Avec ses grand-parents, Nick ressentait à nouveau la joie de vivre, les revoir l’avait bien épargné de sa triste réalité et en même temps, il repensait sans cesse à ses parents, sa petite sœur Sawa, il revivait le passé… Le violon n’était pas vraiment le seul truc qui le rapprochait de son père, son père était le portait craché de son grand-père et même dans leurs habitudes, ils se ressemblaient…
- On a cru jamais te revoir. Disaient-ils.
- Mais non, comment pouvez-vous penser une chose pareille ?
- Nous savons que le départ de ta famille était terrible et douloureux et on s’attendait à ce que tu viennes vivre avec nous.
- Jusqu’à présent, je n’arrive pas à cicatriser ces blessures. Répondit Nick en ayant la mine chagrine. Il y a une famille qui m’héberge, qui prend soin de moi comme leur propre enfant, ne vous inquiétez pas pour moi, je suis entouré des gens bien.
- J’ignore d’où te viens cette force de pouvoir supporter autant de douleurs. Certainement de Dieu mon enfant, moi, à ton âge, je deviendrais fou.
Des amis, Nick n’en manquait pas au village, ils avaient appris qu’il était venu et ils débarquèrent plein d’entrain, ils y passèrent la journée à bavarder comme au bon vieux temps. Son temps y était reparti comme suit : la mâtinée avec ses grand-parents et la soirée avec ses amis, car il avait l’habitude de les aider dans les tâches ménagères.
Quoiqu’emplissant d’émotion, Leïssa le manquait cruellement. Le troisième jour, il décida de l’appeler, il mourait d’envie d’entendre sa voix, mais il ne pouvait pas la joindre, il insista jusqu’à lui donner trente-cinq appels…
- Ne vois-tu pas que je refuse de te parler ? Ne suis-je pas assez claire ? Dit-elle par message téléphonique.
- Tu me manques vraiment ma chérie, j’ai envie de t’entendre.
- Si vraiment, je comptais autant pour toi, tu ne serais pas parti et me laisser seule.
- Tu recommences ! Soupira Nick
- Fiche-moi la paix, j’essaie juste de me passer de toi alors, fais pareil !
- Tu sais que tu n’y arriveras pas, ne perd pas ton temps à essayer ma petite Issa. Répondit Nick d’un air sûr de lui.
- C’est ce que tu veux croire.
- Non, c’est ce que toi, tu aimerais que je crois. Par ton attitude, tu essaies de me faire comprendre qu’il t’est difficile de t’en passer de moi, et j’irais jusqu’à dire même impossible.
- Mon cher Nicky ! Ne sois pas aussi sûr de toi, tu n’importes pas autant à mes yeux.
- Ce n’est pas ce que tu m’avais dit avant que je parte.
- J’avais usé de mes mots de flatterie pour te convaincre de rester, ce qui n’avait pas marché. Ne m’appelle plus, ne m’écris plus parce qu’à moi, tu ne me manques guère. S’écria-t-elle.
Elle éteignit son portable, faisant ses caprices d’une heure ou d’un jour, elle s’enflamma de colère et d’orgueil, elle ignorait quoi faire pour combler seule, ce manque ; elle alla dans la chambre de Nick à repasser ses souvenirs avec Lui. Chaque jour, une sombre humeur apparaissait sur son visage atténuant sa vivacité.
Un matin, Marianne décida d’apporter des provisions pour les grand-parents de Nick, elle y remplissait un mini-conteneur. Bermann l’accompagna et Leïssa aussi, mais tout en demandant à sa mère de ne rien dire à Nick, elle voulait seulement rester dans la voiture et le voir de loin.
- Mais, pourquoi tout ça ma chérie ? Ne te manque-t-il pas ? Lui demanda Marianne en haussant les sourcils.
- Tu dois juste me promettre que tu ne vas rien lui dire, c’est tout. Répondit-elle en tremblant ses lèvres.
- Je n’ai pas à m’immiscer dans votre relation. Rassure-toi, je ne dirai rien.
Au bout de quelques bonnes minutes de trajet, ils empruntèrent une route goudronnée de boue, qui a première vue, paraissait impraticable dont la moindre pluie peut en faire le lit d’un torrent, le moteur de la voiture était chauffé, s’étant arrêté, Bermann perdit patience, disant à sa femme qu’elle aurait dû simplement envoyer les provisions par le biais des chauffeurs, en haussant le ton. Et, il a fallu attendre deux bonnes heures, pour que la voiture quitte la route.
