Je pris mon courage à deux mains, et par un geste, lui fit comprendre que je voulais la même chose que lui, j'ai glissé lentement ma main sous son tee-shirt caressant sa peau chaude sous mes doigts ingénus. Ses muscles se dessinaient sous mes mains et je peinais à réaliser ce qui était en train de se passer. Sa main glissa le long de ma cuisse, se frayant un chemin sous cette serviette qui commençait à ne plus cacher grand-chose. Il ôta son tee-shirt, sentant que ce vêtement était de trop, bien que ce ne soit pas le seul .. notre échange devenait de plus en plus passionné quand d'un coup, il y mit fin et se recula, presque violemment, comme s'il venait de réaliser ce qu'il était en train de faire. Sa respiration était rapide, il fixait le sol reprenant ses esprits, moi surprise, je replaçai la serviette correctement comprenant que nous n'irions pas plus loin pour le moment.
- Je suis désolé, je dois y aller!
Sur ces mots il quitta la pièce et la maison sans me laisser le temps de protester ou dire quoi que ce soit. Moi je ne comprenais pas, pourquoi avait-il agi ainsi, pourquoi s'arrêter alors que visiblement il semblait vouloir la même chose que moi ? Je n'avais pourtant pas rêvé, au-delà des gestes et de mon ressentit, son désir se voyait bien plus que je ne l'aurais pensé. Je commençais à me dire que j'avais fait quelque chose de mal, que le problème venait de moi. Mon manque d'expérience de ce point de vue lui avait-il fait peur ? Réalisant cela, je serrais un peu plus la serviette contre moi, me sentant vraiment mal, je me sentais nulle, je me sentais si minable que les larmes me montèrent aux yeux. Mes incertitudes refirent surface.
Je n'étais pas assez bien pour lui, déesse ou non.
Quelque chose chez moi devait être repoussant au point que personne ne voudrait jamais de moi. M'allongeant sur mon lit, remontant la couverture qui avait gardé son odeur sur elle, je me mis à pleurer de plus belle, comme si un poignard était planté dans mon cœur et l'empêchait de battre convenablement, déclenchant à chaque mouvement de vie une vive douleur que rien ne semblait arrêter. Je me sentais tellement déplorable que j'avais envie que cela s'arrête, j'en était à vouloir mourir.
Pourquoi ?
Car jamais je n'avais ressenti un tel déferlement de sentiments en moi, et une douleur aussi intense. Je voulais tout lui donner, lui ouvrir mon coeur et lui donner mon corps, jamais je n'aurais pensé être capable de cela un jour et pourtant ... Etait-ce cela l'amour? Si tel était le cas, c'est un sentiment que je préférerais ne jamais avoir rencontré tellement il était douloureux, mon souffle était court, j'avais envie d'hurler cette douleur, ce sentiment de rejet que je ressentait, il me fallait exorciser cela, il me fallait me redresser et avancer comme toute personne en ce monde mais comment? je m'en sentait incapable, les forces que je ressentait en moi, cette confiance enfin acquise, venaient de m'abandonner une fois de plus.
Je n'ai pas senti le sommeil me saisir et m'appeler à lui, c'est en ouvrant les yeux que j'ai compris que j'avais passé le reste de la soirée et la nuit dans mon lit, et surtout en voyant le visage inquiet de ma mère qui me regardait avec amour. Elle posa sa main sur ma joue, forçant son sourire.
- qu'est ce qui ne va pas Claice ?
Je voyais bien dans ses yeux qu'elle était inquiète, et je ne voulais pas rajouter un drame à ce que nous vivions déjà, donc j'ai pris la décision de ne rien lui dire concernant Kerim. De toute manière, elle ne pourrait rien y faire, de plus il était son fils génétiquement parlant, et une mère n'irait pas à l'encontre des choix de son enfant.
- Rien Maman, il me faut juste le temps d'assimiler tous ces changements !
Elle me sourit, presque rassurée, pressentant je suppose ce qui s'était réellement passé. Ce qu'elle me confirma en se relevant et me faisant face. Elle était hésitante, se tordant les doigts, cherchant ses mots.
