9 – Traversée du silenceLe chariot n’a que deux places, en plus du plateau arrière inadapté au transport de passagers. Indra est assise à mes côtés, muette à son habitude, mais pour de toutes autres raisons que d’habitude. Ni le lyrisme, ni la mélancolie profonde qui sourdent des paysages intemporels alentour ne me touchent plus, et je n’en retiens que le vide, la désolation. Et la mort, à cause de la tonalité livide du panorama, spectrale et éblouissante à la fois, qui est celle des cadavres ou celle des os à nu. Séréna est restée quant à elle sur le dôme, seule, si l’on peut dire. Nous n’avions pas le choix ; il n’y a pas de place pour elle, et il faut bien que quelqu’un poursuive ce qui est toujours en cours : s’occuper des crabes, les sonder de manière plus intime, pour autant qu’il s

