faire ?
-oh voilà la raison pour laquelle je te côtoyais et t’acceptait autrefois Suzie, pour ton intelligence, ta manière de vite comprendre les choses.
-pourquoi mets-tu « autrefois » dans ta phrase ? qu’est-ce qui a changé Christian ? on formait un trio infernal autrefois mais du jour au lendemain tu as pris tes distances avec moi et tu es devenu si odieux. Qu’est-ce que je t’aurais fait de façon involontaire ou inconsciente ? dire que je n’essaies pas de comprendre ce qui nous a éloigné du jour au lendemain serait un gros mensonge.
-un jour tu comprendras ce qui nous éloigné Suzie Rowle, un jour tu comprendras qu’un chat ne peut pas vivre en parfaite harmonie avec les souris car il aura toujours tendance à vouloir les dévorer. Je ne suis pas du genre à trop donner des conseils mais juste pour l’amitié qui nous a uni dans le passé, fais gaffe à toit et aux personnes qui t’entourent. Tout blanc n’est pas neige et toutes les blagues ne sont pas toujours comiques. Les gens te parleront avec la blague et tu prendras ça comme de la blague mais fais très attention à ton entourage.
Il avait l’air très sérieux pourtant elle n’arrivait pas le croire. Pourquoi devait-elle faire attention à son entourage, les seules personnes qu’elle côtoyait étaient juste ses parents et Theo. Ses parents ne pouvaient pas lui faire du mal et elle refusait de croire qu’il insinuait que Theo serait capable de la blesser ou autre. Même s’il ne le montrait, elle savait qu’il aimait son frère et qu’il serait prêt à tout pour le protéger.
-tu peux me parler ouvertement s’il te plait je ne comprends rien là.
-tu n’as qu’à réfléchir avec ton cerveau, tu es Suzie Rowle et tout le monde compte sur toi, réfléchis bien et surtout quand tu te rendras compte de tout ce que je viens de te dire, ne mentionne même pas mon nom même si ça sera pour dire que j’avais parfaitement raison. Ne le fais pas. Reste sur tes gardes.
Voilà ce qui venait de s’ajouter à l’incompréhension qui faisait peser son cerveau depuis. Elle se demandait bien la raison pour laquelle tout devait éclater en un seul jour comme si tous avaient peur qu’elle ne meurt sans connaitre la vérité.
Ayant cherché la supposée lettre pendant plusieurs minutes, Theo sortit de la chambre de son frère débordant de colère car il s’était rendu compte qu’il s’était bien foutu de lui.
-ça t’amuse bien de te moquer de moi pas vrai ? dit-il à Christian le nez frémissant, traduisant ainsi sa colère.
-je crois que ton amie est fatiguée et que tu devrais peut-être la ramener chez elle afin qu’elle se repose. Je ne veux pas m’expliquer à la police si jamais elle sombre à nouveau dans cette maison.
Suzie se sentit mal et baissa la tête, Theo se rendit compte qu’il s’était passé quelque chose et qu’il comptait bien en découvrir.
Auteure : Fayole Goumgang Wamba