Le lendemain, Marianne se leva d’un bond demandant à tout le monde de se préparer pour une séance photo....
- Mon amour, cette famille n’est plus complète, je n’aimerais pas enlever cette récente photo de la famille où notre Arthur en fait partie. Dit Bermann
- Notre Arthur en fera toujours partie, ne crois pas que je n’y avais pas pensé, notre petit fils fera toujours partie de cette famille même en n’étant plus parmi nous. Après la séance, je compte le faire ajouter. Répondit Marianne
Bermann avait compris ce que voulait faire sa femme, et ça ne le dérangeait pas du tout, il avait déjà accepté d’agréer sa demande, pourquoi s’y opposer maintenant ? Leïssa, elle, refusait de se préparer, elle tenait tête à sa mère, la faisant comprendre que ce garçon sortant de nulle part n’avait rien avoir à cette famille si prestigieuse.
- Il n’a aucun droit de participer à la séance de photo de la famille. Cria-t’elle.
- Pourquoi es-tu si désagréable ? Tu n’étais pas comme ça avant la mort de ton petit frère. Tu crois que si Arthur était encore parmi nous, il t’aurait laissé lui mépriser autant? Crois-tu qu’il applaudirait tes mauvaises manières ? En plus, je croyais que tu avais bien appris à l’aimer ? N’est-il pas devenu ton ami ? Admonesta Marianne.
- Si mon petit frère était encore en vie comme tu dis, tu n’aurais jamais pensé à accueillir un enfant de rue à la maison, il ne te serait jamais venu à l’idée d’accepter Nick comme ton fils et imposer à moi et à papa de l’aimer comme un membre de la famille. Et oui, il peut beau être mon ami mais, ça ne veut pas dire que je veuille qu’il remplace mon frère. Continua Leïssa furieusement.
- Imposer à toi et à ton père ? Je ne vous demande pas de l’aimer, je ne vous impose rien du tout. Comment peux-tu être si méchante ma fille ?
- Bien sur que si! C’est pour te faire plaisir que mon père a accepté que tu le prennes avec toi, tu crois vraiment qu’il avait approuvé ? Je voyais clairement dans ses yeux qu’il n'a pas voulu qu’un inconnu partage l’histoire de notre famille mais, tu avais tellement insisté jusqu’à lui donner l’impression que cet enfant t’était indispensable ou plutôt soit disant l’aide que tu voulais lui apporter, qu’il a fini par céder.
- Comment oses-tu me parler ainsi Leïssa ?
- Désolée si je t’offense mais, c’est la pure vérité. Tu étais la seule à vouloir remplacer Arthur, la seule à vouloir d’un autre fils, la seule à vouloir d’un parfait inconnu.
- Toi aussi tu es persuadée que j’essaie de remplacer mon petit Arthur ? Comment peux-tu penser une telle chose ? Une mère ne remplace pas son fils, pour une mère, chaque enfant lui est irremplaçable mais, tu ne pourras pas comprendre parce que tu es encore une gamine, et tu es encore stupide.
- Ouais, pour toi je suis stupide !
- Laisse-moi terminer ! Sache que ce n’est pas la mort de mon fils qui m’a poussé à aider Nick, si Arthur était encore en vie et que j’avais croisé le chemin de Nick, j’aurais eu cette même réaction envers lui, j’aurais toujours voulu qu’il fasse partie de notre famille. Si tu veux, ne l’aime pas ! Vue son caractère et son incroyable confiance en sa personne, pas un jour, il quémandera ton amour alors, ne l’aime pas, je ne saurais en aucun cas te l’imposer mais, s'il te plait ne lui rend pas la vie impossible, respecte son espace, laisse-lui respirer !
- Qu’il respecte aussi mon espace maman !
- Que dis-tu ? À ce que je vois, il ne te regardait même pas, il etait toujours dans son coin, c’est toi qui lui cherchais tout le temps des histoires.
- Je refuse que tu l’invites dans la séance de photo.
- Tu n’as pas à refuser quoi que ce soit, c’est moi qui lui ai demandé d’y participer, il participera que ça te plaise ou non.
- Dans ce cas, c’est moi qui n’y participerai pas.
- Je ne t’ai pas demandé ton avis, je ne t’ai pas demandé si tu voulais participer ou pas, tu participeras un point c’est tout.
- Tu ne peux pas me l’imposer ! Tu ne peux pas m’imposer de me mettre à côté de cet enfant de rue ! S’écria Leïssa.
