I Pau, 17 septembre 1871. Puisque vous n’avez pas pu quitter Paris, ma pauvre amie, je vous dois le récit de ce voyage que nous avions rêvé de faire ensemble. Je vous donnerai des nouvelles du beau pays d’où nous avons rapporté de si chers souvenirs. Je vous parlerai du Néez, de Gan, des hauteurs de Bosdarros, des sources, des bois, des lourds chars aux roues pleines, que traînent deux bœufs fauves ponctués de mouches, des bruyères, des fougères, de toutes ces choses, enfin ; qui se sont trouvées mêlées à notre vie, aux jours heureux. Je suis parti avant-hier à onze heures quarante-cinq. Pourquoi écrit-on au-dessus de tous les embarcadères le mot Gare ? Gare !… Serait-ce un avis ? cela donne à réfléchir. Devant le guichet, un vieil ivrogne dit des gaillardises aux voyageurs. Son fils,