- Tout ne peut pas être facile dans la vie Bermann et tu le sais ! La richesse d’un homme ne lui ouvre pas toutes les portes, même si vous croyez le contraire, la chose la plus importante dans ce monde, n’est pas l’argent, un peu de temps perdu ne te tuera pas, un peu de sacrifice pour ton fils ne te rendra pas moins riche. Disait Marianne en lui lançant un regard noir.
- Depuis quand savais-tu que l’argent m’importait autant, pour m’admonester devant ma petite fille ? Tu sais pourtant que j’avais refusé l’héritage de mon père.
- Comment ça père, tu avais refusé l’héritage de grand-père ? Lui questionna Leïssa en nourrissant sa curiosité.
- J’étais très jeune, et très stupide, je ne voulais pas respecter les règlements de la maison. Tu sais que dans toute famille prestigieuse, il y a un statut à préserver et, aux yeux de mon père, j'étais celui qui bafouait sa dignité, qui apportait la honte à la famille, simplement parce que j’avais essayé de vivre ma vie indépendamment de ses principes, indépendamment du respect que cette famille se procurait dans le milieu de la bourgeoisie. Un jour, il m’avait dépouillé de tous les avantages que pouvait recevoir un enfant riche, c’est quand même une façon de dire ma fille : mon compte bancaire, ma voiture, même les voyages en famille m’était interdit, il voyageait seul avec ma mère, des croisières et me laisser à la maison avec la gouvernante. Il m’était arrivé de nourrir mon orgueil, voulant lui prouver que de tous ces avantages, je n'en avais guère besoin, qu’étant fils de Monsieur Bermann, seul, je pouvais me débrouiller, et n’étant que moi-même, je pouvais réussir sans lui. J’avais repris ma vie en main, faisant à nouveau des études, mes priorités. Durement, j’avais travaillé et réussi ma vie et, c’est dans ces périodes de ma vie, que j’avais rencontré ta mère, très élégante, très attirante, et hyper intelligente, une femme que toute personne venant d’une famille riche voudrait épouser. J’avais gagné mon propre argent, jusqu’à avoir cette entreprise et ta mère m’en avait bien aidé tout en me faisant comprendre que mon père ne voulait que je réussisse. La valeur d’une famille, c’est elle qui me l’a rappelé, elle m’a appris à aimer mon père parce qu’à mes yeux, je ne voyais qu’un homme riche qui voulait priver à son fils de sa vie, un homme qui affectait la fierté et le dédain pour mieux marquer la distance entre lui et les autres, mais elle m’avait expliqué que c’était la réaction d’un père qui s’inquiète pour l’avenir de son fils, qui voulait que son fils devienne un homme respectable. C’est en partie à ta mère que je dois l’homme que je suis devenu, ne nourrissant plus d’orgueil.
- WoW ! J’ignorais tout ça ! Répondit Leïssa.
- Comment pouvais-tu le savoir ? Ta mère et moi, nous n’en avions jamais parlé.
- Ce qui veut dire, que c’est de toi que je tiens cet orgueil ? Reprit-elle en détournant son visage et lança peureusement un fin sourire.
- Peut-être bien, mais pas ce caprice. Répondit Bermann en secouant la tête.
Dans la voiture, Leïssa était restée à attendre à ce que Nick apparaît. Quoiqu’elle ne veuille pas qu’il sache qu’elle était à l’intérieur, elle attendait impatiemment de le voir. Les grand-parents de Nick furent très aimables avec la famille Bermann, ils les préparèrent à manger et à boire. « La route était quand même longue » disait la grand-mère. Avec sa bienveillance et son charme, ils ne purent refuser…
- Alors, dites-moi, quelle est votre intention à l’égard de mon petit fils ? Demanda le grand-père.
- Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n'y en a aucune, Nick est un enfant très spécial et je peux même dire que nous apprenons beaucoup de son expérience aussi tragique soit-elle. Répondit Marianne avec sa main calleuse tripotant les beaux cheveux de Nick.
- Leïssa n’est pas venue ? Demanda Nick.
Personne ne l’avait répondu, il se précipita d’aller vers la voiture, quoique n’ayant rien aperçu, il s’approcha de plus près, et aperçut derrière le pare-brise teinté, le reflet chatoyant de sa robe jaune et l’ombre de son regard immobile, inexpressif, que la douleur causée par le manque fait réprimer un sourire dont elle désire gracieusement relâcher…
- Je sais que tu es à l’intérieur et je ressens aussi ta présence, s’il te plaît ouvre-moi, j’ai vraiment envie de me blottir contre toi, j’en ai assez de supporter ton absence comme ça. Quémandant Nick, le teint pâli.
