Le palais royal de Rabat s’éveillait dans la douceur de l’aube, ses murs ocre baignés par une lumière pâle qui filtrait à travers les palmiers du jardin. Les fontaines murmuraient, et l’odeur des orangers emplissait l’air, mais pour Leïla, 18 ans, ce décor familier semblait soudain étranger. Dans quelques heures, elle quitterait le Maroc pour Dubaï, contrainte d’épouser le prince Karim, un homme qu’elle n’avait jamais rencontré, pour effacer une dette obscure liée à un marché d’armes clandestin. Assise sur un divan brodé dans sa chambre, elle ajustait son hijab blanc, ses doigts tremblants trahissant son tumulte intérieur. Étudiante en littérature, passionnée par les vers de Rûmî et les romans de Tahar Ben Jelloun, Leïla rêvait d’un avenir libre, d’un amour choisi. Mais ce matin, ses rêves

