~~~SAFIATOU SYLLA
Je claque la porte de la chambre avec violence. Je suis à bout de nerfs. Si personne ne me calme, je vais finir par tuer quelqu'un aujourd'hui. Et probablement ici, sur place.
Je respire avec difficulté, tant je suis en colère. Myriam se prend pour qui ? Comment ose-t-elle me donner des limites comme si j'étais sa fille ?
Elle rêve si elle pense que je vais me rabaisser en retournant avec Bocar. C'est du passé, Bocar. Et un mauvais passé, en plus. Après ce qu'il m'a fait, il peut aller se faire voir.
Il m'a trompée, il m'a humiliée, il m'a abandonnée. Et maintenant, il veut me récupérer ? Il croit que je vais lui pardonner ? Il croit que je vais oublier ?
Jamais de la vie ! Je préfère mourir que de lui donner une seconde chance !
Quelqu'un toque à la porte et je sursaute. Je me lève et vais ouvrir. C'est Madelaine.
-Wa Safi, qu'est-ce que tu fais ici ? Et...où sont les glaces ? Me demande-t-elle.
Je soupire d'exaspération en lui tournant le dos. En effet, j'avais prévu d'acheter des glaces pour nous, mais malheureusement Myriam était là en train de faire la même chose. Elle m'a énervée et à la fin je n'ai pas pu les prendre.
-J'ai eu un léger vertige, alors je suis venue me coucher en attendant que ça passe. Lui dis-je comme mensonge en m'asseyant sur le rebord du lit.
Elle s'approche de moi et pose sa main sur mon front.
-Ah bon ? Mais ça va mieux maintenant ? Me demande-t-elle, inquiète.
-Oui, ne t'inquiète pas. C'est juste la chaleur, lui répondis-je.
-Pourquoi rester ici alors ? Allons dehors.
Je voulais répliquer, mais je laisse tomber et finis par la suivre. J'espère juste ne pas croiser la g***e de Myriam.
~~~MALAL NDIAYE
Mon téléphone sonne juste après que j'ai fini ma prière. Je plie ma natte avant de le prendre, mais je regrette aussitôt.
Message d'un numéro inconnu :
"Salut mon amour"
Je reconnais tout de suite la personne, cette idiote de Lary. Elle me tape sur les nerfs. Mais je décide de jouer le jeu.
Ma réponse :
"C'est qui ?"
J'attends quelques secondes et elle me répond.
Sa réponse :
"Arrête avec ça s'il te plaît. Qui d'autre pourrait t'appeler amour à part moi ?"
Ma réponse :
"Désolé, mais tu t'es trompée de numéro."
Je pose mon téléphone sur mon lit et prends les vêtements que j'avais sortis pour m'habiller. Je n'ai pas de temps à perdre avec elle. J'ai rendez-vous avec une autre fille, une fille que j'ai rencontrée en ville et qui me plaît.
Alors que je me parfume, un autre message arrive. Franchement, je n'ai jamais rencontré une fille aussi tenace qu'elle. Vraiment, elle est insupportable.
Son message :
"Je sais que tu m'en veux en ce moment, mais ce n'est pas grave. J'ai le bras cassé depuis trois jours, et comme ça fait longtemps que tu ne m'as pas appelée, je voulais te le dire. Peux-tu venir chez moi s'il te plaît ? Ne t'inquiète pas, ça ne sera pas long, je veux juste te dire quelque chose d'important."
Je lis et relis le message plusieurs fois pour essayer de déceler une éventuelle vérité, car je la connais, mentir fait partie de sa vie.
Elle est tout à fait capable de mentir même quand il s'agit de sa santé. Après mûre réflexion, je décide d'y aller pour savoir ce qu'elle a de si "important" à me dire.
[...]
Une fois arrivé sur place, je reste un long moment dans ma voiture, hésitant à sortir. Finalement, je le fais.
Je toque à la porte et j'attends qu'elle vienne m'ouvrir, ce qu'elle fait dans la minute qui suit. La première chose que je fais, c'est regarder son bras pour vérifier si elle me disait la vérité ou non, et effectivement, elle disait vrai.
-Ah, tu es là !? Dit-elle avec un grand sourire en se décalant de la porte pour me permettre d'entrer dans la maison.
