A NEW YORK
( Mouïnath )
Je quitte le balcon pour regagner le salon. Je m'installe à la table à manger en espérant que mon époux finit vite sa douche. Si cela ne tenait qu'à moi, je n'allais plus manger. Ma mère venait de gâcher mon humeur. Quelques instants plus tard, mon époux sort de la douche. Il se dirige vers la chambre à coucher et porte ses vêtements de nuits. Ensuite il me rejoint à la table à manger. Automatiquement que nos yeux se sont croisés, mon époux remarquait que j'étais de mauvaises humeurs. Il essayait de savoir ce qui n'allait pas mais je refusais de lui donner les explications qu'il espérait. Je lui disais simplement que tout allait bien.
_ Je sais que c'est l'appel téléphonique de tout à l'heure qui t'a rendu ainsi. Dit moi juste ce qui ne va pas s'il te plaît. Et si tu as des ennuis je pourrai t'aider. (Disait-il)
_ Je t'assure que je vais bien. (Rétorquais-je)
Malgré les insistances de mon mari à vouloir savoir ce qui m'arrivait, j'ai réussi à ne rien lui dire.
En effet, depuis que j'ai épousé Abayomi, je ne lui ai jamais tout dévoilé sur mon passé. Je ne lui ai pas du tout révélé que j'avais laissé une mère et un fils au Bénin. Je me faisais passer pour une jeune demoiselle qui est venu se débrouiller et réussir à construire une vie parfaite aux Etats Unis. Même quand il demandait d'après mes parents, je lui faisais comprendre que j'étais une orpheline et que je me suis toujours débrouillée toute seule dans la vie pour arriver là où je suis aujourd'hui. Lui dire maintenant que je parlais au téléphone avec ma mère lui fera douter de moi. Je ne veux pas perdre la confiance qu'il à en moi. Il est désormais ma seule et unique famille. Épouser Abayomi a été l'un des précieux cadeaux que la vie m'à offert après le désastre que j'ai vécue auprès du père de Loukman. C'était comme si la vie me donnait une seconde chance. Je me suis finalement efforcé de sourire afin de faire plaisir à mon homme. On a ensuite dégusté le repas que j'avais préparé. Les heures qui ont suivi notre dîner en couple, on a fait l'amour et c'était passionnant. Cela faisait bien longtemps qu'on ne m'avait jamais défoncée au temps. J'avais l'impression de vivre à nouveau le paradis sur terre.
( Abayomi )
AU LENDEMAIN
Déjà tôt le matin, je me suis réveillé puis j'ai pris un bon bain. Je devais aller rendre visite à mon meilleur ami Nasser Al Jazeera. C'est un marocain qui entreprend dans le domaine de la pâtisserie. Je lui ai averti de mon retour au pays et on avait fixé un rendez vous. En dehors du fait que je voulais passer du bon temps avec lui, on voulait également parler affaire. Quand j'étais prêt à sortir de la maison, j'ai réveillé ma chérie. Elle peinait à ouvrir les yeux mais elle les ouvra finalement.
_ Où vas-tu habillé de la sorte ? (Me demandait-elle)
_ Je vais rencontrer Nasser Al Jazeera. On doit se rencontrer aujourd'hui chez lui.(Répondais-je)
A la suite de mes mots, ma chérie se redressa.
_ Mais pourquoi ne pouvais tu pas me réveiller plus tôt afin que je te prépare un bon café ? (Demandait-elle)
_ Ne t'en fais pas ma chérie. Dès mon retour le soir, tu me feras un excellent repas. (Répondais-je)
Après avoir échangé quelques mots avec ma dulcinée, je suis sorti de la maison. J'ai pris un taxi qui m'a conduit chez mon meilleur ami Nasser Al Jazeera. La route fut longue mais je suis finalement arrivé au bout de trente minutes de circulation. Sa femme n'était pas à la maison. Il était tout seul et il mangeait du chocolat. Lorsqu'on s'est vu, on a hurlé de joie simultanément avant de pouvoir s'accolader.
_ Mais dit donc tu as changé mon frère ! (Disait-il)
_ En quoi ai-je changé ? (Répondais-je en souriant)
_ D'habitude le boulot fait maigrir les hommes mais le tient te faire prendre du poids apparemment. Tu grossis Abayomi. (Disait-il)
A ses mots on se mit à rigoler. Tout comme deux gamins, on riait sans cesse. C'était merveilleux de se revoir.
En amont, nous avons profité du temps que nous avons pour jouer à la aux jeux vidéos pendant quelques heures et en avale nous avons terminé notre journée autour d'un dîner entre pote. Ma femme Mouïnath n'arrêtait pas de m'appeler mais je ne décrochais pas. J'avais besoin de passer une journée entière avec mon meilleur ami sans être dérangé. Ce n'était qu'aux environs de 23 heures que je suis rentré à la maison. Mouïnath m'attendait. Elle n'était pas du tout contente de moi. Heureusement qu'elle m'aimait au point ou c'était impossible pour elle de se fâcher contre moi. Je l'ai expliqué les raisons qui m'ont poussé à ignorer ses appels téléphoniques et on s'est finalement compris. Fatigué, je suis directement allé me coucher.
