Le Lamartin Beach Resort

1565 Words
~~~MADELAINE SYLLA J'ai enfin réussi à m'éloigner de ce cercle vicieux qui m'asphyxie depuis quelques jours ! J'en avais assez de devoir me justifier sans arrêt devant des gens qui, à mes yeux, ne méritent même pas mon attention. À force de trop cogiter et de pleurer sans arrêt, j'ai cru que j'allais y laisser ma peau. Maintenant, je compte profiter pleinement de ces jours de liberté et remettre mes idées au clair. Je suis actuellement dans la chambre que je partage avec Safiatou, qui ronfle paisiblement. Cette fille est vraiment zen ! Mon téléphone sonne et affiche un numéro inconnu. Au début, je l'ignore, mais comme la personne insiste, je finis par répondre. -Allô ! Dit l'interlocuteur, qui s'avère être un homme. -Oui, allô ! Répondis-je avec insouciance. -Madelaine ? Demanda-t-il. -Oui, c'est bien moi. C'est qui ? -C'est moi, Cham's ! Je fronce les sourcils, étonnée. Je regarde le numéro pour vérifier. -Pourquoi m'appelles-tu sur ce numéro ? Et qu'est-ce que tu veux ? -Je n'avais pas le choix que de t’appeler avec ce numéro, puisque tu refuses de répondre à mon appel depuis mon numéro. Je trouve ça puéril de ta part, au passage. -Pour éviter de me prendre la tête avec toi, je te laisse deux minutes pour me dire pourquoi tu m’appelles sinon je raccroche tout de suite. -Maintenant, c'est comme ça que tu me parles ? Très bien. Il raccrocha, me laissant stupéfaite. Je décide de ne pas m'en faire et de le laisser dans sa rancune inutile. C'est à ce moment-là que nos cousines entrent dans la chambre et nous invitent à sortir pour nous balader un peu sur l'allée. ~~~OMNISCIENT Il est treize heures et quart quand la voiture de Makhtar Ndiaye se gare sur le parking du site Saly, après avoir dû faire un arrêt à une station essence pour acheter du gasoil, ce qui explique son retard habituel. Avec l'aide de son beau-frère, il sort les sacs et entre à l'intérieur. Makhtar avait réservé trois chambres, une pour lui et sa femme, et les deux autres pour Bocar et Myriam. Mais cela n'a pas du tout plu à Myriam, qui voulait absolument partager la même chambre que son copain. Pendant que Ndellah se rafraîchit dans la salle de bain, Makhtar réfléchit à un moyen de parler avec Madelaine. Il souhaite ardemment lui faire face et lui demander pardon, mais il espère que cette dernière sera clémente. Quant à Myriam, elle reprend ses valises et sort de sa chambre pour se diriger vers celle de Bocar, alors que Makhtar avait déjà payé. Il est hors de question pour elle de rester seule dans sa chambre. Arrivée là-bas, elle toque doucement à la porte et Bocar ouvre après quelques instants. Il est surpris de voir sa copine avec ses valises. -Que fais-tu ici, Myriam ? -Tu ne vois pas ? Je viens partager la chambre avec toi, bien sûr. -Il est hors de question que je partage la chambre avec toi. Le week-end n'est pas si long, alors fais preuve d'abstinence et retourne dans ta chambre. Je ne veux pas avoir de problèmes avec ma sœur, d'autant plus que son mari a déjà payé pour toi, ce serait du gaspillage. Elle lève les yeux au ciel et soupire d’exaspération. -Je me fiche de ce que tu dis. Tu sais quoi, Bocar, je commence vraiment à en avoir marre de ta sœur ! Ne peut-elle pas s'occuper de sa propre vie et nous laisser tranquilles ? Pousse-toi de là ! Dit-elle en entrant dans la chambre. Exaspéré par son entêtement, il finit par céder. (...) Allongé sur son lit, Cham's se sentait vraiment mal à propos du comportement de Madelaine. Il était déçu de la façon dont elle lui avait répondu. Il n'avait jamais pensé que Madelaine pouvait être aussi rancunière. Il avait l'intention de lui dire qu'il envisageait de l'épouser, mais Madelaine avait été si rude avec lui qu'il avait décidé de laisser tomber. Il était convaincu qu'elle reviendrait à de meilleurs sentiments. Il prit son téléphone et regarda les photos qu'il avait prises avec elle lors de leur dernier voyage. Il sourit en se rappelant les bons moments qu'ils avaient partagés. Il décida de lui envoyer un message pour tenter une réconciliation. -Madelaine, je suis désolé pour ce qui s'est passé hier. Je sais que tu es en colère contre moi, mais je t'en prie, ne me rejette pas comme ça. Tu es la femme de ma vie et je ne veux pas te perdre. S'il te plaît, rappelle-moi ou réponds-moi. Je t'aime plus que tout. Il appuya sur le bouton "envoyer" et attendit une réponse. Il attendit longtemps. Il attendit en vain. ~~~RAMATOULAYE DIALLO Après avoir mis un coup de déodorant, je prends mon sac à main et mes clés, puis