Je ne lui rends pas son sourire. Je suis méfiant. Qu'est-ce qu'elle me veut ? Quel est son plan ?
Je rentre dans la maison sans dire un mot. Je la suis jusqu'au salon où elle m'invite à m'asseoir sur le canapé.
-Alors, comment tu vas ? Me demande-t-elle.
-Bien. Et toi ? Lui répondis-je par politesse.
-Bien aussi. Tu sais, je suis contente que tu sois venu. J'avais peur que tu ne viennes pas. Dit-elle.
-Pourquoi tu m'as appelé ? Qu'est-ce que tu as à me dire ? Lui demandai-je sans détour.
Au lieu de me donner une raison valable, elle est là à me raconter n'importe quoi, essayant à tout prix de me faire entrer dans son délire.
Rien que la voix de Lary me met hors de moi. Parfois je me demande même comment j’ai pu me mettre en couple avec une matérialiste de cette sorte.
-Bon Lary, il est temps pour moi de m’en aller. J’ai un rendez-vous, il ne faut en aucun cas que je le rate.
-Tu as un rendez-vous avec qui Malal ?
-Pardon, mais en quoi ça te regarde ? Répliquai-je sévèrement.
-Oui, oui, tu as raison. Attends, je vais te servir quelque chose à boire. Depuis que tu es là, tu n’as rien bu, ajouta-t-elle en se levant, sans même attendre ma réponse.
Elle revint après quelques instants avec un verre de jus local, un sourire indescriptible se dessinant sur ses lèvres.
Pour ne pas être désagréable, je bus la moitié du jus avant de reposer le verre sur la table.
-Excuse-moi pour la question de tout à l’heure. Damasopp rek wayei xamna ni que sama yoone nekoussi (Je sais que je suis curieuse). D’ailleurs, c’était la raison pour laquelle je t’ai fait venir. Je me rends compte maintenant que je t’ai perdu. Je sais aussi que je t’ai fait beaucoup de mal. De ce fait, j’aimerais te demander pardon et te dire que je te souhaite tout le meilleur pour le reste à venir. Sois heureux Malal, car franchement tu le mérites.
Pendant qu’elle parlait, je commençais à bailler sans cesse.
-C’est pas grave. Je dois y aller.
Je voulais me lever afin de partir une bonne fois pour toutes, mais elle me retint encore. Non mais qu’est-ce qu’elle me veut à la fin ?
-Reste un peu, s’il te plaît. Ta présence me fait du bien. Je me sens tellement seule ici.
Je soufflai d’exaspération avant de me rasseoir en fixant ma montre toutes les deux minutes. Je risquais d’être en retard.
Je ne sais pas pourquoi, mais subitement, j’avais commencé à avoir sommeil.
C’était limite insoutenable. Je ne sais même pas à quel moment je suis tombé dans les bras de Morphée alors que j’avais un rendez-vous.
~~~LARY SÉYE
Oh, que je suis ravie !
Sérieusement, Malal pensait que j’allais le laisser partir à son rendez-vous aussi facilement que ça ? Jamais ! Il est à moi et je ne laisserai jamais aucune autre femme me prendre ce qui m’appartient…
Malgré le fait que je suis obsédée par son argent, j’aime Malal de toutes mes forces et ça me fait du mal de l’imaginer avec une autre.
Donc je ne pouvais pas rester les bras croisés.
J’imagine déjà la tête que sa nouvelle copine va faire quand elle sera lasse d’attendre mon homme.
Ça fait des minutes que je suis là à le regarder dormir. Qu’il est mignon quand il dort. On dirait un ange.
Je me lève. Je m’approche de lui. Je l’aide à se coucher sur le fauteuil. Je ne ressens aucune douleur au niveau de mon bras en l’aidant, et c’est normal car il ne m’est rien arrivé.
J’ai simplement plâtré mon bras avec l’aide d’un bon ami médecin afin de me victimiser devant Malal. C’était mon seul recours pour qu’il vienne chez moi.
J’entends son téléphone sonner et je décroche rapidement pour marquer mon territoire.
-Bébé, où es-tu ? Je t’attends là.
