« En amour, c'est l'extérieur qui attire et l'intérieur qui retient. » Anonyme
Salimata était en pleine préparation.
Adama venait de l'appeler, il rentrerait plus tôt aujourd'hui.
Elle était très contente surtout qu'elle avait attendu ce moment depuis un bout de temps.
Ses amis avaient tendance à l'envier mais au fond ils ne savaient pas comment c'était difficile de vivre avec un accro du travail.
Son mari était tout le temps occupé, elle devait sans cesse le partager avec son boulot et ensuite sa famille.
A chaque fois qu'il se libérait plus tôt, il devait passer chez ses grands-parents et il lui arrivait d'y rester des heures.
C'est la seule chose qui lui faisait regretter son déménagement.
Avant au moins, il rentrait à des heures normales et une fois qu'il avait salué ses grands-parents, il passait le reste du temps avec elle.
Maintenant, Adama ressentait tout le temps le besoin d'aller les voir. C'est comme s'il avait une dette envers eux et qu'il se sentait redevable.
Elle avait fini par prendre son mal en patience et supportait malgré elle.
Elle regarda l'heure sur son téléphone et remarqua qu'il était presque sept heures du soir.
Elle allait lui couler un bon bain s'il revenait.
Elle avait déjà demandé à sa bonne de lui prépare un diner léger.
Sally avait d'autre idée en tête ce soir.
Elle voulait appartenir à son mari. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas passé du temps ensemble.
Elle appela sa bonne Maimouna, une jeune fille mince que sa mère lui avait trouvé.
-Nam ! Tata.
-Mets les affaires sur la table et réchauffes le diner, je m'occupe du reste. Ensuite, tu peux rentrer chez toi.
-D'accord Tata.
-Et demain, tu n'es pas obligée de venir tôt.
- D'accord.
Maimouna reçue cette nouvelle avec joie.
Sally voulait avoir la maison à elle seule ce soir.
Elle monta dans sa chambre à coucher et se dépêcha d'aller prendre un bain. Elle enfila ensuite une longue robe rouge en dentelle légère et transparente qu'elle accompagna d'un petit pagne bethio (Petit pagne sénégalais en maille utilisé comme lingerie).
Elle brossa ses cheveux et s'aspergea de parfum. Elle en mit sur le coup et les poignets.
Sally avait un beau corps. Il était ferme et attirant. Il faut dire qu'elle prenait toujours soin d'elle. Elle avait tout le temps les ongles et les cheveux bien faits.
Elle était une femme sophistiquée et l'assumer.
Elle détacha ses cheveux et ajouta un peu de rouge à lèvre à ses lèvres.
Elle s'avança vers son lit et en profita pour mettre son parfum sur tous les côtés du drap.
C'était son astuce.
Chaque fois qu'Adama s'allongeait sur le lit, elle voulait qu'il puisse être couvert de son odeur.
Le lit était grand et recouvert de draps blancs.
Sa chambre à coucher venait directement de Dubaï. Le lit, l'armoire et les tables de chevet était de couleur blanches avec des perles en imitation diamant.
La chambre était personnalisée et décorée avec beaucoup de goût .
Il y'avait sur les deux tables de nuit, des photos d'elle et d'Adama lorsqu'ils étaient allés en lune de miel.
Elle jeta un coup d'œil au miroir et apprécia sa tenue.
Le message devrait être clair.
Elle descendit et patienta dans le salon.
Maimouna qui n'avait pas attendu plus longtemps était déjà partie.
Elle en profita pour allumer du thiouraye (Encens) dans la pièce.
Elle jeta un coup d'œil à sa montre et jeta un coup d'œil au salon. Il serait peut-être temps qu'elle change les fauteuils du salon. Ils n'étaient pas vieux mais elle avait l'habitude de changer ses meubles chaque deux ans.
Son attention fut stopper par le bruit d'un moteur et son cœur commença à battre.
Elle jeta un coup d'œil par la fenêtre et vu qu'Adama était seul.
Elle fut soulagée.
On ne savait jamais , vu la manière dont elle était habillé.
Il arrivait très souvent à son mari de rentrer à la maison avec des collègues, Malick ou Coumba.
Elle remarqua cependant qu'il avait sous les bras sa mallette de travail.
Elle ne se découragea pas pour autant.
Apres la nuit qu'elle comptait lui faire passer, elle doutait qu'il ait le temps d'y jeter un coup d'œil.