De son mutisme, elle ne voulut point sortir, le cœur empli d’orgueil, la peau couverte de voile de transpiration, les pupilles dilatées, assurant que la porte ait été verrouillée, elle lui détourna le regard…
- Tu ne veux vraiment pas m’ouvrir ? C’est bon, je vois à quel point tu peux être égoïste. Dis-moi au moins pourquoi t’es venue ?
Nick, voyant qu’elle se fichait complètement de lui parler, rejoignit ses grand-parents. Bermann et Marianne avaient passé beaucoup de temps à discuter avec eux, faisaient un peu connaissance tout en apprenant un peu sur la vie de Nick.
Les adieux furent faits, Marianne remercia les grand-parents de Nick qui, de leur attention soutenue, s’étaient montrés fort hospitalier. Désespéré, allant encore jusqu’à la voiture souhaitant qu’elle n’y résiste pas et descende les pare-brise, mais la voiture démarrée, elle ne lui avait fait aucun signe à part laisser tomber un bout de papier. « Tu ne me manques surtout pas, car crois-moi, si c’était le cas, je t’aurais ouvert la porte, bon séjour ! »
Sans se retourner, en reprenant son souffle, Nick regarda partir la voiture. Leïssa effondrée, efforçant de retenir ses larmes, la gorge étreignit d’un sentiment de fierté voilé par son orgueil…
- À quoi tu joues ma chérie ? Lui demanda Marianne.
- Je ne compte pas pour lui. Répondit-elle en penchant la tête sur le côté.
- Tu devrais être la dernière personne à dire une chose pareille, tu sais qu’il t’adore. Tu as endurci ton cœur, tu te fais du mal, un jour, tu comprendras que ces niaiseries-là ne suscitent que des remords.
Nick rentra à la maison et ses amis étaient venus, il bavardait un peu avec eux ensuite, seul, il alla battre infructueusement le pavé pour ne réapparaître que déprimé, avouant sa profonde tristesse à ses grands-parents. Il lui laissa des tas de messages lui disant, à quel point, il aurait voulu qu’elle réagisse différemment, à quel point elle lui manquait, à quel point il détestait le fait qu’elle soit si égoïste et si insensible et à quel point il aurait aimé la serrer dans ses bras.
Après, son portable fut éteint et c’est dès lors que Leïssa décide de l’appeler, elle s’énerva de n’avoir pas eu de réponse et alla se coucher.
Dès le lendemain matin, Nick prépara ses valises, en faisant ses adieux, sa grand-mère l’arrêta un moment et lui donna ses bénédictions en lui disant avoir un mauvais pressentiment puis, il monta la voiture que lui avait envoyée Marianne.
Leïssa, impatiente de revoir Nick, ne sortie point de sa chambre de peur que ses parents aperçoivent son enthousiasme. Des heures ont passé, Nick n’était pas encore arrivé, Marianne commençait à se tuer d’inquiétude…
- Mon chéri, à cette heure, Nick devrait être là, peut-être que quelque chose lui est arrivé. Dit-elle.
- Peut-être aussi qu’ils ont pris du retard avant de se déplacer, restons optimisme mon amour. Répondit Bermann en la cajolant.
Un instant après, ils reçurent un appel leur apprenant que Nick et son chauffeur se retrouvent à l’hôpital, suite à un accident de voiture.
Bouleversée, Marianne ne savait comment le dire à Leïssa, se rendirent à l’hôpital lui et Bermann sans lui dire un mot puisqu’elle s’était enfermée…
- Vous êtes les parents de Nick ? Leur demanda le docteur.
- Oui, dites-nous comment il va docteur, il est vivant ? Interrogea Marianne le visage assombri.
- Oui, il l’est, mais dans une situation très critique, il est en coma par contre, tous ses membres fonctionnent, on continue de lui faire des examens.
En se persuadant lui-même que tout va bien se passer, Bermann tenta de rassurer sa femme…
- Je suis certain que tout va bien se passer, il ne va pas mourir. Dit Bermann sans y avoir foi.
- Je sais que ce n’est pas mon sang, mais j’ai appris à l’aimer comme mon fils.
Follement, Leïssa apparut…
- Maman ! Dis-moi ce qui est arrivé à Nick, dis-moi qu’il va bien ! S’écria-elle.
- Comment as-tu su qu’on était là ? Lui demanda Marianne.
- J’ai entendu votre conversation.
En apprenant la nouvelle, Leïssa était inconsolable, elle alla s’asseoir, larmes aux yeux, demandant à Dieu de lui ramener son ami. « Pas Nick mon Dieu, non pas lui. » plaignait-elle sourdement.