-Bébé, vraiment ? Non mais tu as du culot, toi. Tu n’as franchement pas honte de voler le mec des autres ? Est-ce qu’il est le seul homme sur terre ? Ne t’avises plus jamais d’appeler mon homme, d’ailleurs il est là, couché à mes côtés, en train de dormir comme un ange, pendant que tu attends là-bas comme une attardée. Allez ciao, espèce de voleuse !
Je raccroche ensuite. Je suis trop contente et satisfaite de moi. C’est sûr qu’après tout ce que j’ai dit, cette femme ne voudra plus rien savoir de Malal. Donc j’ai le champ libre pour le reconquérir, mais aussi pour obtenir l’argent dont j’ai besoin.
~~~OMNISCIENT
Talla venait tout juste de rentrer à la maison après une longue journée de travail. Il était fatigué et stressé, mais il espérait retrouver le sourire en voyant sa femme Ramatoulaye, qu'il aimait plus que tout. Il ouvrit la porte de la chambre et fut surpris de la voir couchée sur le lit, les yeux fermés, la main droite caressant tendrement son ventre. Elle avait l'air si paisible et heureuse qu'il ne put s'empêcher de sourire à son tour.
-Bonsoir chérie, lança-t-il d'une voix douce en s'approchant du lit.
Elle ouvrit les yeux et lui rendit son sourire. Elle se redressa légèrement et lui tendit les bras.
-Bonsoir mon amour ! Viens me faire un câlin !
Il se coucha nonchalamment à côté d'elle et l'enlaça avec tendresse. Il sentit son cœur battre plus fort en la serrant contre lui.
-Hum, ma femme est souriante aujourd'hui, que se passe-t-il ? Questionna-t-il curieusement.
Elle prit doucement la main de son mari avant de la poser sur son ventre, affichant un sourire radieux.
-J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer, mon amour.
-Quoi donc ? Demanda-t-il intrigué.
-Je suis enceinte, mon amour. Nous allons avoir un bébé !
Talla resta bouche bée pendant quelques secondes. Il n'en revenait pas. Il allait devenir père à nouveau ! Il se souvint du jour où il avait appris qu'elle était enceinte des jumelles.
Il avait ressenti la même joie immense, le même bonheur indescriptible. Il regarda sa femme dans les yeux et vit qu'elle attendait sa réaction.
-Oh, désolé, c'est juste que je suis vraiment content. Merci beaucoup Ramatoulaye. Encore une fois, tu fais de moi l'homme le plus heureux de tous.
Il l'embrassa passionnément sur les lèvres, puis sur le front, puis sur le ventre. Il murmura des mots d'amour à son oreille.
-Mon bonheur est indescriptible, mon amour. Je t'aime.
-Moi encore plus.
Ils se firent ensuite un très long câlin, témoignant du bonheur inouï qui les submergeait. Ils se sentaient comblés et bénis par la vie. Ils savaient qu'ils allaient vivre une nouvelle aventure ensemble, pleine d'amour et de joie.
(…)
Pendant ce temps à Saly, Madelaine se baladait au bord de la mer en pensant incessamment à sa vie. Elle était venue à Saly pour se changer les idées, pour oublier un peu les problèmes qu'elle avait à Dakar.
Elle avait besoin de calme, de sérénité, de paix. Ses pensées étaient parfois belles, parfois douloureuses, mais elle ressentait malgré tout une certaine stabilité. Elle se disait qu'elle avait encore une chance de trouver le bonheur, qu'elle n'était pas condamnée à souffrir éternellement.
Cette stabilité prit malheureusement fin lorsqu'elle aperçut Makhtar qui, d'ailleurs, se baladait également. Elle le reconnut immédiatement, malgré la distance qui les séparait. Il portait un polo blanc et un short bleu, il avait les cheveux courts et la barbe bien taillée.
Il avait l'air détendu et insouciant, comme s'il n'avait rien à se reprocher. Madelaine sentit la colère monter en elle.
Elle qui pensait que son séjour à Saly se passerait merveilleusement bien, voilà qu'elle se retrouvait devant 1'homme qui était devenu la principale source de ses récents problèmes.
Elle voulut rebrousser le chemin pour rentrer à sa chambre mais Makhtar la reconnut et l'interpella. Il courut vers elle et la retint en tenant fermement sa main.
