CHAPITRE 02 : La mort de l'oncle Charlie.

1924 Words
( El hadja Manroufath ) QUELQUES HEURES PLUS TARD J'ouvre mes paupières et je constatais que la petite soeur de la femme de l'oncle Charlie se tenait près de moi et elle m'éventaillait. Elle n'était pas la seule présente à mes côtés. Il y avait également quelques voisines du quartier qui m'avaient entourée. Apparemment je m'étais évanouie il y a un moment. Lorsque j'ai repris connaissance, la première question qui m'est venue à l'esprit était de savoir ce qu'est devenu mon petit fils Loukman. Personne ne voulait me répondre. On me faisait juste savoir que la femme de l'oncle Charlie était à l'hôpital. J'ai voulu également me préparer pour y aller mais les voisines qui m'entouraient m'en empêchaient. On me demandait de juste rester calme et que j'allais avoir des nouvelles de mon petit fils Loukman. Plus le temps passait, plus j'étais sans nouvelles de mon petit fils et cela me rendait très inquiète. Malgré tout ce que je disais pour pouvoir partir à l'hôpital, les voisines m'en empêchaient. Même si elles m'autorisaient à y aller, je ne pouvais pas me déplacer. J'étais tellement vielle et faible alors que je n'avais que 65 ans. Au bout de quelques heures, la femme de l'oncle Charlie débarquait à la maison. Elle était très en colère. Elle se mettait à m'insulter. Je n'arrivais pas à comprendre ce qui se passait. Même les voisines qui étaient autour de moi ne comprenaient pas les insultes que la femme de l'oncle Charlie faisait. Et ce n'était pas de simples insultes. Elle me traitait de sorcière, de mangeuse d'âmes etc... J'ai tout de suite deviné que quelque chose de mal s'était passé. Je n'avais plus le coeur en paix. Ses insultes ne me dérangeaient pas du tout. Je me souciais seulement du sort de Loukman. ( La femme de l'oncle Charlie ) Mon époux était quelqu'un de formidable. Personne ne lui voulait du mal dans le quartier. Un simple coiffeur que la plupart des personnes adoraient. Il était simplement génial. Même si l'amour n'était pas du tout rose entre nous, il faisait l'effort pour assurer son rôle de mari. Il avait des sentiments pour Mouïnath la mère de Loukman. Malgré que je sache cela, j'ai essayé de le séduire et nous avons finis ensemble. Jusqu'au jour d'aujourd'hui nous n'avons jamais réussi à avoir un enfant, mais il essayait de tout mettre en oeuvre pour être le mari idéal même s'il aimait une autre. Du moment ou j'étais déjà sa femme, il ne voulait pas me manquer de respect. C'était quelque chose que j'admirais chez lui. En effet, il y a quelques jours de cela, la mère de Mouïnath la contacter pour lui demander d'apprendre la coiffure à son petit fils Loukman. Je lui ai conseillé de ne pas accepter mais il ne m'a pas écouté. Il était toujours obsédé à l'idée de séduire Mouïnath la mère de Loukman en acceptant de faire cela. Voilà où les choses lui ont conduit. Pour la première fois que Loukman monte sur sa moto ils ont été victime d'un terrible accident de circulation occasionnant la mort de mon époux. Charlie est décidé directement pendant que Loukman n'avait aucune égratignure. Cela me semblait très mystérieux. Pourtant mes parents m'ont toujours mis en alerte à propos de la grande mère de Loukman. On m'avait fait comprendre qu'elle était une sorcière. Quand je suis retourné auprès d'elle à la maison, je me suis mis à hurler son nom de part et d'autre du quartier. Je criais au secours. Je demandais aux uns et aux autres de venir envahir le domicile d'El hadja Manroufath. J'avais besoin qu'on m'aide à la frapper. _ Tu as réussi à tuer mon mari. Tu étais derrière lui depuis un moment et tu n'avais jamais réussi à l'atteindre mais aujourd'hui tu l'as fait. Sorcière ! (M'écriais-je aussitôt que je suis rentré dans sa maison) J'ai voulu me diriger sur elle avec un marteau en main mais les dames qui l'entouraient m'en empêchaient. J'étais tellement en colère que je me suis défoulé sur une voisine qui essayait de prendre la défense d'El hadja Manroufath et nous avons commencé une atroce bagarre. On se jetait des objets et un désordre total s'en suivait. C'était le chaos absolu. Il aurait fallu que certaines voisines alertent les forces de l'ordre qui n'ont pas tardé à débarquer dans la maison d'El hadja Manroufath pour réclamer le retour au calme. J'ai été sérieusement tabassée. Moi qui voulais frapper El hadja Manroufath, j'ai été celle qui a reçu assez de gifles. Cette bagarre que j'avais déclenchée était terrible. (Loukman ) Lorsque j'étais sur sa moto ce matin et qu'il roulait, je voulais lui dire de faire attention car j'avais un mauvais pressentiment. Je voulais lui prévenir d'arrêter de bavarder en pleine circulation mais j'ignorais comment il allait le prendre. J'ai préféré me taire pour ne pas le vexer. Je me rends compte qu'au final, j'ai eu tord de me taire. Au moment ou j'avais ses mauvais pressentiment, mon coeur battait à vive allure et quelques minutes après l'accident se produit. Je remercie Dieu car je n'ai eu aucune blessure malgré l'état grave de l'accident. Contrairement à moi, l'oncle Charlie est mort directement. Sa mort a été mal prit par sa femme qui a faillit m'étrangler quant elle était venue nous rendre visite à l'hôpital. Ce sont les infirmiers qui l'on empêcher de me faire du mal. Après avoir passé deux heures à l'hôpital j'ai finalement été relâché. Pendant ce temps, les infirmiers attendaient que la famille de l'oncle Charlie arrive pour retirer le corps de ce dernier. Une fois que je suis sorti de l'hôpital, j'ai pris un taxi qui m'a conduit jusqu'à la maison. Je n'avais pas d'argent sur moi. C'était ma grande mère maternelle El hadja Manroufath qui avait réglé les frais. Mais bien avant cela, elle a faillit pleurer de joie quand elle m'a aperçu. Elle était au courant de l'accident que nous avons fait. Ensuite elle ma expliqué le désordre que la femme de l'oncle Charlie avais semé quand elle avait appris la mort de son époux. Même si cette femme avait tord d'accuser ma grande mère de sorcière, je compatissais à sa douleur. Ce n'est pas facile ce qu'on ressent quand on perd quelqu'un de très proche de nous. La mort de l'oncle Charlie fera de cette femme une veuve. Je me suis mis à pleurer. Je pleurais sans cesse. Ma grande mère m'a demandé de me calmer et que tout irait mieux pour moi. Quelques instants après, je suis allé prendre une douche. Il était 20 heures par là. Ma grande mère maternelle était très triste ainsi que moi. On n’avait même pas l'appétit de manger quoique ce soit. La mort tragique de l'oncle Charlie nous a plongés dans un état très bizarre. Je suis allé dans ma chambre me coucher même si je peinais à dormir. Ma grande mère maternelle était au salon. Mais avant d'aller me coucher elle m'a demandé de lui composer le numéro de ma mère Mouïnath. Elle aimerait l'a dire quelques mots. ( Mouïnath ) _ Tu es magnifique ma chérie. Je ne regrette pas d'avoir fait de toi la femme de ma vie. (Disait mon époux) _ Moi je regrette d'avoir perdu assez de temps avant de te rencontrer. Néanmoins je remercie Dieu de m'avoir permis de rattraper le temps perdu. Tu es un ange mon amour. (Répliquais-je) Mon époux et moi, on se faisait des compliments. C'était un entrepreneur. Il a battit sa propre entreprise et il évolue dans le monde de la cosmétique. Il était rentré d'un voyage d'affaires au cours duquel il avait passé deux semaines. Il m'avait énormément manqué. Dès son