Il n'y avait rien de pire que le flair d'un loup. Enfin si, celui d'une dizaine d'entre eux.À l'instant où je descendis de ma voiture et que je les vis, têtes légèrement relevées, la truffe en l'air, je sus qu'ils m'avaient étiqueté : p**e à vampire.Ce n'était pas tant ce qu'ils pensaient tous de moi qui me mis mal à l'aise. Non, ce qui me mortifia, se fut le regard que portait leur alpha sur ma personne. Celui qui criait à la trahison et à la déception.
Je ne voulais pas de Vladimir dans ma vie, alors pourquoi ce qu'il pensait de moi revêtait une telle importance à mes yeux ? Je n'en savait foutrement rien et franchement, je n'étais pas pressée de le découvrir.Je m'attendais à une réaction plutôt violente de sa part et en passant devant lui, seulement vêtue de ma chemise d'homme, j'eus l'impression qu'il y voyait a travers et savait sans l'ombre d'un doute que je ne portais rien en dessous.Je m'excusais sans vraiment le regarder lui demandant de patienter encore un moment. Il ne me répondit pas, se contentant de se diriger vers les jardins. J'eu dans l'idée de la rattraper, mais qu'aurais-je pus dire ? Que j'étais désolé ? Mêmes à mes oreilles, ces mots auraient résonné comme un mensonge. Car à cet instant, alors que je sentais le poids de la contrariété chez l'alpha, je souhaitais ardemment me jeter dans les bras de Noah. Qu'il me fasse oublier jusqu'à mon nom. Le moment n'était pourtant pas à l'égarement.
Je devais prendre une douche en toute hâte sinon les loups continueraient à me regarder dégoûter. Me manquant ainsi de respect alors qu'ils étaient chez moi. Sans mon café, je ne serais pas en état de prendre sur moi, et je risquais fort de leur tirer dessus. Et puis le clan des loups était comme une énorme chaîne : tant que l'alpha ne se serait pas calmé, les autres resteraient aussi démuni qu'une fourmilière sans reine.
Je traversais donc le salon, envoyant un baisé à mes princesses qui jouaient à la console, coupées de la réalité comme toujours devant leurs jeux vidéo. Pour ensuite monter les escaliers lentement sans faire de grandes enjambées. Arrivée à l'étage, je passais devant la chambre de Vé. Elle y était assise face à un tas de livres de magie relevant à peine la tête pour me saluer.
- Tu ne veux pas les potins, lui souris-je.
- Oh que si, ne crois pas que tu peux...
Me regardant enfin, elle écarquilla les yeux sans finir sa phrase, courant à ma suite comme hypnotisée.
Je savais de quoi j'avais l'air. D'une fille ramassée sur le trottoir. Pourtant, face a elle, je ne pouvais me sentir gêné. Veronica était ma personne. J'avais peut-être trop maté d'épisodes de Grey's anotomy, mais on était en tout point comme ces deux amies : Christina et Mérédith.Nous étions inséparables.
- Nom de Dieu Tu as traversé le salon dans cet état ? Feignit-elle, oscillant entre l'indignation et la moquerie.
- À ma grande honte, oui. Et pas que le salon, une bonne partie de la ville, répondis-je laconiquement.
- Petite coquine ! Je serais tenté de t'accompagner à la douche pour connaître les détails.
- Ah ça non ! Plus tard. Il me faut déjà gérer un alpha passablement colérique avec des tendances psychotiques alors laisse-moi méditer sur ma condition cinq petites minutes, seule.
- Très bien, mais tu sais que tu n'y échapperas pas.
- Comme si je pouvais te cacher quoique ce soit, Vilaine fouine. Qu'est-ce que tu cherches dans tous ces livres ?- Comprendre certaines choses.Son ton changea radicalement. Depuis son arrivée, Vé me paraissait bien différente. Néanmoins, à ce moment-là, je ne m'attardais pas sur sa réponse, convaincue qu'il s'agissait encore des sorcières.Alors que Vé se replongeait dans ses bouquins, je pénétrais dans la salle de bain pour un récurage intensif.Le temps que le jet d'eau m'enlève une partie de mes tentions, j'avais repensé à la soirée qui s'était mieux passer que je ne l'avais prévue surtout dans l'optique que je n'avais tué personne. Ce qui signifiait également que personne n'avait intenté à ma vie. Même si Sevastian restait un foutu t*********l et qu'il n'obtiendrait jamais la palme du meilleur père du monde. Mais enfin, qui faisait encore des mariages arrangés de nos jours ? Surtout quand on avait jamais participé à la vie de la potentielle mariée. Je soupçonnais le vampirisme de lui avoir ôté quelques cases dans le processus de transformation.
- Ce qui ne t'a pas empêché de passer du bon temps, me nargua ma conscience.
