XIII La veille du jour où, pour la première fois, Antoinette prêtait l’oreille à ce bruit singulier et plein d’espérance pour elle, comme tout ce qui est anormal et insolite dans la vie des prisonniers, une scène bizarre se passait au premier étage du pavillon. Ce pavillon, demeure isolée, avait eu des destinées diverses depuis quinze ou vingt ans. D’abord la maison, de laquelle dépendait le jardin au bout duquel il était situé, avait été un hôtel avant d’être une maison à locataires. À cette époque, le pavillon était une sorte d’habitation réservée au jardinier. Puis, l’hôtel devenu maison, un peintre s’en était épris et y avait installé ses pénates. Après le peintre, était venue une famille polonaise, réfugiée en France à la suite des événements politiques de 1832. Cette famille se comp