- Bien sûr que si ! Et je le fais, je te l’impose, tu vas te préparer et je t’attends ici. Franchement, je n’arrive pas à te comprendre. Un jour il est ton ami et un autre jour, il est un enfant de rue ?
Nick avait bien entendu la discussion qu’avait Marianne et sa fille, ça lui rendait tellement triste, il s’enferma dans sa chambre, voulant faire plaisir à Leisssa, ne pas participer à la séance de photo. Marianne l’avait appris et accourut dans sa chambre pour l’en dissuader.
- J’ai jamais voulu être un sujet de dispute pour toi et ta famille, ta fille a raison, je n’en fais pas partie, pourquoi devrais-je être parmi vous ? Je ne veux pas la déranger plus que ça, faites votre séance de photo sans moi. Dit Nick calmement.
- C’est pour moi que tu es resté et c’est pour moi que tu vas y participer.
- Non, madame !
- À toi non plus, je ne demande pas ton avis, je t’attends, dépêches-toi. Désolée pour ces horribles choses que tu as entendues. Répondit Marianne en baisant le front de Nick.
Nick et Leïssa était descendirent pour la séance de photo, Nick qui le fit pour faire plaisir à Marianne et Leïssa qui ne pouvait se permettre de désobéir à sa mère mais, elle était toute furieuse contre elle et refusa de se mettre à côté de Nick. Où elle se décidait de se mettre, les photos étaient parfaites et Marianne était satisfaite.
- Tu sais comment il est devenu un enfant de rue ? Juste, en perdant toute sa famille. Alors toi, tu n’as qu’à remercier Dieu d’avoir encore la tienne à tes côtés pour te soutenir ! Lui dit Marianne en prenant la main de Nick pour le remercier de lui avoir fait plaisir.
Leïssa n’avait pas attendu trop longtemps pour comprendre que ces agissements n’étaient pas les meilleurs, elle n’arrêtait pas d’y penser et dans la soirée, elle alla dans la chambre de Nick pour s’excuser.
- Sincèrement, j’ai honte, j’ai vraiment honte de m’être comportée de cette manière, après tout ce qu’on a vécu ensemble, après le soutien que tu m’as apporté, je suis vraiment désolée Nick. Dit-elle en laissant des larmes couler sur ses joues.
- Tu n’as pas à avoir honte, crois-moi je ne t’en veux pas. C’est tout à fait normal que tu aies ressenti que je prenais la place d’Arthur, je n’avais nullement ma place dans cette photo, tu n’es pas le seule qui s’y opposerais. Répondit Nick
- Mais, je n’avais pas à dire toute ces grossièretés.
- Là, je suis tout à fait d’accord mais bon, tu es Leïssa quand même et tu es blessante, personne ne peut t’enlever cette étiquette. Ajouta Nick en se moquant d’elle.
- Ne te moque pas de moi, je suis sérieuse, je suis désolée.
- T’inquiète, ça va ! Dit Nick en la baisant.
En leur honneur, les parents de Leïssa avaient organisé une grande fête, ils dansaient et s’amusaient comme des fous, Nick jouait du violon et Leïssa chantait, ils formaient un duo remarquable, c’étaient la première fois qu’ils étaient aussi joyeux depuis la mort de leur proche…
- Viens avec moi Nicky ! Demanda Leïssa
Dans le jardin, ils étaient allés se promener…
- Je voudrais que tu me fasses une promesse. Continua-t-elle en attrapant ses mains.
- Laquelle ? Demanda Nick.
- Que toi et moi, nous serons toujours des amis.
- Toi, jure-moi que notre amitié t’importe beaucoup.
- J’étais la première à te faire une demande. Mais bon, je te le jure !
- Je te promets que je me battrai pour maintenir cette amitié.
- Pourquoi il a fallu que je fasse d’abord un serment ?
- On ne saurait se battre pour maintenir une relation si les deux personnes ne veulent pas la même chose.
- Wow ! Tu voulais t’assurer que je désire la même chose, t’es très malin.
- Je sais que tu m’aimes beaucoup Issa, même si tu ne le dis pas.
- Tu te trompes !
- Regarde-moi, et redis-le !
- Quoi ? Penses-tu que tes regards m’effraient ?
- Ce serait un peu plus difficile de me mentir en me regardant dans les yeux.