Non seulement savoir que mon père y trouverait son compte ne m'avais pas arrêter, mais en plus, je me languissais de recommencer.
Le souvenir du sourire de Noah fini par me détendre totalement. Malheureusement, ce fut de courte durée. Les voix perçantes de mes filles me parvinrent. S'il y avait bien un truc qui ne m'avait pas manqué durant ces quelques jours, c'étais sans aucun doute les cris de deux adolescences survoltées. Le temps de m'essuyer et de me vêtir, le chahutement avait cessé. Des frissons me prirent subitement. Une carte apparut :- L'amoureux.
- p****n de m***e ! Grognais-je manquant de m'ouvrir le crâne sur le carrelage trempé.
Une fois assurée de mon équilibre, je me précipitais dans ma chambre et attrapais le pistolet qui trônait sur ma table de chevet, là où toutes femmes normalement constituées auraient posé un livre. Moi j'étais tout sauf normal et surtout, j'avais l'instinct de conservation.
Quand j'arrivais dans le salon, une scène irréelle se jouait sous mes yeux. Veronica rouleau encore sur le crâne, vêtu d'un peignoir et de chaussons ridicules d'un rasta fumant un bedo, avait les mains en l'air, figé dans une expression choquée. Je n'y avais pas prêté attention plutôt, mais elle n'avait pas quitter son pyjama alors qu'il était plus de dix-sept heures. Elle regardait mes filles la bouche grande ouverte, faire face à leur géniteur. En voilà un autre qui obtiendrait jamais le petit certificat mentionnant "pour le papa le plus fantastique au monde".
Je me passais une main dans les cheveux et me concentrais sur l'intrus. J'étais prête à l'atomiser, le faire disparaître de la surface du globe rien que pour son timing pourri. Alors imaginer ce que je pourrais lui faire sachant qu'il s'était invité chez moi alors qu'il savait que les filles y étaient.Ce mec, ne savait-il rien faire en douceur ?Je comptais le mettre en joue quand la voix particulièrement grave et sadique de Catherine attira mon attention. Je ne l'avais jamais entendu parler ainsi.
- Nous prend-il pour des pantins ? Suggéra-t-elle à sa sœur ?
- Il serait plus correct de dire qu'il pense que nous ne sommes que de simples marionnettes, manipulées par maman, fit Victoria d'une voix toute aussi sombre.
Poster au coude-à-coude, la tête penchée sur le côté, complètement symétrique.
- Peut-être serait-il drôle de lui jouer un petit tour, ricana-telle.
Elles se mirent à rire comme des démentes l'une comme l'autre. Même moi, ça me fichait les jetons. Puis Catherine me regarda, elle me sourit et mon hébétement disparu. Je lui souris en retour. Mes deux adorables princesses se jouaient de leur père. J'en étais ravie. Il ne valait rien de mieux.
- Mère ? Serait-il acceptable de démembrer cet intrus, me demanda-t-elle alors.
- Nous n'en serions pas tenues responsable. Après tout, nous ne sommes que de simples marionnettes, ajoutait Vicky.
Puis, elles rigolèrent à nouveau. Ou plutôt elles furent prisent d'un fou rire ne pouvant plus pousser la comédie plus loin. Même Veronica rigola très vite suivit par moi. Pour notre défense, la tête s'affichait Dimitry valait tout l'or du monde. Il était dans un état d'hébétement total. Les yeux grands ouvert ainsi que la bouche. Le corps entier crispé.
- Cher Père, assena Catherine, apprenez que nous ne sommes les marionnettes de personne. Si vous ignorez depuis toujours notre existence, il en va de votre responsabilité.
Ça, c'étaient bien mes princesses.
- Il n'en est pas de même pour nous. Nous savons parfaitement qui vous êtes. Et quel genre de type vous êtes.
Vladimir était arrivé en sueur, toujours tourmenté, mais vraisemblablement dans de meilleure disposition. Il se figea.
- Elles ont treize ans ? Demanda-t-il alors.On ne dirait pas.
- Elles aiment jouer la comédie, répondis-je en me tenant le ventre. Là, je dois avouer qu'elles ont dépassé mes espérances. Dimitry a eu ce qu'il méritait en arrivant sans prévenir.
- Rassure-toi, Dimitry, elles ne parlent pas comme ça tous les jours, dis-je sèchement.
L'intéressé ne dit rien. Il était certainement toujours en train de se remettre.
- Je vous trouvais diabolique, ajouta Vladimir, je revois mon jugement, vous êtes une sainte face à ces demoiselles.
Mon majeur se dressa bien haut et telle une enfant, je lui tirais la langue.
- Les filles, repris-je. C'était bien jouer. Maintenant filez, je dois parler à ces messieurs.
Je jetais un regard noir à Dimitry. Et attendit que Veronica aille avec elles à l'étage. J'étais certaine qu'elle avait déjà jeté un sort pour que leur ouïe ne filtre rien de ce qui se dirait.
