- Bonjour ma chérie ! Dit Nick en s’étirant.
- Je ne comptais pas dormir ici. Répondit-elle.
- T’en es sûre ?
- Quoi ? Les choses ont changé Nicky et ça fait des années qu’on n’a pas dormi ensemble.
- On ne fait que dire : les choses ont changé et pourtant, c’est loin d’être le cas. Cette complicité qu’il y avait entre nous existe encore, malgré tout, on reste les meilleurs amis du monde.
- Hmm ! C’est moi qui cuisine aujourd’hui. Prévint-elle.
- Vraiment ? Et depuis quand sais-tu cuisiner ?
- J’ai regardé quelques vidéos.
- Sans blague !
Ils se levèrent, en filant sous la douche et ensuite, ils passèrent à la cuisine…
- Ne crois pas que je vais te laisser cuisiner toute seule, je ne te fais pas confiance, je ne me rappelle pas t’avoir appris à cuisiner. Dit Nick en déposant ses bras sur son épaule.
- Tu crois être la seule personne faisant partie de ma vie ? Ou qui peut m’apprendre des choses ? Répliqua Leïssa en la dévisageant.
- Non, mais je suis la seule personne à t’importer autant.
D’un visage sombre, elle baissa les yeux en voulant éviter d’aborder le sujet.
- Tu peux rester, mais ne gâche pas ma recette. Reprit-elle
- D’accord, et quel est le menu ?
- Pizza
- Sérieusement ?
- Quoi ? Tu n’aimes pas manger de la pizza ?
- Au contraire, je vais déguster.
Ils s’amusaient comme des fous, ils jouaient et blaguaient comme au bon vieux temps, ne connaissant aucune limite. Leïssa versa de l’huile d’olive dans les cheveux de Nick. Dans toute la maison, elle courut pour éviter qu’il la rattrape. À son tour, Nick lui versa de la farine sur la tête en prenant soin de l’éparpiller à chaque recoin du cuir chevelure.
- Je croyais que tu n’aimais pas te venger.
- Tu t’es grandement trompée ma jolie. Dommage, pendant que tu t’abusais de ma gentillesse, je faisais la même chose avec ton ignorance.
- Et tu dis n’avoir pas changé ?
- Je n’ai pas changé, je suis différent avec toi, c’est tout. Tu me rends différent.
- Et, c’est une Bonne chose, tu crois ?
- Ça va brûler ! Exclama Nick.
- Je vais regarder.
Nick n’arrêtait pas de la regarder, il la contemplait, ce qui lui a rendu un petit peu timide.
- Pourquoi tu me regardes comme ça ? Demanda-t-elle
- Est-ce devenu une interdiction?
- N’es-tu pas le seul à interdire des choses ici ? Rétorqua-t-elle.
Au bout de quelques minutes, la pizza était prête et tout le monde passait à table…
- Tu me donnerais combien ? Demanda Leïssa curieusement.
- 6 sur 10, tu n’en mérites pas plus.
- T’es jaloux, puisque ce n’est pas toi qui me l’a appris.
- Tu l’aurais mieux réussi si c’était le cas, elle serait parfaite.
- Ouais, laisse tomber.
Nick se leva de la table en allant b****r son front.
- La pizza est délicieuse ok, en plus, on était deux à la préparer, ce qui veut dire que j’ai moi aussi obtenu 6 sur 10 mais, la pâte est un peu trop lourde ma chérie. Murmura Nick à son oreille.
- Ça va Nicky, je ne suis pas fâchée.
- D’accord, tant mieux !
Aussitôt qu’ils eurent terminé de manger, ils allèrent laver leurs cheveux. Leïssa l’avait fait pour Nick.
- Ne coupe jamais tes cheveux, ils te rendent encore plus beau et encore plus séduisant. Dit-elle en prenant soin de les peindre.
- Rassures-toi ma jolie !
Et, quand revenait au tour de Nick de laver les siens, elle refusa en lui faisant de la place pour qu’il sorte de la douche.
- Où comptes-tu aller comme ça ? Je veux moi aussi laver tes cheveux. Lui dit Nick.
Apparemment, Nick ne comptait pas céder, en la retenant par les cheveux, il prit la brosse et lui brossa les cheveux. D’un moment, ils s’étaient rapprochés à nouveau mais, leurs sentiments à l’égard l’un de l’autre n’étaient plus les mêmes, ils commencèrent à tomber amoureux…
- Il y’a une chose pour laquelle je voudrais que tu t’excuses. Dit Leïssa
- Comment ça ? Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Lui demanda Nick d’un air curieux.
- Tu te rappelles quand tu m’avais demandé si j’avais perdu ma virginité dans un pari ?