- Tant mieux, je pensais que tu avais eu un différend avec ton frère, et je dois avouer que cela nous aurait mis dans une situation un peu compliquée.
Elle me regarda discrètement, jaugeant ma réaction qui je dois l'avouer ne fus pas totalement contrôlée tellement le terme employé pour désigner Kerim me surprit.
- Mon frère???
Ce terme qui désignait Kerim me faisait froid dans le dos, je ne voulais pas qu'il soit mon frère, je voulais bien plus. Je me surpris à être heureuse de ne pas être leur fille biologique, alors qu'en temps normal je n'espérais que cela. Elle me regarda surprise puis arbora un large sourire, enfonçant un peu plus le couteau dans la plaie, insistant bien, me faisant bien comprendre qu'entre lui et moi il ne pouvait pas y avoir autre chose que de l'amitié ou de la fraternité.
- oui ton frère Kerim!
Bien des choses passèrent dans ma tête à ce moment-là, était-ce pour cela qu'il avait arrêté ce que nous avions entrepris la veille? Pendant son absence de ma chambre avaient t'ils aborder le sujet sans que je le sache? Je n'eu pas le temps de cogiter plus qu'elle m'assena le coup de grâce me fixant droit dans les yeux comme un ultime avertissement.
- D'ailleurs il te fait dire qu'il doit s'en aller quelque temps, donc il ne pourra t'aider à gérer les transformations en toi, il dit que tu as la force de le faire toi-même, au pire saches que je suis là pour toi ma chérie, quoi qu'il arrive.
Elle reposa sa main sur ma joue la caressant comme le ferait une mère aimante voulant encourager et rassurer son enfant sur l'avenir, mais au fond de moi, je savais que tout cela était une façade, je commençait à comprendre certaines choses sur ma vie, et je n'était rien de plus qu'un être que l'on devait protéger de quelque chose de bien plus puissant que lui. Je n'avais pas de mots, je la regardais, estomaquée, Kerim était donc parti après ... à cause de moi ... j'avais du mal à paraître neutre quant à cette annonce et mes larmes menaçaient une fois de plus d'inonder mes joues. Mes mains tremblaient, elle me regarda quelque peu surprise par ma réaction mais elle se leva et se dirigea vers la porte comme si de rien était, puis avant de partir me dit une dernière chose.
- Ah! Au fait, il faudrait te dépêcher, tu as cours dans une heure!
- Quoi?!
Criais-je plus fort que prévu, tournant sur moi même je fis face à mon réveil qui affichait 7h00, regardant par la fenêtre en effet le soleil était en train de se lever et la vie reprenait son cours dans les rues passantes de mon quartier. J'entendis la porte se fermer après le passage de ma mère et décidai de me lever. Je pris rapidement conscience que je m'étais endormie avec la serviette autour de moi. Fouillant dans mon placard je réussi à trouver des vêtements qui m'allaient, du moins qui faisait en sorte de m'aller. Je grimaçais en me regardant dans le miroir, NON, je ne pouvais décemment pas porter ces vêtements, mon jean ne fermait pas, mon tee-shirt ressemblait à un croc top un peu trop petit, mes sous vêtements ne me servaient à rien, bref, je ne pouvais pas me vêtir ainsi. Pendant un quart d'heure j'ai fait tous mes placards en quête de quelque chose qui pourrait convenir sans succès. Les robes étaient bien trop courtes et étroites, mes pantalons ne fermaient pas ou étant trop courts et mes pulls .... bref rien ne m'allait plus.
Un faible coup à la porte m'interpella, elle s'ouvrit doucement laissant apparaître Sylvia qui visiblement avait anticiper mon souci vestimentaire car elle tenait dans ses mains des vêtements que je ne connaissais pas. Elle ne me regarda pas dans les yeux préférant baisser la tête, puis me tendit les vêtements.
- Tenez mademoiselle Claice, Madame Elfy m'a dit que vous auriez besoin de vêtements un peu plus grands donc je suis aller vous en acheter ce matin en arrivant, j'espère qu'ils vous conviendront, nous irons en acheter d'autres ce soir à votre retour de cours.