La porte du salon s'ouvrit et laissa place à Adama et sa grande stature.
Il était bien habillé comme à son habitude.
Il avait porté un pantalon gris qui soulignait ses larges cuisses et une chemise noire qui saillait ses muscles. Il portait à la main une montre en cuire de la même couleur que ses chaussures.
Sally se leva lentement et marcha vers lui de façon étudier.
Elle voulait qu'il prenne le temps d'admirer sa tenue et surtout qu'il la remarque elle.
Adama qui n'avait pas encore dit un mot, la fixa droit dans les yeux. La force et le pouvoir émanaient de lui.
Le message était passé.
Sally arriva à sa hauteur.
-Bonjour mon amour, comment c'est passée ta journée?
Elle posa ses lèvres sur sa bouche.
-Bien, mais à ce que je vois elle compte se passer encore mieux en ce moment.
Sally sourit en continuant de fixer son mari.
-Ah bon et comment cela ? répondit-elle innocemment.
Il répondit à son b****r et la souleva du sol.
- Laisse-moi juste le temps d'aller prendre une douche et prier et je te montrerais.
- Bien sûr, j'ai hâte. Je te fais couler un bain ?
-Non ça ira! Je vais juste prendre une douche rapidement. Je n'en ai pas pour longtemps.
-Dans ce cas, je vais mettre la nappe en attendant.
Adama monta dans sa chambre et laissa sa mallette à l'entrée du salon.
Sally regarda l'objet et sourit victorieusement.
C'est bien ce que je me disais.
Il ne fallut pas plus de quarante minutes à Adama pour se mettre à l'aise.
Il descendit et avait enfilé cette fois un kaftan en coton blanc.
Le tissu une fois de plus soulignait les muscles de son corps.
Il trouva sa femme assise sur l'un des fauteuils du salon.
Elle avait posé la nourriture par terre.
Sur la nappe était posé un plat d'hors d'œuvre appétissant. Et de l'autre côté, il y' avait des jus de fruits et autre boissons.
Adama s'assit et croisa ses jambes.
-Comment c'est passé ta journée.
-Longue! J'étais impatiente que tu rentres.
Elle le fixa et fit une mine boudeuse.
Sally avait décidé de rester à la maison plutôt que de travailler.
Elle avait pourtant étudié et obtenue ses diplômes mais elle préférait utiliser son temps à s'occuper de son mari plutôt.
Elle voyageait souvent et préférait ainsi être libre de tout engagement.
Elle assumait aussi sa féminité parfaitement.
Elle n'avait jamais honte d'exprimé comment elle se sentait. Pour elle au contraire, ceci était le secret de la sensualité chez une femme.
Elle n'aimait pas l'hypocrisie de la société sénégalaise. Ou chacun aimait jouer aux prudes.
Pour elle, une femme avait les mêmes besoins qu'un homme et ne devrait pas avoir honte de les assouvir.
Sally se retourna et souleva la carafe d'eau.
Elle y mit des glaçons et se leva pour aller l'offrir à Adama.
Une fois à son niveau, elle s'agenouilla et lui tendit le verre. Elle voulut se relever pour aller servir à manger mais il la retient par le bras.
Adama lentement avala une gorgée d'eau et garda un glaçon dans la bouche.
Il la fixait toujours.
Sally s'arrêta.
Alors sans qu'elle ne s'y attende, il prit avec sa main le reste des glaçons de son verre d'eau et commença à la caresse avec sur le cou.
Sally ferma les yeux d'excitation et frissonna.
Elle n'était plus que sensation en ce moment.
Il la retourna lentement, ouvrit la fermeture de sa robe et commença à lui embrasser le dos de sa langue.
Il lui prit ensuite les deux mains et les emprisonna derrière son dos.
Il continua son exploration et commençait à descendre plus bas.
Ne pouvant plus résister plus longtemps, elle libera ses mains et lui fit face.
Adama l'embrassa de façon passionné et cette fois ci commença à caresser sa poitrine.
Sally sans savoir comment se retrouva désormais vêtue de son petit pagne seulement, allongée sur la nappe qu'elle avait étalé pour le diner.
L'entrée qu'Adama s'apprêtait à savourer en ce moment lui paraissait beaucoup plus succulent que le plat d'hors d'œuvres qui l'attendait plus tôt.
Il se dépêcha d'enlever son kaftan qui lui paraissait désormais trop encombrant.