- Bien sûr que je m’en rappelle mais, pourquoi je m’excuserais ? C’était une question dont tes comportements m’avaient poussé à te poser.
- Je n’ai pas perdu ma virginité dans un pari. Affirme-t-elle fermement.
- En quoi est-ce important de savoir comment tu l’as perdu ? Tu as été assez claire, lorsque tu m’as fait comprendre que c’est ta vie. C’est un sujet trop sensible pour moi et je refuse de l’aborder. Je m’excuse sincèrement de t’avoir blessé. Je sors pour que tu enlèves tes vêtements mouillés.
Nick sortit de la douche, alla dans sa chambre pour se rhabiller. Il s’allongea un moment en repensant à ce que lui a dit Leïssa. À nouveau, il se remettait en colère, rien que de penser que Leïssa n’était plus vierge, ça lui brisait le cœur…
- Je suis toujours vierge ! S’écria Leïssa en traversant la porte de la chambre de Nick.
En faisant le sourd, Nick resta allonger et ferma les yeux. Leïssa s’en approcha et le secoua de toutes ses forces…
- Je n’ai jamais donné à un garçon le privilège de m’ôter la dignité. Je sais que c’est une valeur que toute femme doit préserver jusqu’au jour de son mariage. Pendant toutes ces années où tu étais absent, je n’ai fait que jouer le rôle d’une manipulatrice pour me sentir au contrôle et ne laisser personne d’autre me rendre triste en m’attachant. Je n’ai jamais ressenti quoi que ce soit pour aucun d’entre eux, pour moi c’était un jeu rien de plus. Et je sais qu’à tes yeux, je suis tombée bien bas. Reprit-elle.
La sombre humeur qu’apparaissait sur ses traits, s’atténuait et s’effaçait…
- Pourquoi me racontes-tu tout ça ?
- À vrai dire,je ne voulais pas d’une excuse mais, de ton amour. Ajouta Leïssa
- Comment ça ?
- Je veux que tu m’aimes comme avant. Je veux compter à tes yeux comme avant. Je veux te plaire comme avant. Je veux de cette amitié pure et sincère qu’on avait avant que tu ne partes à l’université. Tu te rappelles de notre complicité ? Moi, je ne saurais l’oublier, je voudrais qu’on soit inséparable Nicky.
- Issa ma chérie ! Mon amour pour toi n’a pas changé, pourquoi me demandes-tu de t’aimer comme avant ? La distance nous a désunis certes, mais elle n’a frôlé en rien mon amour pour toi.
- Tu es sûre ?
- Bien sûre que non, comment puis-je être sûr ? J’en suis certain.
Dans ses bras, Nick la prit en la serrant très fort…
- C’est de ça que j’en suis accro. Dit-elle comme une enfant qui veut que l’on s’attendrisse et qu’on la cède.
- Tu crois que je ne le sais pas ? Ajouta Nick en tenant tendrement ses joues.
- J’ai fait la stupidité moi-même de m’en priver.
- J’ai fini par comprendre que c’était ta façon à toi d’esquiver cette douleur beaucoup trop vive. Répondit Nick en la baisant.
Dans l’après midi, ils étaient allés se promener. D’une humeur câline, Leïssa s’accrocha à Nick, ils étaient comme deux amoureux sur la route, ils étaient seuls et très affectifs. Le but c’était de passer un bon moment ensemble, à s’amuser, et délaisser ces tristes souvenirs qui empêchaient Nick à maintenir sa bonne humeur. Soudainement, ils prirent le chemin du Parc de Belleville, c’était la première fois qu’ils s’y rendaient ensemble.
Là-bas, se trouvait une jeune fille, tenant debout à jouer du violon, ce qui a resurgi le passé de Nick.
- Je me vois encore dans cet endroit à jouer du violon pour gagner de l’argent, je n’avais rien, j’étais pauvre, savoir que j’avais de quoi à manger m’importait guère. Il y avait une petite fille comme moi, assise à mendier, souvent je lui donnais ma part, avec une joie avide, elle enfouissait l’argent quémandé, presque volé. Elle avait l’habitude de jouir de ses journées mais, moi je ne cherchais pas à me nourrir physiquement, plutôt mentalement.
Nick ne voulait pas se laisser envahir par la tristesse, il grimaçait un sourire et prit la main de Leïssa en lui demandant de l’accorder une danse.
- Te rappelles-tu à quel point j’étais bon danseur, tu étais ma meilleure partenaire.
- J’étais ta seule partenaire tu veux dire ! Objecta-t-elle.
Nick la regarda, toucha son menton et ils se mirent à s’esclaffer.
- Tu es très jolie ! Lança Nick.
