Le soleil coule encore entre les aiguilles, déposant sur ma peau un dernier souffle de chaleur, mais l'air s'engouffre froid et me fait frissonner. J'inspire profondément ; contre toute attente, une quiétude étrange m'enveloppe — une impression d'être à l'abri, tenue. La brise me traverse à nouveau et je serre les bras contre ma poitrine pour garder un peu de chaleur. Un éclair de douleur fulgure dans mon bras droit lorsque je tente de bouger, comme un coup qui me cloue sur place. La confusion me gagne, puis la conscience revient par vagues : je suis portée. Je lève les yeux. Le visage de Jake occupe tout mon champ de vision. Il paraît maître de lui, froid en surface, mais sa mâchoire serrée et ses lèvres minces trahissent une colère contenue. Nos regards se croisent et un rouge me monte