Leïssa s’approcha de lui en lui mettant un collier au cou et lui baisa sur le menton…
- C’est pour toi, ne l’enlève jamais. Lui ordonna-t-elle.
- C’est très beau, merci !
- On était deux à le porter moi et Arthur, depuis sa mort je ne l’ai jamais remis parce qu’on s’était promis de toujours le garder quoi qu’il arrive mais, avant sa mort, il l’avait enlevé en me demandant de le donner à la personne dont j’estimerai digne de le porter. Accepte-le s’il te plaît.
- Je n’avais pas l’intention de te le refuser Issa, c’est très symbolique et ça me touche beaucoup, je sais à quel point il comptait pour toi, ce qui veut dire aussi, que je sais ce que ce collier représente pour toi et si je ne comptais pas à tes yeux, tu ne me l’aurais pas offert. Merci ma chérie !
Dans ses bras, Nick prit Leïssa et la rassurant que jamais, il l’enlèverait…
- À présent, c’est ce qui nous lie car, moi aussi, je n’enlèverai jamais le mien. Continua-t-elle.
- Non, ma belle, il y’a beaucoup plus qui nous lie : l’affection qu’on éprouve l’un pour l’autre.
- Tu m’apprends beaucoup Nicky, j’aimerais être comme toi, j’aimerais avoir cette sagesse que tu as, je t’adore Nicky.
Nick, n’étant pas habitué à exprimer ses sentiments verbalement, il lui fit par des gestes, il la faisait un câlin, puis, ils retournèrent à la fête. De toute la journée, Bermann n’avait trouvé aucune occasion de parler à Nick.
- Vous ne vous lassez jamais d’être ensemble je vois ! J’ai voulu te parler mais, je n’ai jamais pu… Dit Bermann.
- Je vous écoute ! Répondit Nick
- Je voulais te remercier d’avoir tenu parole, sans ta confiance et ton dévouement elle n’aurait pas à réussir cet examen.
- Je ne l’ai pas fait pour vous prouver que vous aviez tort de douter d’elle mais, je l’ai fait parce que je voulais qu’elle sache qu’elle peut faire d’une pierre de coup : briller à nouveau tout en surmontant sa peine. Votre fille a besoin qu’on la fasse confiance et la vôtre, lui est indispensable.
- Ce n’est pas ta famille, on n’est personne pour toi, qu’est ce que t’as à gagner à la voir réussir, à la voir surmonter sa peine ?
- Je ne suis pas de votre sang, vous et votre épouse, que gagnez-vous en prenant soin de moi ? Car, je suis sûr que si vous n’aviez pas approuvé que je fasse partie de votre famille, je ne serais pas là à discuter avec vous. Qu’avez-vous à gagner Monsieur Bermann en me laissant partager votre famille, votre histoire ? Ce sont les personnes qui s’efforcent de donner ce qu’elles n’ont pas, qui attendent quelque chose en retour. Tout ce que j’offre à votre fille, que ce soit, mon amitié, mon affection, mon attention, je n’ai pas à les acquérir, je les possède déjà !
Berman, surpris par les réponses de Nick.
- Apparemment, ce garçon est trop intelligent pour son âge. Disait-il.
À chaque vacance, Nick avait l’habitude d’aller voir ses grands parents dans leur petit village, il en avait parlé à Marianne pour lui demander la permission d’y aller et elle a essayé de l’en dissuader…
- Je sais que c’est de ta famille qu’il s’agit mais, maintenant tu es sous notre responsabilité, j’ai du mal à te laisser passer deux semaines là-bas. Dit-Marianne.
- Passer du temps avec ma famille ne veut pas dire m’exposer au danger. Avant, je n’avais pas besoin d’un garde du corps ou d’un chauffeur regarde-moi maintenant, toute ma vie a changé, ce n’est pas que je me plains mais, pour moi, c’est la famille avant tout, je n’échangerais pas cette vie de luxe contre ma famille.
- Parce que c’est comme ça que tu le prends ? On fait de notre mieux pour que tu arrives à nous accepter comme ta famille et tu vois seulement cette vie de luxe, pas l’amour qu’on t’offre, pourquoi cet amour ne compte-t-il guère à tes yeux ? Jamais, je ne te demanderais de faire un choix entre cette vie de luxe et ta famille comme tu dis.
- Je suis vraiment désolé pour la manière dont je viens de vous parler, c’est juste une façon de vous dire à quel point ma famille, le peu qui me reste compte à mes yeux et qu’elle me manque beaucoup. J’aimerais vraiment pouvoir passer du temps avec eux.