-Salut Madelaine, dit-il avec un sourire forcé.
-C'est quoi ton problème Makhtar ? Ne peux-tu pas me laisser respirer un peu ? Depuis que je te connais, je n'accumule que des problèmes, p****n ! S'exclama-t-elle très énervée.
Elle essaya de se dégager de son emprise, mais il ne la lâcha pas. Il la regarda dans les yeux et lui dit :
-Justement, Madelaine, je voulais m'excuser du fond du cœur pour le comportement que….
-Tu n'entends pas, Makhtar, ou quoi ? Laisse-moi tranquille ! Cria-t-elle presque.
Makhtar allait répliquer, mais à son plus grand malheur, sa femme Ndellah fit son apparition, très énervée. Elle avait suivi son mari discrètement depuis qu'il était sorti de leur chambre d'hôtel. Elle avait senti qu'il lui cachait quelque chose et elle voulait savoir quoi.
Quand elle vit qu'il rejoignait Madelaine sur la plage, elle comprit tout de suite ce qui se passait. Elle entra dans une rage folle et se précipita vers eux en hurlant :
-FRANCHEMENT, NAK MADELAINE, J'AI L'IMPRESSION QUE TU NE CESSES DE ME PROVOQUER ! C'EST QUOI TON PROBLÈME AVEC MON MARI ? TU VEUX QUOI AU JUSTE ? LE SÉDUIRE ? LE VOLER ? LE DÉTRUIRE ? QUE FAIS-TU À SALY, BON SANG ?! Cria Ndellah.
-Hey, Ndellah, calme-toi, ce n'est pas ce que tu crois, tenta Makhtar.
-FERME-LA TOI ! TU ES SANS VERGOGNE, ESPÈCE DE s****d. COMMENT OSES-TU ME FAIRE ÇA ? COMMENT OSES-TU ESSAYER DE ME TROMPER AVEC CETTE FILLE ? TU N'AS PAS HONTE MAKHTAR ? NON MAIS JE SUIS DÉÇUE... ÉNORMÉMENT DÉÇUE ! Continua Ndellah.
Elle criait tellement fort qu'elle attira l'attention de tout le monde. Bocar et Maryam, qui étaient juste à côté, accoururent pour voir ce qui se passait. Ils furent choqués de voir Madelaine, mais ils essayèrent de calmer Ndellah.
-Ndellah, arrête de crier, tu vas nous faire remarquer, lui dit son frère.
-Oui Ndellah, écoute ton mari, il y a sûrement une explication, dit Maryam.
-UNE EXPLICATION ? VOUS VOULEZ UNE EXPLICATION ? REGARDEZ-LES ! REGARDEZ COMMENT IL LA TIENT PAR LA MAIN ! REGARDEZ COMMENT ELLE LE REGARDE ! ILS SONT AMOUREUX ! ILS SE FOUTENT DE MOI ! Hurla Ndellah.
Madelaine avait décidé de garder le silence. Elle ne voulait pas entrer dans le jeu de Ndellah. Elle savait que c'était inutile de lui parler. Elle savait que Ndellah était folle de jalousie et qu'elle ne comprendrait jamais la vérité.
Elle savait que Makhtar voulait juste s'excuser pour le comportement de sa femme. Elle savait qu'elle n'avait rien à se reprocher.
Quand Ndellah commença à l'insulter de tous les noms, Madelaine en eut assez. Elle arracha sa main de celui de Makhtar et partit en direction de sa chambre. Elle voulait rejoindre sa jumelle dans leur chambre. Elle voulait oublier cette scène horrible.
Quant à Makhtar, il était tellement énervé qu'il ne dit rien à Ndellah. Il se contenta de la regarder avec mépris. Il était hors de question qu'il reste une minute de plus avec elle.
Il était tellement dégoûté par son attitude. Il était déçu de n'avoir pas pu obtenir le pardon de Madelaine. Il était triste d’avoir été à nouveau témoin d’une telle scène à cause de sa femme.
Il se dirigea vers sa chambre pour prendre ses affaires. Il voulait rentrer chez lui. Il voulait fuir cette situation infernale.
