Chapitre 5 SamanaDe toutes les personnes que j’avais interrogées après la catastrophe, Samana était celle qui semblait la moins affectée. La pointe de tristesse que j’avais aperçue dans son sourire au moment du départ du Safineh avait disparu après les événements. Elle acceptait la situation avec fatalité, presque avec soulagement. Comme si le drame avait mis un terme à ses propres souffrances. Comme si l’objet de ses angoisses s’était volatilisé. Elle ne me dissimula aucun épisode de sa vie, même les plus douloureux, mais elle sut rester digne. Elle ne recherchait pas la compassion. Tout cela s’inscrivait dans une histoire dont seul Allah connaissait l’issue. — Si j’étais sur ce bateau, c’est parce que Dieu l’a voulu. Si je suis en train de vous parler, c’est aussi parce que Dieu l’a v