Il était désormais prêt et ne voulut pas la faire attendre plus longtemps.
Comme un prédateur, Adama s'empara de son épouse. Il ne lui fit aucune faveur et ne la lâcha que lorsque suppliante elle fut rassasier.
Le délice de Sally dura au moins deux heures.
Ils étaient toujours allongés sur la nappe au milieu du salon.
Sally blottie dans les bras d'Adama avait les yeux fixés au faux plafond du salon.
-Adama! Dit-elle en rigolant. La prochaine fois au moins attend que l'on mange d'abord.
Elle se serra un peu plus contre lui.
Il sourit juste.
-J'ai faim, dit-elle.
-Je meurs de faim, dit-il.
Il souleva la tête et regarda l'horloge du salon.
-Il est déjà 9:20 ? Il faut que je me dépêche. J'avais promis à Baba de passer le voir.
Sally qui était encore dans ses bras se raidit automatiquement.
-Adama, ne me laisse pas toute seule. Reste avec moi ce soir.
-On a qu'à aller ensemble. Je n'en ai pas pour longtemps.
Cette proposition n'enchantait pas Sally. Elle se libera des bras de son mari et le supplia.
-Pourquoi ne resterais tu pas ce soir et demain tu as tout le temps pour aller le voir.
-Sally ! Cette fois ci Adama monta le ton. J'ai des obligations envers lui et tu le sais très bien. En plus en ce moment il ne se porte pas bien.
-Et moi ? lança-t-elle en colère. Tu ne penses pas que tu as des obligations envers moi ? Pourquoi est-ce qu'il faut que j'ai à te partager à chaque fois ? Si ce n'est pas le boulot, c'est ta satanée famille.
Adama qui était déjà en train d'enfiler ses habits s'arrêta subitement à cette insulte.
Elle s'éloigna de lui mais continua.
-Ne suis-je pas assez importante ?
Il s'avança dangereusement vers elle.
-Sally tu perds la tête ? Tu sais bien que personne et toi encore moins ne peut interférer entre ma famille et moi. A jouer à ce jeux tu finiras par te mordre les doigts.
Ses yeux lançaient désormais des éclairs. Un nerf apparu sur sa tempe.
-Combien de fois faut-il que l'on se dispute à ce sujet ? Je t'ai pourtant conseillé d'oublier tes rancœurs et de faire la paix avec eux. Je ne peux pas changer le jugement qu'ils ont de toi mais je devrais être en mesure d'attendre de ma femme qu'elle soit plus patiente et compréhensible envers ma famille. Ou bien ?
Sally fit la moue et regarda de l'autre côté. Elle ne voulait pas le regarder dans les yeux. Elle était désormais en colère.
-Oui, c'est toujours à moi de faire un effort. Ce n'est pas toi qui a à subir leur jugement.
-Qu'est-ce que cela fait ? Est-ce que leur réaction à jamais changé mon comportement ou mes sentiments envers toi ?
Il avait la mâchoire contracté et le regard voilé.
Sally était frustrée parce qu'avec tout ce qu'elle avait eu à subir avec Baba, Adama avait toujours gardé les mêmes relations cordiales avec sa famille.
Il allait chaque jours la bas et apparemment continuer à s'entendre avec son grand père.
Sally aurait aimé qu'il les ignores ou bien qu'il n'aille pas aussi souvent la bas. Qu'il prenne juste part pour elle.
Mais Adama n'avait jamais voulu entrer dans ce jeu. Il essayait de balancer les choses.
Il se dirigea vers la porte. Il en avait marre de devoir à chaque fois prendre un partie.
-Je vais prendre une douche ensuite je m'en vais.
Sally le regarda étonnée, regrettant immédiatement sa réaction de plus tôt.
-Mais reste manger au moins.
-Je n'ai plus faim, répondit-il sèchement. Sans un regard pour elle, il se dirigea vers la sortie et claqua la porte derrière lui.
Sally sentit ses larmes monter.
Elle regarda autour d'elle et porta sa rage sur les coussins du salon qui étaient à côté d'elle.
Elle les lança de frustration à travers la pièce.
Elle essuya une larme qui finit par sortir.
Elle détestait Baba, il trouvait toujours un moyen ou un autre pour l'éloigner de son époux.
Elle n'avait pas encore dit son dernier mot.
De dépit, elle sentit que son appétit à elle aussi était coupé.