Elle ne rêvait pas de lui avant.
Pas vraiment.
Il était une présence diurne, maîtrisée, rangée dans des dossiers, des agendas, des horaires. Elle avait appris à compartimenter. À fermer les portes mentales. À laisser le travail au travail.
Puis ses rêves ont changé.
Dans ses rêves, il n’était pas l’homme public.
Il n’y avait ni costume, ni foule, ni femmes accrochées à son bras.
Il était chez lui.
Un lieu vaste, silencieux, trop ordonné. Des murs sombres, des baies vitrées ouvertes sur la nuit. Elle le voyait sans qu’il la regarde, comme si elle traversait un espace interdit. Il marchait pieds nus, verre à la main, le regard ailleurs. Pas séducteur. Pas joueur.
Fatigué.
C’était ça qui la troublait le plus.
Elle le voyait retirer sa montre, la poser avec précision. Comme s’il déposait une armure. S’asseoir sans musique, sans téléphone. Juste lui, face au vide. Dans ces rêves-là, il ne souriait pas. Il ne séduisait personne.
Et parfois, il parlait.
Pas à elle.
À personne.
Elle se réveillait avec une sensation étrange :
celle d’avoir vu quelque chose qu’elle n’aurait pas dû.
Le matin, elle se détestait un peu pour ça. Elle se forçait à courir plus longtemps, à lire plus tard, à remplir ses journées. Elle refusait de donner un sens à ces rêves. Ils ne signifiaient rien. Ils ne devaient rien signifier.
Mais au bureau, elle le surprenait parfois… exactement comme dans ses rêves.
Un regard perdu.
Une immobilité trop longue.
Une fatigue qu’il cachait mal quand il pensait être seul.
Et ça la mettait en colère.
Parce qu’il restait un playboy.
Parce qu’elle savait qu’après le travail, il rentrerait dans ce même appartement… puis ressortirait. Qu’il irait ailleurs. Vers d’autres corps, d’autres rires. Qu’il remplirait ce vide à sa manière.
Dans ses rêves, elle n’intervenait jamais.
Elle regardait seulement.
Et cette passivité la terrifiait plus que le désir.
Un soir, elle se surprit à penser :
Si je rentrais chez lui… je ne saurais pas quoi faire.
Ce n’était pas une envie.
C’était une constatation.
Elle comprit alors que le danger n’était pas de tomber amoureuse d’un playboy.
Le danger, c’était de voir l’homme qu’il était quand personne ne le regardait.
Et de continuer à revenir travailler le lendemain,
comme si elle n’avait rien vu.
--
ou revenir à lui, de son côté, pendant qu’elle rêve
ou un moment réel où elle entre pour la première fois chez lui
Dis-moi.
Elle ne rêvait pas de lui avant.
Pas vraiment.
Il était une présence
Puis ses rêves ont changé.
Dans ses rêves, il n’était pas l’homme public.
Il n’y avait ni costume, ni foule, ni femmes accrochées à son bras.
Il était chez lui.
Un lieu vaste, silencieux, trop ordonné. Des murs sombres, des baies vitrées ouvertes sur la nuit. Elle le voyait sans qu’il la regarde, comme si elle traversait un espace interdit. Il marchait pieds nus, verre à la main, le regard ailleurs. Pas séducteur. Pas joueur.
Fatigué.
C’était ça qui la troublait le plus.
Elle le voyait retirer sa montre, la poser avec précision. Comme s’il déposait une armure. S’asseoir sans musique, sans téléphone. Juste lui, face au vide. Dans ces rêves-là, il ne souriait pas. Il ne séduisait personne.
Et parfois, il parlait.
Pas à elle.
À personne.
Elle se réveillait avec une sensation étrange :
celle d’avoir vu quelque chose qu’elle n’aurait pas dû.
Le matin, elle se détestait un peu pour ça. Elle se forçait à courir plus longtemps, à lire plus tard, à remplir ses journées. Elle refusait de donner un sens à ces rêves. Ils ne signifiaient rien. Ils ne devaient rien signifier.
Mais au bureau, elle le surprenait parfois… exactement comme dans ses rêves.
Un regard perdu.
Une immobilité trop longue.
Une fatigue qu’il cachait mal quand il pensait être seul.
Et ça la mettait en colère.
Parce qu’il restait un playboy.
Parce qu’elle savait qu’après le travail, il rentrerait dans ce même appartement… puis ressortirait. Qu’il irait ailleurs. Vers d’autres corps, d’autres rires. Qu’il remplirait ce vide à sa manière.
Dans ses rêves, elle n’intervenait jamais.
Elle regardait seulement.
Et cette passivité la terrifiait plus que le désir.
Un soir, elle se surprit à penser :
Si je rentrais chez lui… je ne saurais pas quoi faire.
Ce n’était pas une envie.
C’était une constatation.
Elle comprit alors que le danger n’était pas de tomber amoureuse d’un playboy.
Le danger, c’était de voir l’homme qu’il était quand personne ne le regardait.
Et de continuer à revenir travailler le lendemain,
comme si elle n’avait rien vu.