Je ne mis pas longtemps à rejoindre mon établissement scolaire, et une fois devant mon cœur se mit à battre bien plus fort qu'il ne le devrait. C'est à ce moment précis que je réalisais que j'allais devoir rendre des comptes, expliquer ce qui s'était passé en moi et la raison pour laquelle j'avais caché ma vraie nature. Et bien entendu, je ne pourrais leur répondre ne sachant pas moi-même et pire encore, la seule personne capable de me répondre avait lâchement fui la veille au soir.
C'est les mains moites, que je me dirigeais vers ces murs qui devraient renfermer l'éducation et surtout la compassion, seulement, se trouvaient parmi les élèves que de la méchanceté gratuite dont souvent je faisais les frais.
Le sentiment d'oppression que je ressentais à chaque fois que je franchissais les portes de l'établissement, me saisit encore plus violemment cette fois-ci. Mon souffle devint beaucoup plus pénible. Mon cœur accéléra son rythme, mes jambes se mirent à trembler quand je croisais le regard de Troy sur moi.
Il se trouvait au fond de ce grand couloir, j'aurais espéré passer inaperçu, peine perdue, il m'avait vue. Je le vis s'avancer vers moi ne me lâchant pas du regard, le sourire largement imprimé sur son visage, je ne savais pas comment agir ni ce qui allait se passer, mais je savais une chose, je ne devais pas perdre mes moyens, et paraître ..., être ce que j'étais, une déesse.
Je pris une grande inspiration, prête à encaisser les mots qu'il allait prononcer, des insultes sûrement, comment pourrait-il en être autrement, cela fait des années qu'il s'amuse à l'humilier publiquement, pourquoi en ferait t'il autrement aujourd'hui?
Bien qu'à l'époque je ne comprenais pas pour quelle raison je suivais leur cours, maintenant la raison en était évidente et je regrettait presque de ne pas avoir plus tendu l'oreille. Le dos droit, la tête haute, j'attendais l'impact, l'impact de ses mots.
Une fois devant moi, il me regarda, un large sourire toujours inscrit sur les lèvres.
- Bienvenue dans notre modeste établissement scolaire !
Les yeux écarquillés, je le fixait encore sous le choc de ce qu'il venait de dire. Ne m'avait t'il pas reconnue? Pire encore, il semblait presque sous mon charme.... Il était aimable, courtois, qualités que je ne lui connaissait pas le moins du monde. Il avait ce regard, tellement impressionné, charmé, ce sourire niais, tout cela me confirma ma crainte, il venait vraiment de craquer sur moi!?
Beurk! oh mon dieu non pas ça!
- Merci!
C'est la seule chose qui m'est venue à l'esprit à ce moment-là. Et connaissant mon manque de confiance en moi j'ai commencé à partir vers la salle de cours afin de mettre un terme à cet échange quelque peu dérangeant.
Je me suis installée directement à ma place, les élèves entrèrent à leur tour chacun me dévisageant, me saluant amicalement. Je dois avouer que la surprise me saisit quand je pris conscience qu'ils pouvaient être polis, chose que je n'aurais pas pensé de leur part quand on sait qu'ils passaient leur temps à m'insulter et me rabaisser.
Ienar arriva à son tour, il posa ses affaires sur le bureau, puis entra dans le vif du sujet immédiatement ne prêtant pas attention à son auditoire.
- Demain!
Hurla t'il dans la classe espérant ainsi avoir l'attention de tous. Ce qui fut une réussite car tout le monde se tourna vers lui attendant de savoir ce qui allait se passer le lendemain, tous sauf Troy qui ne faisait que me regarder si bien que je commençais à me sentir vraiment mal à l'aise.
- Demain nous irons à Asgard, nous irons voir Thor!