- La prochaine fois qu'il te prend l'envie de te tenir auprès de mes filles sans m'en avertir, tu finiras en carpette, hurlais-je.
Sans que je ne m'y attende, il me gifla alors que ses yeux de loup avaient remplacé ceux de l'homme. Je dégainais sans même réfléchir, prête à lui mettre une balle entre les deux yeux. L'alpha s'interposa.
-N'intervenez pas, fis-je.
- Cette situation est aussi de votre fait. Alors essayez au moins d'arranger la situation comme des gens civilisés.
C'était petit. Ce cher alpha m'en voulait et utilisait son petit toutou pour se venger. Je ne l'entendais pas de cette oreille. Je ne devais rien à personne.
- Des gens civilisés ? Il vient de me gifler. Vous croyez quoi ? Que ça me plaisait d'élever mes filles seule ? Que les choses ont été faciles ? C'est lui qui a quitté la barque pas moi alors ne venez pas la ramener alors que vous ne savez rien de ce que j'ai dû traverser.
Une émotion inattendue traversa le regard redevenu humain de Dimitry : de la culpabilité accompagner d'une soudaine détresse. Si je n'avais pas traversé l'enfer à cause de lui, il aurait pu m'attendrir.Mais la seule chose qu'il m'inspirait était une hargne profonde. Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais pris le temps de mettre des mots sur ce que m'avait infliger son rejet.
- Tu aurais du me le dire. J'ai tellement regretté ce que j'ai fait. Je t'ai recherché longtemps sans succès et puis je suis tombé malade, précipité au bord du trou. Nous, tous les loups présents à l'époque ont supposé qu'on m'avais jeté un sort pour que je rejette mon âme-soeur : toi.
- Je n'étais pas ton âme-soeur. Et tu ne mourrais pas. J'avais besoin de survivre pour elles, pour mes filles. Alors j'ai engagé un sorcier pour annuler l'imprégnation. Si nous avions été âme-soeur, nous en serions mort tous les deux. Notre rencontre, notre amour ... Ce n'était qu'un sort.
- Je sais que tu me détestes, mais tu ne peux pas dire ça.
Je relevais les yeux et vu que Vladimir nous laissaient seuls. Je me reconcentrais sur Dimitry. Ce n'était pas des mots faciles à prononcer. Quand j'avais appris la vérité, je m'étais senti anéanti.
- Je ne dis pas ça pour te faire du mal, mais c'est ce que le sorcier m'a dit quand il a cassé le lien. Le sort était puissant.Le loup sembla disparaître pour laisser place à l'homme. Dimitry réfléchi un moment.
- C'est si difficile à admettre. Quand j'ai su que tu étais de retour, j'ai espéré que tu.. Enfin, tu vois. Pour moi, ce n'était pas fini. Enfin jusqu'à ce que je vois Vladimir changer à ton contact. Je ne pouvais pas lutter.Mais j'admets que mes sentiments n'étaient plus les mêmes. Tu sais, je suis retourné voir cette fille après avoir rompu, mais dès que je l'ai vu, j'ai su qu'il y avait un problème. Je ne ressentais plus rien pour elle. Et ton absence était comme un trou dans ma poitrine, alors je suis revenu pour te le dire, mais tu étais parti. J'en restais sidéré. Je n'avais jamais imaginé que Dimitry puisse ressentir quelque chose pour moi après que le sort est été casser. Pas plus que je ne m'étais douté du fait que les autres loups puissent percevoir le lien qui nous unissait Vladimir et moi. Ne pouvais-je pas avoir une vie paisible et sans drame ?
- Après ça, chaque seconde de chaque journée ont été comme me plonger dans les ténèbres sans moyen d'en ressortir, finis Dimitry.
Exactement, comme pour moi, c'était pour ça que j'avais décidé de faire intervenir la magie. J'étais incapable de m'occuper de deux bébés. Ce lien me tuait. Mais il n'était pas question que je lui avoue ça. À quoi ca servait de pleurer sur le lait reversé.
- Je peux comprends que tu ne voulais plus de moi dans ta vie, mais ça Jones, tu aurais dû me le dire.
- Tu m'avais jeté, je ne pouvais pas revenir et te faire face. Je n'en étais pas capable.
Dimitry me lâcha les mains. Je ne mettais même pas aperçu qu'il me les avait prises. Revivre le passer faisait mal.
- J'ai besoin de temps pour assimiler tous ça, dit-il avant de partir. Je reviendrais, tu ne me sépareras plus de mes filles. Je veux faire partie de leur vie.
Je ne pris pas la peine de répondre. Au final, ce n'était pas à lui dans décidé pas plus qu'à moi. Cette décision revenait à Victoria et Catherine, les prunelles de mes yeux.