LXXIV Speranza ! Depuis le soir où elle avait pu descendre une heure dans les jardins du château, Primevère n’avait plus reçu la visite de Lucrèce Borgia. Sa chambre – sa prison – demeurait fermée. Primevère était maintenant résignée à la mort. Son plan était d’une terrible simplicité. Elle avait conservé son poignard ; c’était là toute sa défense. Lorsque César paraîtrait, elle se poignarderait... Un soir, accoudée à l’appui de la fenêtre, il lui sembla qu’une ombre s’agitait sous sa fenêtre, au pied de la colossale statue dont elle dominait la tête de bronze. L’ombre, un homme, leva la tête vers elle, lui fit un signe. Et ce mot, jeté à voix basse, monta, à peine perceptible. – Speranza !... – Espérance ! murmura-t-elle. En est-il encore pour moi ?... Oh !... Si c’était possible !.

