Un retour dans le passé

2484 Words
Nick se rendit au commissariat où il avait été emmené lors de son accusation de vol, il voulait rendre visite à un agent de police, son vieil ami d’enfance, John. Quand il était arrivé, il n’était plus de service, lui a-t-on informé, il avait été remplacé temporairement à cause d’un problème de santé mais, qu’apparemment, il n’y venait plus parce que son cas avait empiré. On lui avait donné son adresse et, de suite, Nick courut le voir mais, John ne l’avait pas reconnu. - Ce n’est pas votre faute, beaucoup trop d’années ont écoulé mais, cette phrase devrait vous rappeler qui je suis : « vous êtes un bon père et aussi un bon policier » - Petit battant ? Je ne peux pas y croire, tu as tellement changé, tu es devenu un homme maintenant. Dit John en lui prenant dans ses bras. - On dirait. Murmura Nick. - Pourquoi t’as attendu toutes ces années pour venir me voir ? Je pensais qu’on était devenu ami. Reprit Jonh. - Bien sûr qu’on l’était devenu. Je ne vous ai jamais oublié. - Quoi de neuf ? Qu’est ce que t’es devenu ? Aller, raconte-moi petit battant ! - La famille Bermann m’avait accueillie, en me considérant comme leur propre fils. Maintenant, je travaille et j’ai mon propre appartement. - Je suis content que t’aies réussi ta vie. Tu disais rechercher quelque chose qui dépasse l’argent, l’as-tu trouvé ? - J’y travaille encore ! C’est quelque chose, pour la maintenir, je dois me battre quotidiennement. - Dans ce cas, je te souhaite bonne chance et bon courage fiston ! - Merci ! J’ai appris que tu n’étais plus de service, qu’est ce qui s’est passé exactement ? En lui tournant le dos, John cherchait à arranger quelque truc dans la maison, il voulait éviter d’aborder ce sujet avec Nick. - Tu es marié maintenant ? Reprit-il. - Les bons policiers sont rares le savez-vous ? - Rentre chez toi Nick ! - Pourquoi refuses-tu de m’en parler ? - Je ne veux pas de ta pitié. Répondit John en fuyant son regard. - Tu connais mon passé, tu sais que j’ai été dans la rue à une certaine époque, comment pourrais-je avoir de la pitié à ton égard ? Je croyais qu’on était devenu ami ? Rétorqua Nick en souriant. - Je suis atteint d’un cancer au poumon, je n’ai plus les moyens pour continuer le traitement. Soudainement, Nick se sentait mal, il avait des serrements au niveau de la gorge. Se rappela de l’état de santé de sa petite sœur, de son cancer au poumon. Il s’immobilia, à nouveau, il avait l’impression de revivre tout ça. - Qu’y-a-t-il mon fils ? Lui demanda John d’un ton préoccupé. - Tu ne mourras pas John ! C’était la seule chose qu’il pouvait dire, ensuite, il se hâta de rentrer chez lui. Cette nouvelle avait brouillé le cours de ses pensées. Il arriva à la maison et ne trouva pas Leïssa, il était déjà sept heures et demie et elle n’était pas encore rentrée, il décida de l’appeler sur son portable en l’admonestant furieusement, ça ne lui plaisait pas que Leïssa ait décidé de passer la nuit chez ses parents sans le prévenir. - Parce que même pour passer la nuit chez mes parents, je dois avoir ta permission ? - Tu es sous ma responsabilité jeune fille, tu n’as pas besoin de ma permission quand il s’agit de tes parents comme tu le sous-entends, tu aurais du me prévenir tout simplement. On en parlera à ton retour ! Tout en somnolant, s’étirant et en maugréant, Nick passa la nuit. Le lendemain matin, il se réveilla de très tôt, se rendit à la banque pour faire un virement à John pour son traitement avant d’aller au bureau et il lui envoya son chauffeur Mike pour le ramener au rendez-vous du médecin. John, touché par l’attention de Nick, s’extasia. Suite à son rendez-vous, il se rendit au bureau de Nick pour le remercier. - Tout va bien se passer, j’en suis certain. Lui dit Nick. - Peu importe, je te serai toujours reconnaissant. - Pourquoi tu dis cela ? Pourquoi tu doutes ? - Depuis mon enfance, j’ai toujours eu en horreur les faux espoirs. - Heureusement que ta guérison ne dépend que de la médecine. On n’a pas toujours besoin d’être optimiste pour que les bonnes choses arrivent sans quoi, les pessimistes ne réussiront jamais. - Cette maturité, tu ne l’acquiers pas que maintenant, tu as toujours été un enfant spécial. Nick avait passé une journée très perturbée, quoi qu’il ne doute pas que John allait s’en sortir, cela ne l’empêchait pas de nourrir son inquiétude. Son visage s’assombrissait lorsqu’une question parvenait à lui bouleverser l’esprit. « Si ma petite Sawa avait eu cette chance, serait-elle encore en vie ? » s’auto questionnait-il. De