Les chuchotements emplissent la pièce, la chair de poule me saisit, mon cœur se mit à battre bien plus vite. Asgard, Thor, tout cela me semblait si inaccessible jusqu'à maintenant. J'en restais sans voix, j'allais pouvoir entrer dans cette cité mythique, sans me cacher, en étant moi-même. Ienar après cette annonce a parcouru la pièce du regard, puis prit un de ses cahiers perdu au milieu des autres, il semblait inquiet.
- Je me rends compte que je n'ai pas fait l'appel!
Dit t'il à la hâte. Quelque chose le stressait et il ne cessait par intermittence de lever les yeux vers moi. Troy se releva faisant face à la classe passant devant Ienar qui ne savait pas trop comment le gérer.
- Il a raison!
Avoua t'il alors à la classe comme s'il essayait de recruter des voix lors d'un discours de propagande présidentiel.
- Nous sommes tous conscients que l'humaine n'est pas là! mais qui s'en soucie?
Demanda t'il aux autres élèves de la classe. Comme je le savais, personne ne se souciait de moi, tous étaient de son avis, ma présence ou non n'avait pas d'importance de toutes manières je ne suis rien à leurs yeux. Il continua me fixant.
- Par contre, j'aimerais savoir quel est ton nom belle demoiselle !
Tous se tournèrent face à moi, décidément, moi qui voulait passer inaperçu, c'était loupé. J'en pris mon parti et éluda sa question par un raisonnement des plus naturel pour moi.
- Qui suis-je, bonne question, et toi, qui es tu pour dire qu'une humaine ne vaut pas la peine que tu te préoccupe d'elle?
Il se mit à rire nerveusement, comprenant par mes mots que je n'étais pas de son avis, ce qui de toute évidence ne lui convenait pas.
- Les humains ne sont rien ! Nous les surpassons en pouvoir, d'ailleurs tout le monde surpasse les humains!
Je dois avouer que je n'aurais pas penser cela de lui, je le savait prétentieux, mais de là à en arriver à cette extrémité je dois avouer que je ne l'imaginais pas. La fureur s'est alors emparé de moi et je lui ai dit tout ce que je retenais depuis si longtemps.
- Le jour où tu enlèveras ta cuillère d'argent que tu as dans la bouche et que tu bougeras ton c*l divin pour travailler, et par travailler je veux dire avec tes mains pas ta langue de vipère, là tu pourra t'estimer supérieur, car jusqu'à présent quelle contribution à tu amener à cette ville? Aucune!
Tout le monde me fixait, certainement choqués par mes mots, ce que je peux comprendre quand on sait que Troy viens d'une famille très influente, mais il était hors de question pour moi de me faire marcher sur les pieds et le laisser s'en prendre ainsi aux humains, les dieux étaient là pour les protéger pas pour les jeter en pâture aux lions.
- Comment veux tu que les surnaturels pensent différemment si les personnes qui sont censés leur donner l'exemple ne sont pas plus matures que ces animaux?! Aujourd'hui, avec tes propos, qu'as tu de plus qu'un loup ou un vampire? rien! tu ne vaux pas mieux! Il n'est pas surprenant que dans votre dos les surnaturels enrôlent des humains, les transforment pour les rallier à leur cause. Continuez de fermer les yeux sur ce qui se passe devant vous, mais ne viens pas me dire que tu es supérieur, car bientôt tu connaîtras ta déchéance !
La stupeur saisit alors l'assemblée qui n'osait pas parler, je venais d'offenser un héritier, ce qui était passible de la peine capitale, de toutes manières j'aurais dû mourir depuis longtemps alors je n'en avais que faire. Il s'approcha de moi à grande enjambée, la fureur se lisait dans ses yeux, j'avais toucher un point sensible je le savais, malgré tout je le connaissais un peu ce dieu qui se veut intouchable. Je me levai lui faisant face, il était temps pour moi de régler tous mes comptes avec lui et s'il cherchait la bagarre j'étais en mesure de riposter et pas de la manière la plus douce qu'il soit.
Il se figea à quelques millimètres de moi, son regard ancré dans le mien, son visage à quelques souffle du mien. Mon cœur accéléra son rythme, je retenais tant que possible mes sentiments qui se faisaient de plus en plus virulents.
