II 25 septembre 1871. Je vous ai promis le récit de mon voyage ; je vous ai annoncé l’inventaire de ce pays adopté que notre pensée habite. Les voici. Je me suis mis en route au petit jour ; à pied, bien entendu. Je ne vous dirai rien du trajet de Pau à Rébenac. Vous n’aurez qu’à fermer les yeux pour revoir sur la route des Eaux-Bonnes ce va-et-vient de petites carrioles mal équilibrées, mal suspendues, conduites par des femmes, les coudes sur les genoux ; de chariots pesants, traînés par des bœufs isabelle ; de voitures de louage, chargées de bagages ; d’ânes microscopiques montés, sans vergogne, par des matrones pansues ; de colporteurs espagnols, larrons redoutés, marchant à la tête de leur mulet, le mouchoir tordu autour de la tête, la navaja cachée dans les plis de la ceinture. Vou