Au cours de la soirée, le docteur a permis les visites et Leïssa pendant des heures, était restée avec lui, tenant sa main et pleura sur son lit, soudainement, elle se souvint de ce que sa mère lui avait dit, elle était déjà envahie par le remord…
- S’il te plaît Nicky, réveille-toi mon chéri ! Ne me laisse pas seule, je ferai quoi sans toi ? Je regrette tellement de ne pas t’avoir pris dans mes bras. Nicky ! Nicky ! Nicky ! Tu m’avais donné ta parole que ce n’était pas un adieu alors, ouvre tes yeux maintenant. Si je savais jouer du violon, je te jouerais tes plus beaux morceaux pour que tu te réveilles.
Désespérément, elle s’attendait à ce que Nick lui obéisse. Marianne était venue la chercher, en la demandant de rentrer se reposer et se calmer un peu, mais elle refusa…
- Je veux le voir réveiller, je refuse de le laisser seul.
- Je resterai avec lui ma fille, rentre avec ton père, il ne sera pas seul et jamais, il ne le sera.
- S’il te plaît maman, je reste avec toi.
- Pas aujourd’hui chérie.
Rongés par l’angoisse et l’inquiétude, la famille Bermann, ainsi que les grand-parents de Nick se relayèrent à leur chevet dans l’insupportable attente de le voir reprendre conscience ; Pour assurer ses fonctions vitales, Nick recevait de l’air par une canule introduite dans sa trachée et de la nourriture par un cathéter. Il y passa deux mois, rester là sans pouvoir bouger ni dire quoi que ce soit, Leïssa n’en pouvait plus de toute cette situation, à ses côtés, elle y passait son temps.
- Tu es plus fort que moi Nicky, peut-être que toi, tu ne pleurerais pas, tu serais confiant, mais je n’en peux plus mon chéri, je ne peux pas rester là, les bras croisés à te regarder sur ce lit.
Soudain, Nicky reprit connaissance, ouvrit les yeux et essuya les larmes de Leïssa…
- Pleurer n’a jamais été un signe de faiblesse. Venir ici à attendre que je me réveille est une preuve de ta force et de ta foi. Dit-il.
À toutes jambes, elle courut voir ses parents leur prévenant que Nick était réveillé. Toute la famille était contente de l’apprendre. Le docteur l’examina, et dans deux jours, il était rentré chez lui. À la maison, il réagissait peu, il était froid et distant, se refermant sur lui-même, souvent, ses regards se perdirent au loin. Apparemment, cet accident a fait resurgir son amertume, il pensait tout le temps à sa famille et ne lâchait pas une seconde son violon, même pour manger, on devait lui en convaincre, comme à son arrivée.
- Nicky ! Je sais que ça a été dur pour toi et je sais que tu peux le dépasser, tu es tellement fort alors, s’il te plaît, fais un effort juste pour moi. Dit Leïssa
- Ton chéri se bat de toutes ses forces, mais on dirait que cette fois, ça me dépasse.
- C’est faux mon chéri, je suis sûre que tu y arriveras, je suis là pour toi et je ne compte pas te priver de ma présence cette fois.
- Content de l’entendre.
- Nicky…. Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas…
- T’inquiètes, tu t’es sentie abandonner. On a tous une raison de faire quelque chose même si ce n’est pas toujours en ayant raison. Je sais à quel point mon départ t’a fait souffrir.
- C’était loin d’être douloureux... Savoir que j’ai failli te perdre, je ne peux pas dire ce que j’ai ressenti.
- Je ne peux pas encore mourir, je vis pour ma famille.
- Promets-moi que tu me laisseras te soutenir comme tu l’avais fait pour moi, ne t’éloignes pas de moi, accepte que je te réconforte, laisse-moi partager tes peines, elles te seront moins lourdes.
- Tu sais que je suis très réservé, je te promets d’y essayer. Répondit Nick.
- J’ai peur qu’un jour, quelqu’un d’autre arrive à prendre ma place, je voudrais être la personne qui compte le plus dans ta vie, Nicky.
- Tu sais que tu comptes beaucoup pour moi et tout au long de ma vie, je compte te le prouver. Je vois que tu es jalouse, mais dis-toi que je ne t’appartiens pas et je ne t’appartiendrai pas, je ne peux pas me refermer dans un cocon.
- Je sais qu’on est loin d’être deux dans ce monde et je sais qu’un jour viendra où je serai qu’un beau souvenir pour toi, où notre amitié ne vaudra plus rien à tes yeux. Dit-elle en lui détournant le regard.