- D’accord mais, il ne m’aurait pas fallu tout ça pour te comprendre.
- Depuis le jour où vous m’avez proposé de venir vivre avec vous, je vous admire beaucoup. Quand j’avais perdu toute ma famille, j’ai senti le monde s’écrouler autour de moi, cette famille dont j’étais heureux et fier d’en faire partie a disparu dans un clin d’œil et jamais, je la retrouverai. Essayez juste d’imaginer un moment, d’être dans un monde où on n’a pratiquement aucun sien pour nous choyer, aucun être pour nous aimer, aucune épaule pour nous appuyer quand tout va mal. Un enfant a toujours besoin de dire « papa, maman » rien qu’en prononçant ces mots, Cet enfant se sent déjà aimé, rien qu’en entendant leur réponse « mon fils, qu’y a-t-il ? » Cet enfant se sent déjà en sécurité. Moi, jamais plus, je ne recevrai l’attention de ma mère, écouter les principes de mon père, et jouir de l’amour de ma petite sœur. Qu’y-a-t-il de plus important que l’amour d’une famille ? Peut-être que c’est difficile à comprendre ou à accepter mais, tout ce qui pourrait provoquer mon bonheur c’est d’avoir ma famille à nouveau et non d’en avoir une toute nouvelle. Me considérer comme votre fils, me touche beaucoup mais, c’est peu comblant et j’ai bien fini par comprendre que je dois créer mon propre bonheur car, je ne le trouverai nulle part hors de moi-même.
- Tu es le garçon le plus courageux que j’ai pu rencontrer, tu fais preuve d’une grande force et d’une grande sagesse, t’es vraiment incroyable, je suis fière de toi et je suis sûre que là où sont tes parents, ils sont tous fiers, on t’aime beaucoup, je suis certain qu’un jour, la puissance de notre amour parviendra à cicatriser ta blessure aussi profonde soit-elle.
- Merci pour votre amour !
Nick était vraiment triste, il alla dans sa chambre, s’allongea sur son lit et s’endormit. Leissa qui, voyant que Nick n’était pas venu la voir, s’enflamma d’orgueil, sortit de la maison, allant se déambuler sans prévenir ses parents et sans son garde.
Marianne ayant remarqué son absence, le cœur en émoi, secouée de pressentiments inquiets, à plein gosier, elle cria dans la maison à chercher sa fille, furieuse contre les gardes l’ayant laissé seul. D’un sursaut, Nick se réveilla, essoufflé, sortant de sa chambre, essayant de savoir ce qui Préoccupait autant Marianne.
- Comment ça, elle n’est pas à la maison ? Où est-elle passée ? Demanda Nick.
- Ce n’est pas son habitude de sortir sans prévenir encore moins sans son chauffeur.
- Attendez ! J’ai une idée où elle peut être.
- Ok, je t’accompagne.
Nick ne s’était pas trompé de l’endroit où se trouvait Leïssa, elle était dans le parc où elle avait rencontré Nick. Toute seule, elle était assise à marmonner sa triste réalité.
De loin, sa mère l’ayant aperçu, d’un air furieux, s’approcha d’elle et lui gronda, sur toute la route, elle refusa d’adresser la parole à Nick, jusqu’à ce qu’elle arrive à la maison et s’enferma dans sa chambre…
- Quel est ce comportement Leïssa ? Lui demanda Marianne.
- Laisse-moi seule ! Cria-t-elle.
- Ouvre la porte, jeune fille ! Répondit Marianne en haussant la voix à son tour.
À petit pas, les yeux mouillés de larmes, elle s’approcha de la porte et l’ouvrit…
- Maman ! S’il te plaît empêche à Nick d’aller voir ses parents. Lança-t-elle.
- Et pourquoi je ferais ça ? Tu as ta famille avec toi, ne penses-tu pas que cette famille qui lui reste peut lui manquer ? Ne sois pas égoïste ma fille ! Et depuis quand t’attaches-tu autant à lui, Jusqu’à me demander de lui priver de sa famille ? N’est-ce pas toi qui opposais à ce qu’il vienne vivre avec nous ? Maintenant le voilà ton meilleur ami ! Quelle ironie !
- Maman !