Sa femme le rejoignit après quelques instants. Elle avait cessé de crier. Elle avait compris qu'elle avait fait une erreur. Elle avait peur de perdre son mari.
-Tu comptes aller où comme ça Makhtar ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante.
-Je rentre, répondit-il séchement.
-Tu comptes me laisser ici ? Insista-t-elle.
-m***e Ndellah. Tu entends ? m***e ! Lâcha-t-il.
Il prit par la suite ses affaires et s'en alla. Il ne se retourna pas. Il ne lui adressa pas un regard. Il ne lui dit pas un mot. Il la laissa seule, en pleurs, sur le seuil de la porte.
~~~ISSEU NIASS
Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision. J'ai décidé de chercher un travail pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants.
Je ne peux pas rester les bras croisés et attendre que Dieu me vienne en aide. J'ai déjà vendu tous mes bijoux et je n'ai plus rien à vendre. Je dois me battre pour survivre.
Bien sûr, mes enfants me disent qu'ils n'ont pas besoin de mon argent. Ils me disent qu'ils sont grands et qu'ils peuvent se débrouiller seuls.
Mais je sais qu'ils mentent. Je sais qu'ils auront besoin de mon soutien tôt ou tard.
Je suis leur mère, après tout. C'est mon rôle de m'occuper d'eux. C'est mon rôle de les aider à réaliser leurs rêves. C'est mon rôle de leur donner le meilleur.
Alors, ce matin, je me suis levée tôt et je suis sortie dans la rue. J'ai commencé à faire du porte-à-porte pour demander s'ils n'auraient pas besoin d'une femme de ménage. Ah, la vie est tellement imprévisible !
Qui aurait cru qu'un jour je serais là à faire cela ?
Moi, Isseu Niass, qui étais autrefois secrétaire dans une grande entreprise de restauration, me voilà sur le point de devenir femme de ménage.
Que le destin est capricieux !
Bref, après avoir essuyé plusieurs refus, je vois une grande maison dont la devanture est de couleur saumon. Elle a l'air luxueuse et bien entretenue. Ça sent la richesse ici. Je me dis que c'est peut-être ma chance. Je prends mon courage à deux mains et j'y entre.
Je vois une femme assise dans la cour, qui est d'ailleurs très bien décorée avec des fleurs. Elle lit un magazine en sirotant un jus d'orange. Elle a l'air détendue et sereine.
-As-Salam Anlleykum, dis-je en m'approchant d'elle.
-Wa'Anleykoum Salam, répond-elle en levant les yeux vers moi.
Elle me dévisage avec curiosité. Elle semble surprise de me voir.
-Auriez-vous besoin d'une femme de ménage ? Demande-je timidement.
Elle me regarde avec intérêt. Elle semble réfléchir.
-Oui, oui, nous en avons besoin, dit-elle finalement. Tu travailleras tous les jours sauf le dimanche, de 8h à 16h. Tu t'occuperas du ménage, du repassage et du jardinage. Tu seras payée 50 000 francs par mois. Ça te convient ?
J'écarquille les yeux. C'est une offre très généreuse. C'est plus que ce que j'espérais.
-Oui, ça me convient, dis-je avec enthousiasme.
-D'accord, dit-elle avec un sourire. Tu veux commencer aujourd'hui ou tu attends demain ?
-Aujourd'hui, c'est bon, dis-je sans hésiter.
-D'accord, dit-elle en se levant. Louise, tu vas la guider et lui expliquer les règles à respecter, dit-elle à une femme qui venait d’arriver en notre direction.
-D'accord, madame, dit Louise.
-Mettez-vous au travail alors, dit la femme en reprenant son magazine.
Louise me fait signe de la suivre. Je la suis sans dire un mot. Je suis heureuse d'avoir trouvé un travail. Je remercie Dieu pour cette opportunité.
Je ne fais pas attention à la façon dont la femme me tutoie ouvertement, comme si nous étions amies depuis longtemps. Je ne fais pas attention à son ton hautain et condescendant. Je ne fais pas attention à son regard méprisant et arrogant.
Je ne fais pas attention à tout cela, car je sais que ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est que j'ai trouvé un travail et que je compte bien m'y accrocher, insha'Allah.