retour, je lui ai préparé son repas préférée et puis je lui ai préparé un bon bain également. Il n'avait qu'à se laver avant de passer à table. Cependant, il était sur le point d'aller se doucher quand on s'est mit à se complimenter. L'amour battait son plein entre nous deux. Je m'apprêtais à l'embrasser quand mon téléphone portable sonna. C'était ma mère El hadja Manroufath. En amont, j'ai ignoré son appel téléphonique. Ensuite j'ai saisi les lèvres de mon époux et on s'est embrassé. Il m'avait énormément manqué. La saveur de ses lèvres ma également manqué. Tout son corps m'avait carrément manqué. En avale, ma mère a insisté dans ses appels au point ou mon époux m'a obligé à décrocher. Sans plus attendre, je suis sortie du salon. Je suis allé au balcon et j'ai décroché. _ Maman qu'est-ce que tu me veux ? (Hurlais-je aussitôt que j'avais décroché) _ Tu es partie depuis un long moment et cela ne te gêne pas quand tu ne demandes même pas d'après Loukman ? Même si tu ne veux plus de lui, n'oublie pas qu'il est toujours ton fils. (Répondait ma mère) _ Tu as oublié que la dernière fois je voulais le jeter dans un puit. C'était toi qui m’as supplié d'arrêter. Tu m'as dit que tu allais prendre soin de lui. Du moment ou je te l'ai laissé, je me suis dis au fond de moi que je n'avais plus de fils. Pour moi Loukman est mort le jour où son père et moi avions été séparés. Je ne reviens pas sur ma décision maman. Loukman n'est plus mon fils. (Ajoutais-je) C'est ainsi que nous nous sommes mis à se disputer au téléphone. Elle me faisait comprendre que j'agissais très mal et que dans un futur proche, j'allais regretter ma décision d'abandonner mon fils. Elle se mettait à me maudire quand j'ai raccroché automatiquement. Je ne supportais plus de l'entendre parler. En effet, j'ai mis une croix sur ma vie du Bénin depuis que je suis arrivé aux Etats Unis. Durant ses dernières années, j'ai beaucoup souffert. Ma vie allait de mal en pire. Surtout avec le père de Loukman, cela n'avait pas du tout été la joie. Heureusement que les choses se sont terminés comme elles le devront et chacun avait pris sa route. Ma mère m'accuse d'être une mauvaise mère parce que j'ai renié mon fils. Si seulement elle pouvait savoir le mal que je ressentais à chaque fois que je regardais Loukman elle n'allait pas me parler ainsi. Même si je m'efforce de le rejeter, la vérité était que j'étais toujours amoureuse du père de Loukman. Mouchid BAKARI était le genre d'homme que j'ai toujours voulu avoir dans ma vie. J'avoue que même si les choses se sont mal passées entre nous, je l'aimais toujours. Je l'aimais tellement fort que j'ai tenté de me suicider plusieurs fois quand j'ai découvert qu'il m'avait manipulé. Savoir que j'ai vécue plus de cinq ans auprès d'un homme qui profitait de moi était la plus grande déception que je n'ai jamais eue dans ma vie. Bien que je sois toujours vivante, j'ai pris dans le temps certains poisons pour me suicider mais Dieu m'épargnait toujours. Alors, après avoir accouché Loukman, j'ai décidé de l'abandonner car je ne voulais plus me rappeler de son père quand je l'observe. Loukman était la photocopie conforme de son père Mouchid BAKARI. Me débarrasser de lui était la meilleure solution pour reconstruire une nouvelle vie. Je ne suis donc pas une mauvaise mère. Je suis juste une femme qui essaie de survivre et d'empêcher de déprimer. J'étais de bonne humeur aujourd'hui mais j'avoue que ma mère El hadja Manroufath m'a tellement énervée après la conversation téléphonique que nous avons eu. Dorénavant, je ne prendrai même plus ses appels. Elle et Loukman font désormais partie de mon passé. A suivre..
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