- Merci beaucoup Sylvia, tu me sauves la vie!
Je pris les vêtements qu'elle tenait et me hâtais de les passer, Sylvia était une perle, personne d'autre qu'elle pouvait choisir des vêtements pour moi, elle connaissait mes goûts par cœur et savait quel style je voulais porter.
Une fois prête je jetais un dernier coup d'œil à mon apparence, en effet, elle avait le coup d'œil et avait choisit les vêtements parfaits pour moi, je portais un jean noir un peu slim, la taille était assez élastique ce qui me permettait de bouger sans ressentir de malaise, elle avait choisit une blouse de couleur sable assez fluide cachant ma nouvelle et prohiminante poitrine puis la tenue était surmontée d'une veste en cuir noir. Bien entendu elle avait aussi pensé à me prendre de nouvelles chaussures, des bottes arrivant à mi mollet, avec un talon haut mais assez épais, les talons aiguilles n'étant pas du tout fait pour moi. Je fis une queue de cheval à mes cheveux que j'avais du mal à dompter et j'étais enfin prête.
- qu'est ce que tu en penses?
demandais-je à Sylvia en me retournant vers elle, elle me fixait avec ce regard plein d'émerveillement qu'elle avait par moment quand je faisais quelque chose qui lui plaisait beaucoup. Elle me regardait de haut en bas, elle semblait encore avoir du mal à se faire à l'idée que c'était bien moi dans ce corps de déesse, je ne pouvais pas lui en vouloir, il m'était encore difficile de m'en convaincre moi-même.
- Magnifique, Mademoiselle Claice vous êtes magnifique une vraie déesse, réellement.
- Merci!
Je lui sourit mais repensa à Kerim, si tel était le cas pourquoi avoir fui ainsi? J'aurais tellement aimé avoir une explication à son geste. Il avait fuit, littéralement, comme un voleur. Sylvia me regarda un peu nerveusement, triturant ses doigts, ayant du mal à me regarder fixement.
- Que se passe t'il? ai-je dis quelque chose qu'il ne fallait pas?
Elle avait dit ces mots, la voix tremblante, je n'avais pas réalisé que mes pensées pouvaient se voir sur mon visage. Je me suis sentie coupable de ce sentiment de peur que je lui laissait ressentir.
- Non, bien sûr que non, tu es la seule personne en qui j'ai confiance et qui peut me dire avec franchise ce qu'elle pense, d'ailleurs, je vais faire appel à ton honnêteté. Penses- tu qu'un homme puisse me trouver repoussante?
Elle fut surprise par ma demande ne comprenant surement pas pourquoi je me posais ce genre de question. En effet, être une déesse ne me donnait pas le droit de douter de ma beauté naturelle, mais pour être honnête, j'en doutais sincèrement. Elle me répondit, un peu hésitante.
- Non, Mademoiselle Claice vous êtes l'incarnation de la beauté, vous êtes d'une gentillesse et d'une bienveillance que beaucoup devraient vous envier, je ne vois sincèrement pas ce qui serait repoussant chez vous pourquoi dites vous cela?
Ces mots me faisaient chaud au cœur, et je décidai de m'ouvrir plus à elle, lui expliquant la raison de ce questionnement.
- Hier, j'étais avec un homme, nous étions sur le point d'aller plus loin, et d'un coup il est parti sans un mot, juste en me disant qu'il ne pouvait pas, je me demandai ce qui avait pu le faire fuir ainsi.
Elle me sourit, puis elle posa une main sur mon avant bras avant de me répondre, ou du moins de me parler avec franchise.
- Ne pensez pas que cette réaction soit de votre fait, comme je viens de vous le dire vous êtes une personne en or, beaucoup y gagnerait à être plus comme vous.
Elle me sourit, puis prenant conscience de l'heure, me donna mon sac.
- Vite mademoiselle Claice vous allez être en retard en cours!
Bien que j'aurais aimé parler un peu plus avec elle, je ne pu oublier que je devais m'en aller, et une fois de plus me rendre en cours, là où je n'étais pas la bienvenue.
...