- Quoi ? Et le pire, tu t’es permis de fuguer de la maison juste pour l’empêcher de partir. Sache que la prochaine fois, tu seras sévèrement puni, je te l’épargne pour cette fois, ne t’avises plus à sortir sans notre autorisation.
- Je suis vraiment désolée, je ne le referai plus.
- Tu as intérêt.
Nick voulait lui parler, Marianne lui fit signe d’entrer mais, Leïssa avait tout compris et s’empressa de refermer la porte…
- Je refuse de te parler, je ne veux plus te voir ! Disait-elle.
- Et pourquoi ça ? Répondit Nick en s’appuyant sur la porte.
- Tu sais pourquoi.
- Je l’ignore crois-moi.
- Peu importe va-t-en !
- Ouvre-moi s’il te plaît Issa.
- Non, je ne t’ouvrirai pas et tu ne parviendras pas à m’en dissuader.
- En plus, tu as mal, je veux juste t’aider s’il te plaît, laisse-moi faire.
- Non, je te dis. Répondit Leïssa en tapant du pied.
- D’accord, puisque c’est comme ça, je profite de te dire au revoir car, tôt je partirai demain Dieu voulant.
- Je profite aussi de te dire bon voyage Nick, à un de ses jours, si jamais tu décides de revenir.
- Merci pour cette attention ! C’est évident que tu préfères rester dans ta chambre avec ton orgueil et me regarder partir demain, plutôt que de laisser ton orgueil de côté, ouvrir la porte et me prendre dans tes bras, afin de faire des stockages de câlins pour ces deux semaines que tu vas rester sans moi.
- À quoi cela me servirait-il ?
- Oui, c’est vrai je me poserais la même question mais, je les stockerais de toute façon. Bonne soirée !
Nick s’écarta de la porte, retourna dans sa chambre et prépara ses bagages… Le soir étant arrivé, Leïssa n’arrêtait pas de penser à ce qu’a dit Nick, elle ne pouvait pas dormir. Tard, dans la soirée, elle se leva de son lit et alla le retrouver Nick.
- Nicky, ouvre-moi s’il te plaît. Dit-elle à voix basse.
La porte s’entrouvrit, Il somnolait…
- Nicky, réveilles-toi, je crois que j’ai besoin de ces câlins. Chuchota-t-elle désespérément.
- Mais, il est 11 heures du soir Issa.
- Et alors ! L’heure n’est plus au câlin ou quoi ? Ton absence m’empêche de dormir, tu veux bien me les donner ou pas ?
Il se leva, les yeux mi-ouverts, le prit dans ses bras…
- Sans aucun doute, t’es une enfant gâtée! exclama Nick.
- C’est toi qui m’as gâté ! Tout le temps avec tes affections, je ne peux pas m’en passer maintenant, je vais faire quoi pendant ces deux semaines ?
Nick la regarda et sourit, la prenant à nouveau dans ses bras…
- Je n’en suis pas encore rassasiée. Dit-elle en boudant.
- Mais, j’ai sommeil ma chérie.
- J’ai une idée, je vais dormir dans tes bras, comme ça j’en manquerai pas.
- Ce n’est pas une bonne idée Issa.
- S’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît Nicky ! Quémanda-t-elle. Tu sais toujours comment me convaincre mais, pas moi.
- Tu te trompes, tu viens de le faire, aller viens dormir dans mes bras. Tu sais que tu vas beaucoup me manquer ? Même si tu doutes, je t’aime beaucoup ma chérie.
- Pas plus que moi Nicky.
Nick la serra très fort contre lui et ils fermèrent les yeux pour s’endormir. Quelques minutes après, Leïssa secoua à nouveau Nick lui demandant de lui faire une promesse…
- Quoi encore? J’ai vraiment sommeil Issa !
- Promets-moi que tu vas toujours penser à moi.
- Je te le promets ! Maintenant dormons !
- D’accord mon chéri. Dit-elle en lui baisant le menton.
Or, ce matin là, Nick s’étant réveillé de bonne humeur, enthousiasmé, fredonnant son morceau préféré, Leïssa la regardait et s’attrista…
- On dirait que ça te plaît bien de te séparer de moi. Dit-elle d’un ton lugubre.
- J’espère que tu plaisantes !
- Non, je suis très sérieuse.
- Tu n’imagines pas à quel point cela va me faire du bien de revoir mes grands parents, je pourrai ressentir la présence de mes parents à travers eux. Répondit Nick en touchant tendrement ses joues.
- Je ne te vois plus comme un enfant de nulle part.