D’un air surprit et timide, Leïssa lui détourna le regard…
- Je croyais que j’étais le seul à être timide. Continua Nick en le perçant d’un regard.
Leïssa ne pouvait tenir son regard, par intermittence, elle baissait la tête. Nick se moquait de sa timidité et brusquement, elle lâcha sa main et lui tourna le dos. Par la hanche, Nick la retenait…
- Je voulais juste plaisanter ma belle. Reprit Nick. Ne sois pas timide, tu es juste belle et je voulais vraiment te le dire.
- Merci, depuis qu’on se connaît, c’est la première fois que tu me le dis. Répondit Leïssa.
- Depuis qu’on se connaît, tu t’attends toujours à ce que je te le dise.
- Depuis qu’on se connaît, c’est la première fois que t’as tout faux. Rétorqua Leïssa
- Depuis qu’on se connaît, tu n’arrêtes pas de dire que je me trompe à ton sujet et pourtant…
- Tu veux gagner ? D’accord Nicky.
- Ce n’était pas un jeu. Répondit Nick.
- Je pensais que tu allais faire toute une carrière en tant que violoniste, vue à quel point tu t’attaches à ce violon.
- Mais, rien dans ma phrase n’avait insinué que ce serait le cas. Je suis un grand violoniste.
- Et à quoi cela te sert-il ? Demanda Leïssa.
- À des choses que tu ne peux pas comprendre. Comme je te l’ai dit dans le passé, c’est quelque chose qui me rapproche de mon père, j’y renoncerai jamais car, cela traduirait que j’ai renoncé aux beaux souvenirs que j’ai de lui.
- Ces souvenirs t’empêchent d’être heureux ne vois-tu pas ?
- Ces souvenirs quoique provoquant une douleur intense, me maintiennent en vie. Je me raccroche à eux pour poursuivre ma lutte quotidienne.
- Tu es la personne la plus forte que je connaisse en même temps la plus sensible.
- L’humanité dépend de ses vécus. C’est ce qu’on vit qui nous rend fort, et c’est ce qu’on vit qui nous rend sensible. Répondit Nick.
D’un instant, Leïssa le lorgna curieusement…
- Qu’y-a-t-il ? Lui demanda Nick.
- Rien. Répondit-elle en sursautant.
- T’en es sûre ? Quand vas-tu enfin me dire tout ce que tu as envie de me dire ?
- Si j’avais quelque chose à te dire, je te l’aurais déjà dit, tu me connais.
- Justement c’est parce que je te connais. Et, c’est cette connaissance qui nourrit mon soupçon.
- Passons s’il te plaît. Proposa-t-elle.
En rejoignant ses mains, Nick demanda à la jeune fille de lui prêter son violon, pour elle, Nick était trop beau pour le lui refuser. Il dédia des morceaux très spéciaux à Leïssa, tous les couples se tenant sur le parc, profitèrent de ce moment pour être plus romantique à leur compagne. Leïssa était tombée sous les charmes de Nick, elle le regardait, sans pouvoir lui dire qu’il était beau. Rien qu’avec ses cheveux longs il attirait les regards. En jouant, il faisait le tour de Leïssa. Ils passèrent le reste de la journée à s’amuser, mangeaient de la glace, ils étaient vraiment heureux.
En regagnant leur domicile aux environs de quatre heures, Leïssa refusa de marcher, elle monta sur le dos de Nick, voulant qu’il la porte jusqu’à la maison.
- Tu es assez fort pour me porter. Informe-t-elle en clignant des yeux.
- Je pensais que tu m’aimais. Répondit Nick en haussant les sourcils.
- A une certaine époque, tu étais ma plus grande force. Reprit Leïssa d’un ton sérieux.
- Et, maintenant ?
- Avant, tu me conseillais mais, maintenant tu m’y imposes. En quoi serais-tu une force ?
- Si je comprends bien, tu me préférais avant ?
- Tout comme toi, tu me préférais avant.
- Rien ne nous empêche d’être cette personne là ?
- C’est vrai ! Je peux te poser une question ?
- Je t’écoute ma chérie.
- T’as eu combien de petites amies ?
D’un sursaut, Nick tenta de la déposer…
- Non, attends ! S’écria-t-elle
- Pourquoi cette question ? Et t’as réfléchi combien de fois pour me la poser ? Parce que j’ai l’air de quelqu’un ne pouvant contrôler ses sentiments ? Ou indécis ? Je n’ai jamais eu de copines.
- Désolée, je voulais pas que tu le prennes comme ça. Mais, pourquoi tu ne t’es jamais engagé ?
- J’ignore, bien que j’ai eu pas mal d’avance.
