Chapitre 4

1464 Words
Il ne pouvait pas contenir sa frustration. — Comme ton père l’a dit, nous allons attendre demain alors, lança-t-il d'un ton sec, tout en se dirigeant vers la porte. — Attendez… je vais rester ici en attendant ? demanda Amalie, l’incertitude dans les yeux. — Bien sûr, répondit-il sans regarder en arrière. — Non, je ne peux pas rester ici, mon frère risque de me soupçonner, insista-t-elle. Jalil resta silencieux un moment, les bras croisés, cherchant une solution rapide. — Appelle-le et dis-lui que tu dors chez une amie, finit-il par dire d’un ton ferme. — Il ne va jamais me croire ! Je ne lui ai jamais dit que j’avais une amie ici, protesta-t-elle, une pointe de panique dans la voix. — Bah, dis-lui que tu as croisé une amie et qu’elle t’a proposé de rester dormir chez elle, répliqua Jalil, sans l’ombre d’un doute. — Tu ne comprends pas, mon frère… il ne me croira jamais. Jalil se tourna brusquement vers elle, son regard dur et pénétrant. — FERME-LA ET EXÉCUTE ! S’écria-t-il, une colère incontrôlable dans sa voix. Paniquée, Amalie attrapa son téléphone et composa le numéro de son frère. Jalil, de son côté, s'assit près d'elle, son arme toujours en main, pointée sur son cou. Elle tremblait, mais ce n'était pas simplement à cause du froid, c'était la peur qui faisait trembler ses mains. Après plusieurs longues secondes, son frère répondit enfin. Le soulagement d'Amalie fut palpable lorsqu'elle entendit enfin la voix familière de son frère. — Amalie ? Où étais-tu passée ? Papa t’a appelée sans réponse, il s'inquiète. Est-ce qu’il a pu te joindre ? Jalil fronça les sourcils, son regard se durcissant instantanément. Il avait reconnu la voix d'Alexandre, un ancien collègue de travail. C'était lui qui était responsable de son licenciement, l'homme qui, il y a quelques jours, était venu au restaurant où il travaillait pour se moquer de lui. — Ah, on en a déjà parlé… murmura-t-il à lui-même, une colère grandissante montant en lui. — Ok, d’accord, est-ce que tu es déjà rentrée à la maison ? continua Alexandre au téléphone. — Non, c’est pour ça que je t'appelle, répondit Amalie, le stress perceptible dans sa voix. — Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Alexandre, inquiet. — Je dors chez une amie, expliqua Amalie, tentant de cacher sa nervosité. — Comment ça, tu dors chez une amie ? Tu m’avais dit que tu n'avais pas d’amies, non ? s’étonna Alexandre, confus. — Oui, mais on s’est croisées au centre commercial, on s’est perdues de vue, et elle m’a proposé de venir chez elle. Elle veut que je reste pour la nuit. Ne t’inquiète pas, je reviendrai demain, promis. — D'accord, si tu le dis. Prends soin de toi, répondit Alexandre, apparemment soulagé. — Toi aussi, je t’aime. — Je t’aime aussi, pupuce. Lorsqu'Amalie raccrocha, Jalil saisit le téléphone des mains d’Amalie et le glissa dans sa poche. Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres, un rire sinistre qui fit frissonner Amalie. Elle se demandait pourquoi il riait ainsi, mais elle n’osait pas poser la question. Après quelques instants, Jalil se tut, fixa intensément Amalie et, d’une voix glaciale, lança : — Donc, tu es la sœur d'Alexandre Reyes ? — Oui, tu le connais ? demanda Amalie, ses yeux cherchant une réponse. Elle se leva du canapé, son espoir grandissant. Si Jalil connaissait son frère, peut-être le laisserait-il partir. — Ton frère a détruit ma vie, cracha Jalil, la colère déformant son visage. — Comment ça ? Qu’est-ce que tu racontes ? demanda Amalie, complètement déstabilisée. — Il était mon collègue de travail ! C’est lui qui m’a dénoncé et j’ai perdu mon emploi à cause de lui, expliqua-t-il, ses mots pleins de rancœur. Et ce n’est pas tout. D'autres collègues m'ont également mis à la porte à cause de ses mensonges. Le cœur d’Amalie se serra. Elle comprenait maintenant que tout cela n’avait rien à voir avec elle, mais plutôt avec son frère. La terreur la saisit alors. Elle avait été enlevée par un homme rongé par la haine, et tout cela à cause de la trahison de son frère. — Je suis vraiment désolée, tenta-t-elle, ses mots pleins de regrets. C’est sûrement un malentendu. — Un malentendu ?! répéta Jalil, la colère montant en lui. Je viens de te dire que ton frère m’a fait perdre mon job et pas qu’une fois ! — Alex n’est pas mauvais, il ne ferait jamais ça, dit Amalie, les larmes aux yeux. Crois-moi, c’est une bonne personne. — ARRÊTE DE LE DÉFENDRE ! hurla Jalil, furieux de plus en plus. Sa colère était palpable. Chaque mot qu’Amalie prononçait pour défendre son frère n’était que du carburant pour la flamme de sa rage. Jalil se sentait trahi, et Amalie était son exutoire. — Alex, je l’aimais bien, je le considérais presque comme un frère. Mais lui, il m’a manipulé. Il s’est rapproché de moi seulement pour enquêter et que fait-il ensuite ? Il me dénonce, me fait tomber. — Peut-être que ce que vous faisiez n’était pas dans les règles, sinon Alex ne vous aurait pas dénoncé, rétorqua Amalie, se retenant de crier. Jalil s’approcha d’elle d’un pas menaçant, saisissant violemment son bras. Amalie laissa échapper un cri de douleur. — Lâche-moi, tu me fais mal ! hurla-t-elle, se débattant. — Ton frère n’avait pas à fouiller dans mes affaires ! répliqua-t-il, son visage à quelques centimètres du sien. — Eh bien, vous auriez dû travailler correctement, répliqua Amalie avec une détermination nouvelle. Ses mots étaient acerbes, son calme précédent avait disparu. Elle ne supportait plus le comportement de Jalil. Elle en avait assez de jouer à la victime. — Ah, maintenant tu montres ton vrai visage, sale conne ! railla Jalil, son regard empli de haine. — C’est toi le c*n ! Voleur ! répondit Amalie, son corps se débattant sous l'emprise de Jalil. Dans un éclat de rage, Jalil lui donna une gifle violente qui la fit tomber au sol. La douleur irradia de son visage, et ses larmes coulèrent de plus belle. — En fait, tu es comme ton frère, vous êtes des merdes, lâcha-t-il d’une voix froide. — Je suis sincèrement désolée, pleura Amalie, son cœur battant à tout rompre. — FERME-LA, SALE p**e ! s’écria-t-il. Les excuses ne servent à rien ! Le pire est déjà fait. Malgré sa colère, Jalil semblait satisfait d'une manière tordue. Il voyait dans cette situation une occasion, un moyen de se venger. Pour lui, c'était presque une victoire. Amalie, pourtant, ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi. Pourquoi se venger sur elle, pourquoi la traiter ainsi alors qu’elle n’avait rien fait ? — Qu’est-ce qui te fait sourire ? demanda-t-elle désespérément, les larmes brouillant sa vision. — J’ai toujours voulu me venger de ce que ton frère m’a fait, et grâce au karma, je me retrouve avec sa sœur sous mon toit, répondit-il d’un air satisfait. — Non, je t’en supplie, je n’ai rien à voir là-dedans, ne me fais pas de mal, implora-t-elle, terrifiée. — Tu vas payer pour les erreurs de ton frère, répondit Jalil, sans hésitation. — Non, non ! Tu ne peux pas me tenir responsable de ses actes ! cria-t-elle. — Bien sûr que si, rétorqua-t-il sèchement. — S’il te plaît… supplia-t-elle une dernière fois. — OH p****n !! TAIS-TOI ! hurla-t-il, de plus en plus furieux. Les nerfs de Jalil étaient à bout. Il n’en pouvait plus. Il ne supportait plus entendre sa voix. — FERME-LA ! Tu sais quoi ? Je ne veux plus t’entendre ! Plus jamais ! dit-il, d’un ton dément. Jalil était au bord de l’implosion. La colère pouvait se lire sur son visage : les yeux sombres, les veines visibles sur ses mains, sa respiration haletante. Il se retenait, mais l'envie de frapper, de faire du mal, le submergeait. Amalie, elle, pleurait sans dissimuler sa terreur. Elle avait peur, peur qu’il lui fasse du mal. Elle n’arrivait pas à comprendre ce qui le poussait à agir ainsi, mais elle savait que sa situation était de plus en plus désespérée. — Allez, lève-toi ! ordonna Jalil, impitoyable. Amalie s'exécuta, les larmes coulant sur ses joues. Elle ne voulait pas provoquer sa colère davantage, même si chaque mouvement était une souffrance. — Maintenant, donne-moi ton code, ordonna-t-il. Elle le regarda, tremblante, avant de répondre d’une voix faible : — 1627. Jalil nota le code sur son téléphone, satisfait. — Bien, je vais sortir. Et j’espère que tu ne feras pas de bêtises, car à mon retour, tu vas payer très cher, ajouta-t-il, avant de se diriger vers la porte. Amalie resta silencieuse. La peur la paralysait. Jalil s’assura que toutes les portes étaient fermées à clé et que l’alarme était activée avant de sortir. A suivre
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