- Je peux beau te promettre le monde, mais tu n’y croirais pas. Alors, que dois-je faire ? Dis-le-moi, parce que je ne sais pas. Mon attitude, mes actions, mes comportements ne te prouvent-ils pas assez à quel point tu importes à mes yeux ? Où est-ce toi par manque de confiance en toi, penses que tu ne saurais valoir aux yeux d’un garçon comme moi ? Or, qui suis-je pour que tu ne cesses de nourrir une telle pensée ?
- Parce que c’est le monde que tu me promets, c’est quelque chose d’impossible.
- Ça te parait impossible parce que tu ne crois pas pouvoir y parvenir toi-même. Alors, pourquoi tu t’attends à ce que j’y parvienne, moi ? Autant que tu veuilles de moi, autant notre amitié durera, c’est la seule chose que je puisse te promettre.
- Si tu le dis. Répondit Leïssa en faisant une grimace.
Ça a quand même été un grand pas pour Nick de faire la conversation, Leïssa lui a proposé de s’inscrire dans un cours de danse pour se changer un peu les idées. Nick, trouvant l’idée assez tentante, accepta à condition qu’il soit son seul partenaire, qu’elle ne danse à personne d’autre que lui.
- Mais, je ne suis pas la seule à être jalouse, on dirait. Dit Leïssa d’un petit ton impertinent.
- Tu te trompes grandement si tu penses une seconde que je suis jaloux.
- Ah ouais !
D’un coup de tête, Leïssa se dirigea dans la chambre de sa mère à lui en parler, une idée que déjà, Marianne lui avait fait part et qu’elle avait refusée…
- Je croyais que tu n’aimais pas la danse, ma fille. Lui répondit Marianne.
- Je n’ai jamais fait une telle affirmation, mère. Répliqua-t- elle en écarquillant les yeux
- Mais, tu avais clairement refusé qu’on t’y inscrive Continua Marianne en haussant les épaules.
- Je le fais pour aider Nick à se changer les idées.
- Voilà qui parle ! Il en pense quoi ? Il est du même avis que toi ?
- Oui.
- D’accord, je vous y emmènerai demain Dieu voulant.
- Merci maman !
Ce matin-là, ils étaient impatients de se retrouver dans ce cours. À tous bas, ils murmurèrent leurs enthousiasmes, Nick souriait à nouveau et retrouvait sa force de vivre. Arrivés là-bas, Nick se mit à danser et tous les regards se convergèrent vers lui…
- Attends Nicky, tout le monde nous regarde. Dit Leïssa d’un air timide.
- Dans ce cas, donnons-leur envie d’être à notre place.
Le professeur s’étant approché pour les féliciter…
- On dirait que tu es déjà un pro mon garçon. Tu t’appelles comment ?
- Je suis Nick et voici ma compagne Leïssa.
- Je suis enchanté. Moi, c’est Arthur, votre professeur de danse, j’espère que vous allez vous plaire ici...
- Le plaisir est notre Monsieur Arthur, on le souhaite aussi.
Brusquement, Leïssa lâcha la main de Nick et courut… « Hey Hey Hey ! » disait Nick en la suivant.
- Ma chérie ! Qu’est-ce qui ne va pas ? Reprit-il
- Il a le même prénom que mon petit frère, il me rappelle à quel point c’était douloureux de le laisser partir.
- Mais, c’est une chose à laquelle tu dois t’attendre, il y a des milliers de personnes dans ce monde à avoir ce prénom.
- Je le sais !
- Alors, dis-toi que c’est une façon de ne jamais l’oublier. Tu te rappelles lui avoir fait une promesse : que jamais, tu l’oublieras ? Une situation pareille t’aidera au mieux à la tenir.
- Il me manque tellement.
- Tu crois que je ne le sais pas ? Je sais exactement ce que tu ressens. Aller, viens que je te fasse un câlin, c’est un remède contre la tristesse.
- J’ignore ce que je ferais sans ton attention, tes affections Nicky.
- Tu ignores ce que tu ferais sans moi. Répondit Nick en prenant un air hautain. Mais, crois-moi, de toute façon, tu t’en sortirais, car la force, c’est Dieu qui la donne.
- Merci ! On peut y retourner, ça va maintenant.
Chaque week-end, ils s’y rendirent à l’école de danse, à chaque chose qu’ils faisaient ensemble, ils se rapprochèrent un peu plus et à chaque vacance, c’était un peu plus difficile pour Leïssa de laisser Nick partir pour rendre visite à ses grand-parents.