- Ce qui veut dire que tu n’es jamais tombé amoureux ? Reprit Leïssa
- Ce n’est pas parce que je ne me suis jamais engagé que cela prouve que je ne suis jamais tombé amoureux. Mais, je ne l’ai jamais été. Précisa Nick.
- Si je comprends bien, tu es le genre de mec qui croit que l’amour ne suffit pas ?
- Je suis le genre d’homme, pas le genre de mec.
- Oh ! Désolée !
- Ne t’excuse pas, change ta façon de t’exprimer c’est tout, ces propos ne te ressemblent pas.
- Toujours très méticuleux !
- Ce n’est pas que je crois que l’amour ne suffit pas, il ne suffit pas c’est tout. Il ne suffit pas d’aimer une personne et se mettre avec elle, l’amour ne fait pas tout, il ne suscite pas tout, d’autres conditions primordiales doivent être réunies. En d’autre terme, il ne suffit pas de tomber amoureux d’une personne et dire vouloir passer le reste de sa vie avec elle, nos sentiments ne changent pas les gens, leurs propres sentiments à eux ne sauraient même pas les pousser à changer, les gens sont ce qu’ils sont peu importe ce qu’ils peuvent ressentir d’aussi fort car, ce n’est jamais vraiment assez fort pour les éviter à faire des bêtises ou pour les pousser à être rationnel dans leurs réactions.
- Ok, je vois !
- Tant mieux car, je voulais te parler d’un truc.
- Qui ne va pas me plaire, c’est sûr. Répondit Leïssa.
- Je n’irais pas jusque-là.
- Toi, tu t’adaptes à tout, je me demande s’il y a vraiment quelque chose qui te dérange dans la vie à part cette amertume qui t’étouffe.
- Tu exagères !
- Il le fallait.
Malgré qu’elle avait évoqué son passé, un sourire naquit sur son visage…
- Content que tu parviens à utiliser ce verbe : falloir. Avant que j’aille à l’université, tu n’avais jamais compris qu’il a fallu que j’y aille. Il y a des choses dans la vie qui doivent être faites ou dites en dépit des sacrifices qu’on doit consentir, tout comme il y’a des choses qui ne sauraient valoir la peine.
- Crois-tu que tout le monde serait capable de sacrifier quelque chose d’important à leurs yeux ? Tout le monde n’est pas aussi fort et courageux que toi.
- Oui, je le crois ! Tout le monde en serait capable. Beaucoup de gens sacrifient leurs valeurs morales en faisant une bêtise, en faisant un choix inconscient. Nos valeurs morales ne sont-elles pas des choses importantes ? Or, aisément ils les sacrifient.
- Tu juges les gens maintenant ?
- En quoi mon dire est-il un jugement ? Je t’ai blessé à travers mes propos, c’est évident.
- Comme si ce n’était pas ton intention ? Il ne fallait pas faire allusion à cette broutille sans importance, j’essaie de laisser derrière moi cette gamine qui te déplaît tant.
- J’ai simplement pris un exemple pour que tu arrives à mieux comprendre.
- Non, tu mens ! Tu l’as choisi juste pour me frapper en plein visage mes mauvaises attitudes.
Furieusement, elle descendit sur son dos…
- Tu te décris à travers moi, c’est toi qui prends plaisir à blesser les gens, à me blesser moi, ta mémoire te fait défaut peut-être ?
- Tu sais quoi ? Laisse tomber.
Leïssa se précipita de rentrer à la maison. Nick essaya d’attraper sa main, elle la repoussa en lui demandant de ne pas s’approcher d’elle. En arrivant, Nick prit son manteau et quitta à nouveau la maison. Leïssa, mourait d’envie de lui demander où il comptait aller mais, vue sa réaction de tout à l’heure, elle se retenait. La tête baissée, elle se dirigea dans sa chambre…
- Je vais rendre visite à un vieil ami. Lui dit Nick.
Brusquement, elle se retourna en lui disant qu’elle comptait profiter de son absence pour rendre visite à ses parents.
- D’accord, je passe te prendre en rentrant. Répondit Nick
- Je suis assez grande, tu ne crois pas ? Refusa Leïssa.
- Je sais que ce n’est pas qu’à tes parents que tu vas rendre visite. Fais bien attention, n’oublie pas les règlements de la maison. Dit Nick en reprenant son air autoritaire.
- Comment puis-je oublier père sévère ! D’un ton ironique, elle répondit.
- Arrête de m’appeler comme ça !
- Arrête de réagir comme tel ! Répliqua-t-elle.
- Tu restes une gamine !
- Tu me traites comme telle, comment ne pas l’être ?
- À plus tard Issa !