intouchable
Il n’avait pas besoin de lever la voix pour imposer le silence.
Sa présence suffisait.
Très beau. Dangereusement beau.
Un visage sculpté, un regard brûlant, un corps entretenu comme une arme. Tout chez lui respirait le luxe, le pouvoir et l’excès. Les costumes sur mesure, la montre hors de prix, l’assurance arrogante de ceux qui savent qu’ils peuvent tout acheter… sauf la paix.
Il était riche. Indécemment riche.
Et playboy assumé.
Les femmes entraient dans sa vie comme elles en sortaient : rapidement, sans attaches, sans promesses. Il prenait, il jouait, il disparaissait. Personne ne restait assez longtemps pour lui poser des questions. Et surtout, personne n’osait lui dire non.
Jusqu’à elle.
Le jour où sa nouvelle secrétaire passa la porte de son bureau, quelque chose changea. Pas un bruit. Pas un geste. Juste… une tension.
Elle était différente.
Pas provocante. Pas naïve.
Calme. Trop calme.
Elle ne baissa pas les yeux. Elle ne chercha pas à séduire. Elle se contenta de s’asseoir, droite, professionnelle, comme si elle ignorait volontairement la réputation de l’homme en face d’elle.
— Vous êtes en retard, dit-il, la voix basse, contrôlée.
— Non. J’ai cinq minutes d’avance, répondit-elle simplement.
Personne ne lui parlait comme ça.
Un sourire lent, dangereux, étira ses lèvres. Il aimait le défi. Il aimait surtout le briser.
Elle n’était qu’une secrétaire. Une employée de plus. Du moins… c’est ce qu’il se répétait.
Mais quand leurs regards se croisèrent, il comprit une chose :
elle n’était pas impressionnée.
Et ça… ça l’énervait autant que ça l’excitait.
Il l’embaucha.
Pas parce qu’il avait besoin d’elle.
Mais parce qu’il voulait voir jusqu’où elle tiendrait.
Elle venait d’entrer dans son monde.
Un monde de contrôle, de désir sombre et de règles non dites.
Et elle ignorait encore que, dans ce jeu-là, personne ne sort indemne.
( 2 semaines plus tard)
Le bureau était trop silencieux.
Elle était assise à quelques mètres de lui, concentrée sur l’écran, les doigts rapides, précis. Professionnelle. Parfaite. Trop parfaite pour être ignorée. Il l’observait sans en avoir l’air, un verre d’eau intact posé devant lui.
Depuis une heure, elle travaillait.
Depuis une heure, il testait ses limites.
— Vous avez lu le contrat ? demanda-t-il enfin.
— Trois fois, répondit-elle sans lever les yeux.
Calme. Toujours ce calme.
Il se leva lentement, contourna le bureau et s’arrêta derrière elle. Trop près. Volontairement trop près. Il sentait son parfum discret, quelque chose de propre, de dangereux dans sa simplicité.
Elle se raidit. Juste un peu.
Assez pour qu’il le remarque.
— Vous savez que beaucoup de femmes rêveraient d’être à votre place ? murmura-t-il.
— Je ne suis pas ici pour rêver. Je suis ici pour travailler.
Enfin, elle le regarda.
Son regard à lui était sombre. Calculateur.
Il aimait ça. Elle n’avait pas peur… mais elle était consciente. Et cette conscience-là était bien plus excitante que la naïveté.
— Dans ce bureau, dit-il, je décide des règles.
— Et moi, je décide si je les accepte, répondit-elle, droite, sans trembler.
Silence.
Il sourit. Lentement.
Pas un sourire doux. Un sourire de prédateur qui vient de trouver quelque chose d’intéressant.
— Vous êtes courageuse, dit-il. Ou inconsciente.
— Ou simplement pas impressionnable.
Il se pencha un peu plus près, assez pour qu’elle sente sa présence sans qu’il la touche. Il aurait pu. Il ne le fit pas. Le contrôle était plus puissant ainsi.
— On verra combien de temps ça dure.
Elle se leva, récupéra son dossier et se dirigea vers la porte.
— Bonne journée, monsieur.
Quand la porte se referma, il resta immobile.
Pour la première fois depuis longtemps, une employée ne lui avait pas cédé… et il n’était pas sûr de savoir s’il voulait la briser ou la garder intacte.
Une chose était certaine :
la ligne venait d’être franchie.
Et il n’avait aucune intention de reculer.