cette pensée folle, il y craignait de donner un corps. « Ce n’est pas une vie où je peux tout recommencer, mon passé, je ne saurais le rattraper. À quoi bon de me torturer ? ». Il ne pouvait pas rester travailler, il rentra à la maison pour se reposer, en prévenant Bermann de son malaise mental mais, ce dernier en avait profité pour lui mettre au courant qu’il devait faire un voyage au cours de la semaine. Sans réagir, il s’excusa auprès de Bermann et se dirigea vers la porte de sortie. En arrivant à la maison, Il passa le reste de la journée au fond de la piscine. Il resta sous l’eau, par intermittence, il remontait pour inhaler un peu d’air, tout ce qu’il voulait c’était de faire le vide. Il y était resté jusqu’au coucher du soleil. Lorsque Leïssa rentra, elle le chercha dans toute la maison et ne put le trouver. Marah lui a raconter que Nick ne voulait point sortir de la piscine, elle y plongea et la ramena jusqu’au bord en lui convainquant d’enlever ses vêtements mouillés et d’aller se coucher. Il s’immobilisa et refusa de sortir de son mutisme, Leïssa lui déshabilla, en lui filant son pyjama et mollement, Nick tomba sur son lit, s’endormit en un clin d’œil. - Mais, il n’a rien avalé depuis ce matin. Dit Marah d’un air préoccupé. - Je vais attendre qu’il se réveille, je lui donnerai moi-même à manger, ne t’inquiètes pas Marah, il mangera à son réveil. Leïssa avait attendu pendant une bonne heure, il ne s’était pas réveillé. Jusqu’à ce qu’elle s’endorme sur la chaise. Au bon milieu de la nuit, Nick ouvrit ses yeux, apercevant Leïssa sur la chaise, se leva pour la mettre à ses côtés, ils dormirent ensemble. Il était le premier à se réveiller dans la mâtinée, il aimait bien contempler Leïssa au réveil, il y prenait plaisir, il passa des heures à le faire. - Je ne t’ai pas donné à manger hier soir ? Demanda-t-elle en tressautant. - Bonjour ma chérie ! Répondit Nick en la perçant du regard et en pinçant ses lèvres. - Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? - Qui m’a couché hier soir ? - Moi. - Va te préparer ! Je vais en faire de même. Ils filèrent chacun sous leurs douches, la routine quotidienne. En passant à table, Leïssa voulait aborder un sujet délaissé mais, elle hésitait à le faire vue son état d’hier. - Tout va bien aujourd’hui ? Lui demanda-t-elle. - Ça va. Merci de demander. Répondit Nick. - J’ai vraiment eu peur fiston. Ajouta Marah. D’un grand soupir, Nick lui demanda de ne plus en parler, il ne voulait pas se souvenir de son état d’hier. - On à une conversation à terminer. Reprit Leïssa. - Ce n’est pas le moment, on risque d’être en retard. - Il est encore tôt. On doit en parler. Insista-t-elle. - En parler de quoi ? De ta stupidité ? Je vais te dire une seule chose : la prochaine fois que tu passeras la nuit dehors sans me prévenir, tu retournes chez toi et même si c’est avec tes parents. J’espère que je suis assez clair. Lui admonesta Nick en plissant son front. - Comment pourrais-tu ne pas l’être ? Tu écris tes règlements en m’exigeant a tous les respecter. Tu ne me traites plus comme une amie, tu disais que tout redeviendrait comme avant, pendant que tu ignores mes sentiments. Je reste ici malgré tes règlements parce que j’en ai marre d’être loin de toi, loin de la personne qui me donne la force et malgré toutes ces années passées loin de toi, rien à changé. Nicky, tu réclames tout pendant que moi, je ne réclame que ta présence. Tu étais furieux contre moi non seulement parce que j’avais passé la nuit chez mes parents sans te prévenir mais aussi, parce que je te manquais. Tu t’es habitué à me voir ici tout le temps. Crois-tu que je ne vais pas souffrir pendant ton voyage ? Je n’avais pas l’intention d’y passer la nuit mais, j’ai appris par mon père que tu vas quitter le pays pour deux mois. Et le pire, tu ne m’avais rien dit. Quoique tu dises le contraire, je t’importe peu ! Nick, ne savait quoi lui répondre, il devait faire ce voyage et il savait qu’elle allait lui demander de ne pas y aller… - J’allais te le dire ! Lança Nick - Dans l’avion. Moqua-t-elle. - Je ne l’ai appris qu’hier en quittant le bureau. - Oui bien sûr, tu me trouves une excuse. - Ce n’est pas une excuse, je ne saurais te mentir tu le sais. - Tu n’es pas obligé d’y aller, j’en parlerai à mon père. Tu es aussi propriétaire de cette entreprise. - Je dois y aller, même si cela ne te plaît pas, je m’y rendrai. Je n’oublie pas que la cérémonie de la remise de ton diplôme se fera au cours de ces mois, je te promets d’y être et je ferai tout mon