I. La découverte

379 Words
I LA DÉCOUVERTE Plage de Por Rhu - Côte Atlantique en France. 17 juin - 6 heures 30. — Lézard, au pied ! Un gros homme chauve hurlait sur son chien. Il avait de la peine à courir, entraîné par l’animal. Essoufflé, il tira sur la laisse d’un coup sec. Lézard s’immobilisa puis se mit à creuser le sable. Plus ses pattes avant s’enfonçaient dans le sol, plus sa queue s’agitait. Soudain, il leva le museau et se mit à aboyer de plaisir. Lézard, croisement malheureux d’un ratier et d’un épagneul, était un chien plein de malice, découvreur d’os en tous genres. Il aboyait à s’en décrocher les babines, dès qu’une trouvaille titillait son museau. Le maître se demanda si la vue d’un petit os n’était pas ce qui rendait son fidèle compagnon si joyeux. Intrigué, il se pencha pour voir ce que “son Lézard” venait de découvrir. Dans le soleil du petit matin, un éclat brillant retint le regard du promeneur. Il se dit que son animal était pire qu’une pie, il aimait tout ce qui brillait. Et que tel maître, tel chien, il voulait bien être la deuxième pie et voir ce qu’il y avait au fond de ce trou. Il s’accroupit à côté de son compagnon à quatre pattes et se mit, lui aussi, à gratter le sable. Le haut d’un crâne apparut, lisse, comme poli. L’homme s’arrêta de creuser, se leva d’un bond et recula de deux pas. Il pensa en un éclair de seconde que c’était bien une boîte crânienne que le “petit Lézard” commençait à l****r. Planté dans ce crâne, il voyait un éclat de métal, c’est cet éclat qui avait attiré son Lézard. Il massa nerveusement son front dégarni, espérant que cette découverte n’allait pas lui attirer d’ennuis. Il était 6 heures 35 du matin, la journée s’annonçait belle sur cette plage où, dans quelques heures, les surfeurs allaient venir nombreux. Ce 17 juin, personne n’allait surfer les vagues. Cette idée ridicule traversa l’esprit de l’homme. Il sourit ; de toute façon ces glisseurs fous, il ne les côtoyait pas beaucoup. Il se savait ne pas être de leur planète, même s’il vouait un amour tout aussi fort qu’eux à ce petit coin de paradis. Le chien et son maître remontèrent la dune pour chercher du secours sur la route qui surplombait la plage. En sueur après l’effort, l’homme arrêta une camionnette et eut du mal à dire : — Il y a un crâne… enfin un squelette dans le sable… Il faut prévenir la police.
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