Alicia ne ferma pas les yeux cette nuit-là. Elle savait qu’en dépit du courage héroïque que livraient ses hommes pour arrêter l’armée Tristannienne, ils finiraient par être vaincus. Elle regarda les eaux tranquilles du lac miroiter sous l’éclat lunaire et soupira. « Bientôt ses rives seront teintées de sang, songea-t-elle amèrement. » De son côté Vixar fumait sa pipe assis à l’entrée de la tente royale. Il ne s’attendait pas à ce que l’armée Faërienne résiste aussi bien. « Si seulement l’invocation de ce maudit Quishmaleck et la destruction de la porte du levant n’avaient pas tant drainé mes forces, il me suffirait d’un claquement de doigts pour les mettre à genoux, pensa-t-il. » La nuit passa ainsi, pour certain dans l’angoisse du lendemain et pour d’autre, dans l’impatience de la victoi