possible pour tenir ma promesse, sois en sûre. - Je ne veux pas de ta promesse, garde-la. Que je languis dans l’attente, cela t’importe peu. - Arrête de dire que cela m’importe peu, c’est loin d’être le cas. Opposa Nick. - Arrête d’essayer de me convaincre par des mots ! Prouve-moi que je t’importe autant que tu te tues à me le faire croire ! S’écria-t-elle - Issa. Soupira Nick. - C’est impossible d’avoir Nick Potter, je l’ai compris il y a des années mais bêtement, j’ai voulu croire le contraire. - Malgré tu sais que je n’ai que toi, cela ne te suffit pas. Je suis désolé que tu souffres toujours à cause de moi, je te jure que cette souffrance, je ne te la cause pas intentionnellement ma chérie. - Je vais être en retard, excusez-moi. Leïssa se leva d’un bond sur la table, prit son sac et se rendit en cours. Nick, avait fait de même en se rendant au bureau, il ne lui restait que trois jours avant de faire son voyage. La voix de Leïssa entrain de se plaindre ne la quittait plus, il était tourmenté. Il s’auto questionna. « Pourquoi cela me tourmente autant ? Pourquoi je souffre autant à chaque fois que je m’éloigne d’elle ? Je ne voulais pas m’attacher autant à quelqu’un ». Subitement, il se rendit compte qu’il était amoureux d’elle. D’un instant à l’autre, il recevait un message d’elle. «Hâtivement, tu vas me traiter de gamine, d’immature mais, tu n’arrives jamais à comprendre que c’est ma stratégie à moi de supporter ton absence, même en l’utilisant, je n’y arrive pas. Depuis le jour où je t’ai rencontré, tu m’avais intrigué, t’es rentré dans ma vie comme s’il t’était permis de le faire et maintenant, j’ai l’impression que tu essaies d’en sortir, encore sans ma permission. Si je t’envoie ce message, c’est pour te prévenir que j’ai décidé de rentrer chez moi, je pars avant que tu ne le fasses. Tu sais que je déteste les adieux, ne viens pas me voir avant de partir. À ton retour, peut-être qu’on essayera de nouer à nouveau ce lien. Bon voyage et prend bien soin de toi s’il te plaît ! » Sur le siège de son bureau, Nick appuya sa tête, lâcha ses cheveux et essaya de se calmer un peu. Apparement, ce message avait nourri son tourment. Cette fois, il n’avait pas envie de sacrifier sa relation avec elle. À l’université, où Leïssa suivait des cours, il se hâta de s’y rendre… - Si tu veux me souhaiter bon voyage, fais-le en face ! Maugrée Nick en s’approchant d’elle. - Ce n’était pas nécessaire. Informe-t-elle froidement. - C’est ce que tu crois ou c’est ce que tu t’efforces à croire : que j’essaie de sortir de ta vie ? - Je m’efforce à m’adapter à la réalité. Répondit-elle. - Mais, quelle réalité ? Parce que tu crois en plus que c’est la réalité ? C’est ta réalité pas la réalité. Tu fais un drame juste parce que je voyage pour mon boulot. Ce n’est pas nouveau mais, quand vas-tu comprendre que j’ai une vie à vivre en dehors de notre lien ? Quand vas-tu comprendre que ma vie ne se résume pas à la relation que j’entretiens avec toi ? Les autres ne sont pas censés abandonner le cours de leur vie, juste pour tes caprices. - Chacun de nous voit les choses différemment, je fais un drame parce que je ne supporte pas ton absence, tu ne m’as jamais appris à vivre sans toi Nicky. Tu t’es simplement contenté de me rendre dépendante de toi, de tes petites attentions, tes affections, tes caresses et même de tes regards. Comment pourrais-tu imaginer une seconde que m’en priver ne me ferait pas souffrir ? Que ce soit intentionnellement ou pas et peu importe que tu as une raison de te séparer de moi, t’es responsable de ma souffrance. Et, je ne demande pas aux autres d’abandonner le cours de leur vie comme tu dis, je ne te demande pas d’abandonner ta vie pour moi, ce serait comme m’accaparer de ton amour en t’exigeant à n’aimer rien que moi. Si je m’attache autant à toi, c’est parce que tu l’as décidé ainsi en choisissant la manière de te comporter avec moi. - Tu ne peux pas toujours réagir comme ça Issa, ces choses-là font parties de la vie, je dois travailler, je dois voyager. On dirait que j’ai eu tort de te laisser autant t’attacher à moi. - Il ne manquait plus que ça ! Dit-elle en secouant la tête. Tu sais quoi ? N’en dis pas plus, tu envenimes la situation. Nick l’attrapa et l’étreignit si fortement qu’il la fit perdre la respiration... - Je ne veux pas te perdre Issa. Ajouta-t-il d’un ton lugubre. Et précipitamment, il remonta sa voiture. Leïssa ne bougea pas d’un mètre, elle se statufia jusqu’à ce que Nick reparte.
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