- Pourquoi tu me dis ça maintenant ?
- Je voulais que tu le saches.
- Merci mais, toi tu resteras toujours une enfant gâtée à mes yeux. Disait-il d’un ton impertinent.
- Eh bien, t’es un enfant de nulle part.
- Va dans ta chambre, je vais me déshabiller. Dit-il en s'esclaffant.
- T’as jamais vu une fille toute nue ?
- Pourquoi cette question ? Ne me dis pas que t’as laissé un garçon te voir toute nue ?
- Mais, non quelle idée !
- Ah bon! Seulement ma petite sœur.
- Quoi ? Pourquoi ce regard ?
- Ne fais jamais des choses que tu peux regretter. Dit Nick en prenant son air sérieux.
- Comme quoi ?
- D’entamer des relations amoureuses pendant tes études classiques.
- C’est quelque chose que je peux regretter d’après toi ?
- Tu dois te concentrer sur tes études en plus, tu n’es qu’une enfant. À quoi te servirait un copain, tu as ta famille, tu m’as moi comme ami.
- Toutes mes amies ont un copain, pourquoi pas moi ?
- Tu ne m’avais jamais dit que tu voulais en avoir ?
- Tu n’avais jamais abordé ce sujet.
- Parce que tu comptes vraiment en avoir ?
- Je n’ai pas à te répondre.
- Issa chérie ! Tu ne dois pas laisser un garçon trop t’approcher.
- Tu oublies qu’on dort souvent ensemble, hier soir j’ai dormi dans tes bras.
- Avec moi c’est différent !
- Qu’est ce qui est différent ? Parce que t’es pas un garçon ? Avec quelqu’un d’autre aussi, ce sera différent !
- À quoi tu joues ?
- Ne me dis pas que t’es jaloux ?
- Non, j’essaie juste de te protéger par ce que je tiens beaucoup à toi. Répondit Nick.
Nick n’aimait pas du tout la façon dont Leïssa prenait les choses, un sujet si important pour lui, qui parait anodin à ses yeux, elle essaya de s’approcher de lui, lui faisant comprendre que ce n’était rien de sérieux, d’un regard Nick le repoussa…
- Je t’apprécie beaucoup plus que tu ne m’apprécies pourtant, t’as plus grand cœur. Par exemple, je n’arrête pas d’imaginer comment je vais faire pour passer ces deux semaines sans toi à la maison, pendant que toi, tu penses au bonheur que cela va te procurer, c’est une preuve, non ? Mon frère, était mon seul vrai ami, on se comprenait l’un l’autre, j’ai cru que jamais je n’allais pouvoir être heureuse, ce n’est pas que tu le remplaces, c’est impossible mais, la blessure que son départ a causé, tu m’aides à la cicatriser…
- C’est à cause de moi, ces larmes ? Répondit Nick en s’attristant.
- Je ne veux pas que tu partes, je ne veux pas te perdre Nicky.
- Tu ne me perdras pas Issa, je te le jure et tu te trompes si tu crois que tu m’importes peu, regarde-moi ! Je vais penser à toi à chaque seconde. Viens dans mes bras, je t’adore, t’es mon amie d’amour, personne ne pourra te remplacer, personne d’autre ne comptera autant que tu comptes pour moi.
Il la baisa et alla se baigner…
Au bout d’une heure et demie, Nick, avec ses bagages en main, sortit de sa chambre, s’apprêta à partir en faisant ses adieux à Marianne et à Bermann.
Leïssa, accrochée dans un coin, le visage assombri, regarda Nick en refusant de lui laisser s’approcher, à chaque pas qu’il faisait vers elle, elle en recula de deux. Tendrement, il la regarda et dit :
- Je ne partirai pas sans t’avoir pris dans mes bras.
- Dans ce cas, tu ne partiras pas. Répondit-elle en continuant à reculer.
Il la supplia en la fixant des yeux et l’attrapa…
- Pourquoi ai-je l’impression que tu arrives toujours à me convaincre ?
- Ce n’est pas une impression. On se laisse convaincre par les personnes qu’on aime, je ferai beaucoup pour toi Issa, beaucoup plus que tu ne pourrais imaginer.
Dans ses bras, Nick la serra…
- Je te tue si c’est un adieu ! Dit-elle
- Tu vas vraiment me manquer, toi.
- Pas plus que moi.
Il y eut bien des larmes quand ils firent leurs adieux…