Alice
Une fois sur la piste, l'air frai d'Espagne envahit mes narines. Mon rêve était de visiter l'Espagne, et ça Will le savait.
Une fois sur la route, je vais essayer d'attirer l'attention de quelqu'un pour m'échapper des griffes de mon ex meilleur ami.
Une Berline noir avec vitre fumée s'arrête devant nous, ah ben avec ses vitres ça va être un peu délicat d'attirer l'attention. Le chauffeur nous ouvre la portière arrière, nous montons sur la banquette. La voiture roule pendant une demi-heure, aucun signe de vie.
Mon cœur rate un bon quand je constate que le véhicule se gare devant un hélicoptère, je jette un coup d'œil dans la direction de Will. Concentrer sur son téléphone, il prend la parole,
-Alice je te connais que trop bien, et je sais ce que tu avais en tête, avec un hélicoptère il est fort probable que personne ne t'entende crier ou faire l'un de tes tapages ridicules, en plus là où l’on va, il n’y a pas ne serait-ce qu'une âme de vie, en achetant la maison j'ai bien précisé qu'elle soit du moins isolé. Dit-il sans le regard toujours sur son mobile.
-et bien sûr monsieur est fier de lui, lâchais-je avec agacement.
-très fier même.
Le chauffeur revient pour nous ouvrir la portière, à croire qu'on n'a pas de main pour le faire nous même.
Je sais que quand je franchirais les portes de cet hélicoptère cela veut dire que je n'aurais aucune échappatoire. Prise de panique, je pousse le chauffeur et avec l'usage de mes jambes je cours à l'inverse de la voiture. Les cris menaçant de William se font plus loin, je suis plutôt futée et rapide, donc j'ai pris de l'avance sur lui. Je cours sans jamais m'arrêter.
Après quelques instants de marathon, j'aperçois un homme de loin,
-hey ! Criais-je
-au secours,
Une fois arrivée jusqu'à lui, totalement essoufflée.
-je....enlevée...mafia....ami....Chicago...Espagne...Isolé...téléphone maison.
Voilà ce que je réussi à dire. Et je me rends compte que sans le vouloir je viens de prononcer la phrase culte d'E.T
L'homme me dévisage ahuri, puis un sourire s'affiche sur ses lèvres,
-Bienvenida a España, ¿Vienes de Chicago?
-Oui! Oui ! Je viens de Chicago voilà!
-je vous en prie, vous avez un té...lé...pho...ne ?
-sí, voy a darte mi número de móvil.
-quoi? Non je veux un téléphone, pour appeler des gens de Chicago! Pas numéro, juste l'appareil, telefono,
-sí, puedes llamarme de Chicago, no hay ningún problema. Mira, deberás solamente marcar el número de teléfono de la persona con la que quieres hablar y te quedará algo como… +34 1 13 45 67 49 y listo así de sencillo puedes llamarme de Chicago a España.
Il me tend un petit papier ou il y a écrit son numéro de téléphone, et c'est précisément là, que je regrette d'avoir séché mes cours d'espagnol au lycée.
-hola señor, lo siento, mi prima es mentalmente retrasada, y es la primera vez que viene a España. Ella reacciona así a causa de su enfermedad.
Une voix que je connais entre mille se fait entendre, oh non il m'a trouvé, hein quoique ce n'était pas si difficile que ça. Et depuis quand il parle aussi bien l'espagnol, et qu'est ce qui lui raconte ?
-ah no pasa nada, que se mejore. Dit l’homme d’un air confus.
-gracias.
William m'attrape par le bras et me pousse en direction de l'hélicoptère, à force de marcher, je constate que j'ai couru une longue distance.
-qu'est-ce que tu lui as dit ? Lui dis-je
-Alice, tu vas me le payer ! Ton acte aura de lourdes conséquences ! Dit-il entre ses dents.
-lâche-moi ! T'es un malade ! Je ne veux pas venir avec toi, laisses moi rentrer chez moi, tu ne peux pas m'obliger à te suivre, je ne suis pas ta p****n de prisonnière ! Criais-je.
D'un coup il me tourne vers lui pour que je lui fasse face, mais je perds aussitôt mon équilibre et je tombe parterre comme une moins que rien, le sol dur contre mes fesses me fait énormément mal.
William me domine de toute sa hauteur, bras croisés, yeux noirs emplies de colère qui fixe les miens, les lèvres légèrement plissées à cause de sa colère. D'un pas assuré il s'approche encore plus de moi avec un air menaçant, il jure entre ses dents.
-lève-toi !
-non !
-lève-toi ne me fait pas répéter, car la prochaine fois je te traînerais par les cheveux !
L'épisode où il m'avait tiré par les cheveux me revient en tête, alors sans me faire attendre je me lève rapidement.
-bien, maintenant en s'en va, et tu vas rester tranquille ! Car si tu me refais encore ce coup-là, je tirerais une balle dans la tête de la personne, dit toi que tu auras leurs morts sur la conscience.
Ma bouche s'ouvre et se ferme, je n'arrive pas à y croire, il va vraiment tuer des personnes comme ça. Je ne le reconnais plus.
-tu...tu as dé...jà tué ?
-oui, j'ai déjà tué, et tu veux savoir ce que j'ai ressentis ? Rien, absolument rien, même pas une nuance de regret ! Maintenant tu bouges, sauf si tu veux une démonstration.
Des larmes commencent à rouler sur mes joues, je croyais le connaitre, Will n'est rien qu'un criminel sans cœur. Comment j'ai pu être ami avec lui.
Je m'avance vers l'appareil les bras pliés sur ma poitrine, tête baissée, je ne sais plus quoi faire. Je monte à l'intérieur, William prend place devant moi.
Une fois que ce dernier décolla, c’est les larmes aux yeux que je contemple le paysage, c'est bon cette fois il n y a plus rien à faire. Et moi qui disais que ma vie ne pouvait pas être pire.