( Nasser Al Jazeera )
J'ai été très ravi de revoir mon meilleur ami. Abayomi m'est vraiment précieux. Pour moi il est plus qu'un ami. Je le considère comme un frère. Nous avons galéré ensemble, nous avons grandit ensemble. Nous avons réussi à créer un lien qui dépasse celui de l'amitié, voir de la fraternité. Il n'existe carrément pas un mot pour qualifier la relation que nous entretenons. Passer une journée entière avec lui avait été très exceptionnel. Après avoir joué avec lui aux jeux vidéo comme deux gamins, nous sommes allés faire un tour dans les zones les plus chics de la ville. Une fois de retour à la maison aux environs de 23 heures dépassé de trente minutes, ma femme Anzimath était là. D'ailleurs elle m'avait réservé un mauvais accueil. Pile au moment ou mes pieds ont franchi le seuil du salon, elle s'est mise à hurler. Elle me criait dessus sans arrêt. Elle voulait savoir ce que je faisais dehors jusqu'à une heure pareille. Malgré les explications que je l'a donnais, elle ne voulait pas m'écouter. Et puisque je ne prêtais plus attention à ses hurlements, elle a ensuite décidé de casser tout ce qu'elle voyait. La télévision, les plats, le buffet, tout était en miettes. C'était comme si je vivais l'enfer sur terre. Ce n'était pas sa première fois. Anzimath est une femme bizarre. Parfois, je me pose constamment la question de savoir ce qui m'a poussé à la prendre en mariage. Cette femme ne me donne pas du tout la paix du coeur. Depuis que j'ai fait d'elle ma femme, le chaos ne cessait de me suivre partout où j'allais. Le pire dans tout cela, était qu'elle refusait de divorcer. Anzimath et moi sommes mariés depuis près d'un an. Pendant qu'on sortait ensemble, elle avait l'air tellement magnifique que je me suis précipité de me mettre en couple avec elle. Malheureusement, elle était semblable à une bombe à retardement. Le seul regret que j'ai de ma vie, est de l'avoir connue. Néanmoins, j'espère qu'un jour, je trouverai une solution pour la sortir définitivement de ma vie.
PENDANT CE TEMPS AU BÉNIN
( Loukman )
Me voici au lendemain de la mort de l'oncle Charlie. Je n'ai pas pu dormir d'hier jusqu'à l'heure actuelle. Très tôt le matin, j'étais déjà sur pied et je faisais mes travaux domestiques comme d'habitude. Ma grande mère maternelle était dans sa chambre. A la fin de mes travaux, je suis allé la réveiller. J'avais déjà mis de l'eau sous la douche pour qu'elle aille se laver. Avant de sortir de sa chambre, elle m'a demandé de me mettre à genoux et elle s'est mise à me bénir. Elle priait pour moi sans arrêt. Après une séance de prière qui a duré une demi-heure, elle s'apprêtait à partir sous la douche quand tout à coup l'on frappait à la porte de notre maison. Je me suis précipité pour aller ouvrir. Grande fut mon étonnement quant je suis tombé sur la police. La femme de l'oncle Charlie était à leur côté. J'ai tout de suite compris ce qui se passait.
_ Tu es bien Loukman BAKARI ? (Me demandait un des agents de police)
_ Oui c'est exact. Je suis BAKARI Loukman. En quoi puis-je vous aider ? (Répondais-je)
_ Nous voudrions parler à ta grande mère El hadja Manroufath. (Ajoutait l'agent de police)
Le temps de lui répondre, ma grande mère maternelle débarquait au portail pour connaître l'identité de celui qui cognait à l'instant. Lorsque les forces de l'ordre l'ont aperçu, ils l'ont demandé de les suivre jusqu'au poste de police. La femme de l'oncle Charlie avait porté plainte contre elle. Elle accusait ma grande mère d'avoir assassiné son époux car elle est une sorcière. C'était absurde de sa part. J'ai voulu réagir mais je n'étais qu'un adolescent et personne n'allait me prendre au sérieux. N'ayant pas le choix, ma grande mère maternelle El hadja Manroufath a suivit ses messieurs jusqu'au commissariat. Mais avant de s'en aller, elle m'a donné un numéro de téléphone et elle m'a ordonné d'utiliser son téléphone portable pour contacter ce numéro. Ensuite, je devais juste dire à la personne qui sera au bout du fil qu'elle a été emmenée au commissariat. Aussitôt qu'il l'on emmené, j'ai appelé la personne qu'elle m'a ordonné d'appeler. Et pour finir, de mon côté, je me suis habillé puis j'ai pris un taxi qui m'a conduit au centre de police où ma grande mère El hadja Manroufath était emmené.
A suivre..