Lorsqu’il partit, elle sentit un léger espoir naître en elle. C’était peut-être sa chance de s’échapper. Mais…
Les portes étaient toutes verrouillées. Elle se précipita, essayant de les ouvrir, mais en vain. Elle tenta les fenêtres, mais elles étaient protégées par des barres de fer.
Tout cela frustrait Amalie. Elle devait s’enfuir à tout prix. Elle pleura un moment, puis se mit à crier à l’aide sans relâche. Finalement, elle s’écroula sur le sol, déçue et désemparée. C’était peine perdue pour elle.
Soudain, une idée lui vint en tête : les chambres à l’étage. Il y en avait deux, c’était peut-être une occasion pour elle. Elle se précipita à l’étage et vérifia les fenêtres de la chambre où elle se trouvait, mais elles étaient fermées et équipées de barres en fer. Elle sortit de la pièce et se dirigea vers l’autre chambre, mais celle-ci était verrouillée. Amalie frappa sur la porte en essayant de l’ouvrir, en vain. Elle se faisait du mal.
Elle criait et pleurait de douleur, ne souhaitant qu’une seule chose : rentrer chez elle. En venant dans ce pays, Amalie voulait simplement passer du temps avec son frère et découvrir la ville. Et voilà qu’elle se retrouvait séquestrée par un bandit qui, en plus, était l’ennemi de son frère. Sa vie lui échappait sous les yeux. Elle se rendait compte qu’elle ne pourrait pas s’enfuir, et cela la déprimait.
Elle resta assise sur le sol un long moment. Elle ne voulait pas obéir aux ordres de Jalil, mais elle savait que si elle ne le faisait pas, il pourrait lui faire du mal à son retour. Résignée, elle descendit au salon et commença à nettoyer. C’était une horreur. Elle était dégoûtée. Il y avait énormément de déchets : des cartons de nourriture, des journaux froissés, des bouteilles vides d’alcool et même des préservatifs usagés.
Amalie ne put s’empêcher de courir à la salle de bain pour vomir. L’écoeurement était trop fort. Une fois qu’elle se sentit plus stable et qu’elle eut retrouvé un peu de courage, elle se mit en quête de matériel de nettoyage, qu’elle trouva dans le garage.
L’espoir renaissait en elle. Elle tenta à nouveau d’ouvrir la porte du garage, mais sans succès. Elle frappa à maintes reprises pour attirer l’attention, mais aucune réponse. Les larmes aux yeux, elle attrapa les produits de nettoyage et retourna dans le salon, où elle se mit au travail.
Amalie était hors de contrôle, complètement perdue dans ses pensées. Elle nettoya tout, sans s’arrêter. Une fois qu’elle eut terminé, elle s’assit sur le canapé en attendant le retour de Jalil.
Les heures passèrent. Jalil n’était toujours pas rentré. Amalie, affamée et épuisée, finit par s’allonger sur le canapé et s’endormit.
Il était environ 21 heures lorsque Jalil rentra. Il posa les courses et se dirigea vers le salon, où il trouva Amalie endormie. Il observa son travail : le salon était propre, apaisant. Cela faisait longtemps que sa maison était en pagaille. Il était en pleine dépression et n’avait même pas eu la force d’engager une femme de ménage. Il fut satisfait du travail d’Amalie.
Elle, plongée dans un sommeil profond, ne remarqua pas sa présence. Jalil s’accroupit près du canapé et la fixa longuement. Il la trouvait douce, innocente… mais il ne pouvait pas éprouver de compassion après ce que son frère lui avait fait.
Alors qu’il s’apprêtait à partir, Amalie se réveilla en sursaut.
— NON ! NE FAITES PAS ÇA ! JE VOUS EN SUPPLIE, NE ME FAITES PAS DE MAL !
Elle respirait rapidement, en sueur, tremblante. Elle venait de faire un cauchemar. Jalil la regarda sans comprendre.
Après avoir repris ses esprits, Amalie fixa Jalil, qui avança vers elle et dit :
— J’ai vu que tu as fait du bon boulot.
Amalie se leva précipitamment et répliqua :
— Laisse-moi partir, je vous en supplie ! Je ne dirai rien à personne et je vous donnerai tout ce que vous voulez.