je sors en direction de la clinique. Aujourd'hui, j'ai pris rendez-vous avec le docteur Keïta pour passer quelques examens. En effet, ces derniers jours, je me sens constamment fatiguée, sans avoir fait d'effort particulier. J'ai également des vertiges dès que l'odeur d'un parfum me chatouille les narines, et je vomis tout ce que j'avale. Je me demande ce qui ne va pas chez moi. Est-ce que je suis malade ? Est-ce que je suis stressée ? Est-ce que je suis enceinte ? Finalement, quelques minutes plus tard, j'arrive à la clinique et je me dirige directement vers l'accueil. -Bonjour, dis-je poliment. -Bonjour madame. Que puis-je faire pour vous ? Me demande la réceptionniste. -J'ai pris rendez-vous avec le docteur Keïta. Est-ce qu'il est là ? -Oui, oui. Veuillez vous asseoir en attendant que je le prévienne. -Merci. Conformément aux indications, je patiente dans la salle d'attente, comme les autres patients. Pendant ce temps, je décide d'envoyer des messages à Safiatou pour prendre de leurs nouvelles. Je ne peux pas rester une journée entière sans avoir de leurs nouvelles. Ensuite, j'entends le docteur m'appeler. En entrant dans son bureau, je le vois s'installer à son bureau. -Ah, Madame Sylla, vous êtes venue ! Comment allez-vous ? Dit-il en me serrant la main. -Ça va, oui, docteur. Et vous ? Lui répondis-je. -Très bien merci. Allons faire quelques tests pour évaluer votre état de santé", dit le docteur en se levant. Sans attendre, je me lève et le suis. Il me fait un prélèvement sanguin. En attendant les résultats, nous discutons un peu. Je lui pose quelques questions sur les symptômes que je ressens. -Bon, Madame Sylla. Selon les résultats, il s'avère que vous êtes enceinte de deux semaines et trois jours. Félicitations ! Annonce-t-il avec un sourire. -Euh... merci ! Dis-je simplement. J'étais ébahie, car je ne m'y attendais pas du tout. Mais néanmoins, j'étais heureuse de savoir qu'il y avait un petit Talla qui grandissait en moi. Le simple fait d'y penser me fait sourire de bonheur. "Dieu fait vraiment des merveilles !", pense-je. Je remercie le médecin avant de sortir. La joie que je ressens est incommensurable. Je vois déjà la réaction de mon mari lorsque je lui annoncerai cette nouvelle. ~~~BOCAR DIENG Pfff ! Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi Ndellah m'a embarqué ici. Elle aurait pu venir avec son mari et me laisser tranquille, mais il fallait qu'elle nous impose sa présence. Elle a prétendu que c'était pour nous faire plaisir, pour nous offrir un week-end de détente, pour nous rapprocher. Mais je sais que c'est faux. Je sais que c’est pour une autre raison. D'ailleurs, en parlant de son mari, je pense même que notre présence le dérange, vu sa froideur et son visage crispé. Et je crois que cette attitude est liée à sa femme. Ces derniers temps, ils se disputent trop pour je ne sais quelle raison, mais ça doit être vraiment grave. Car connaissant bien ma sœur, elle ne crée pas des problèmes juste comme ça, malgré tous ses défauts. -Mon amour, sortons nous promener dehors. Il fait chaud ici, dit Myriam qui était couchée sur le lit. -Va prendre une douche, lui répondis-je. -Tu veux dire reprendre. Je veux sortir de cette chambre, j'étouffe, insiste-t-elle. Je soupire d'agacement. -Bon, va-y alors. Moi, je reste ici, lui dis-je. -Comme tu veux, répond-elle en enfilant ses sandales et en sortant. Je chuchote un "Al-hamdoulilah" à peine qu'elle franchit la porte. Je n'en peux plus d'elle, elle me saoule à vrai dire. *Quelques minutes plus tard* Lassé de fixer l'écran, je finis par sortir moi aussi pour aller la rejoindre. Le fait de sentir l'air frais me procure un bien fou. Je la cherche du regard et la vois devant un glacier, mais bizarrement, elle n'est pas seule. Il y a une fille qui l'accompagne, mais je ne parviens pas à voir son visage puisqu'elle est de dos. Je décide de les rejoindre. En me voyant me diriger vers elles, Myriam court vers moi. -Qu'est-ce que tu fais ici ? Me questionne-t-elle avec une mine inquiète. -C'est quoi cette question ? Je suis sorti prendre l'air, comme toi. Lui répondis-je. Elle tourne la tête vers le glacier pour regarder quelque chose. Peut-être la fille, mais elle soupire de soulagement et me fixe en souriant. -Allons à la plage, dit-elle en me tirant le bras avant que je ne puisse répliquer. Je me laisse entraîner par elle sans comprendre ce qui se passe. Qui est cette fille ? Pourquoi Myriam semble-t-elle si nerveuse ? Qu'est-ce qu'elle me cache ?
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