Je vis alors Ienar se glisser entre nous, il était hésitant, mais tenta tout de même d'apaiser les esprits. Il repositionna ses lunettes sur son nez puis d'un mouvement de bras, nous écarta, mettant plus de distance entre nous, restant là.
- s'il vous plait, un peu de tenue! Troy à votre place!
Il regardait mon opposant avec sévérité, ce dernier ne se buta pas et retourna à sa place, il se tourna alors vers moi.
- Claice s'il vous plaît asseyez vous également!
La surprise se fit entendre dans la classe et je dois avouer que je l'était tout autant qu'eux, comment savait il qui j'étais, comme l'avait il deviné? tous les regards étaient de nouveau braqués sur moi.
- Merci professeur pour la discrétion on repassera plus tard!
Je ne savais pas d'où il tenait cette information, mais j'aurais préféré que mon identité reste secrète ne serait-ce que pour éviter des questions gênantes.
- Vous avez fumé quoi professeur? c'est pas Claice!
l'interpella alors une des élèves de la classe, un autre me regarda avec insistance alors que Troy commençait à comprendre tout ce qui venait de se passer à l'instant.
- Dis donc Claice par quel charme est tu arrivée à te faire passer pour une déesse, j'ai bien faillit tomber dans le panneau tu sais! Heureusement tu ne peux rien contre mon intelligence, j'ai tout de suite vu que tu n'étais pas réelle!
Je dois avouer que là il faisait fort, lui qui était sur le point de me sauter dessus à peine avais-je franchi le seuil de la porte.
- Tu n'avais pas l'air quand tu m'as fait des avances tout à l'heure, ou alors ton intelligence venait d'une autre partie de ton corps à ce moment-là?
Les filles présentes dans la salle ne purent retenir un rire moqueur, ce qui attisa un peu plus son mal être et sa colère envers moi. Il se leva brusquement faisant tomber sa chaise par terre. Ienar le fixa, Troy ne bougeait pas, mais je le sais, s'il avait pu, il aurait fait quelque chose au lieu de cela il s'est contenté de mots comme il savait si bien le faire.
- Tu rêves si tu penses que tu peux m'intéresser! tu n'es qu'une humaine qui se fait passer pour une déesse, je ne m'abaisserais jamais à avoir un quelconque désir pour une personne aussi insignifiante que toi!
- Ça suffit!
Gronda Ienar avant que je ne puisse rétorquer quelque chose, il me regarda mécontent, puis se tourna vers le reste de la classe.
- Sortez!
J'ai voulu suivre mes camarades, mais son regard sévère m'en dissuada. Reprenant place sur ma chaise, il attendit que tout le monde soit parti avant de me regarder, un frisson me parcourue, qu'allait t'il encore me reprocher, qu'attendait t'il de moi?
- Comment est-ce arrivé?
- Je ne sais pas, je creuse, jusqu'où je ne sais pas mais je creuse afin de comprendre ce qui se passe. Dès que je pose une question on me claque la porte au nez, mais ne vous en faites pas, je passerais pas la fenêtre s'il le faiyt, mais je saurais !
Il se mit à sourire à mes mots, puis il fit quelques pas dans la pièce, lâchant ces mots à voix basse.
- je le reconnais bien là ! Déterminée, fougueuse, tu es son portrait craché!
Je le fixait, essayant de comprendre de quoi il voulait bien parler, connaissait t'il mes parents, mes vrais parents, que savait il au juste sur moi. Depuis le début il prend soin de moi, fait attention à moi et tente de me protéger, pourquoi? Jamais personne n'a fait pour moi le dixième de ce que lui a fait pour moi, pourquoi? Perdu dans mes pensées je n'avais pas senti son regard posé sur moi, il me dit alors, énigmatique.
- Ne t'inquiète pas Claice, bientôt tu comprendra et tu connaîtras ton destin !