Jalil ignora sa supplique.
— J’ai apporté de quoi dîner. C’est dans la cuisine. Allons-y.
Alors qu’il s’apprêtait à partir, Amalie se précipita devant lui et insista :
— S’il vous plaît…
Excédé, Jalil l’attrapa par la gorge.
— C’est la dernière fois que je le répète : je ne veux plus t’entendre parler ! Tu partiras quand JE l’aurai décidé. Est-ce clair ?
Il serrait de plus en plus fort. Amalie suffoquait, sa douleur était atroce.
— Je t’ai posé une question !
— O... oui… j’ai compris, murmura-t-elle avec difficulté.
Une larme s’échappa de son œil. Jalil la vit et relâcha son emprise.
— Dans la cuisine, maintenant !
Amalie obéit, les larmes aux yeux. Elle ne supportait pas la façon dont il la traitait. Elle marcha jusqu’à la cuisine, suivie de Jalil. Ils s’installèrent à table. Il avait acheté des pizzas et des burgers. Il lui donna les pizzas et prit les burgers pour lui.
Il remarqua qu’elle ne mangeait pas.
— Tu n’as pas faim ?
— Si…
— Qu’est-ce que tu attends alors ?
Amalie commença à manger à contre-cœur. Elle avait le cœur lourd, mais elle n’avait pas le choix.
Quelques minutes plus tard, alors que Jalil terminait son repas, il déclara :
— Après, je veux que tu ranges les courses. Fais comme bon te semble, mais range-les.
Il prit une bière et quitta la cuisine.
Amalie était sous le choc. Elle n’arrivait pas à croire ce qui lui arrivait. Elle était devenue la servante de son ravisseur.
Lorsqu’elle eut terminé son repas, elle rangea les courses comme Jalil l’avait demandé. Elle ne voulait pas qu’il s’énerve à nouveau. Une fois sa tâche achevée, elle se rendit au salon, où elle le trouva en train de regarder un film… explicite.
Écœurée, elle tourna les talons et se réfugia dans la cuisine, luttant contre l’envie de vomir.
Jalil la rejoignit peu après.
— Tu peux aller te coucher dans la chambre où tu étais cet après-midi. Ce sera ta chambre désormais.
— Qu’est-ce que vous sous-entendez par "désormais" ?
— Arrête de me vouvoyer. Je veux dire : le temps que tout l’argent soit payé.
— Mon père est un homme de parole. Il le fera.
— Si tu le dis. Mais il a été clair qu’il ne paierait pas tout.
— Je demanderai à mon frère.
— Il a intérêt, de toute façon. Bon, tu as sommeil ou tu veux regarder le film avec moi ?
— Non, répondit Amalie froidement.
— OK, moi j’y retourne, conclut-il en s’éloignant.
Amalie, sans attendre, partit se réfugier dans sa chambre et s’enferma à clé. Elle avait peur de Jalil. Son comportement était malsain et dérangeant.
Elle s’assit sur le lit, désespérée. Sa vie avait basculé de manière effroyable. Jamais elle n’aurait imaginé être enlevée. Elle pensait que les kidnappings n’existaient que dans les films, et voilà qu’elle en était victime.
Elle s’allongea sur le lit mais ne parvint pas à dormir. Une nouvelle fois, elle tenta d’ouvrir la fenêtre, en vain. Une colère sourde la submergea. Désespérée, elle finit par s’endormir au petit matin.
Au lever du jour, Jalil se réveilla avant elle et prépara son petit-déjeuner. Alors qu’il mangeait, une notification apparut sur le téléphone d’Amalie.
Il le prit et vérifia : son père venait de déposer 50 000 $.
Un sourire apparut sur son visage. Sans attendre, il se leva, sortit de la maison, monta dans sa voiture et prit la route pour aller retirer l’argent.
Pendant ce temps, Amalie se réveilla. En descendant au rez-de-chaussée, elle ne trouva personne.
Elle réalisa que Jalil était sorti. Elle tenta d’ouvrir les portes et les fenêtres, mais elles étaient verrouillées. Elle finit par abandonner et s’assit dans le salon, pensive.
Elle repensait à sa vie d’avant. Tout avait changé. Tout avait basculé d’une manière qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.
A suivre