Chapitre XIIIIls déjeunent, et les mots sont vides, se répètent, disent à l’envi le soulagement, se saoulent de soulagement – eh bien, tout s’arrange – je peux bien avouer maintenant que je n’en menais pas large – tu verras que tu n’y seras pas si mal, dans cette maison – elle n’est pas si mal, finalement, cette petite maison – le principal est que tout se soit arrangé – çà, il y a eu un moment où je n’étais pas trop fier. Et derrière le flot de paroles audibles que personne n’entend, pas même qui les prononce, dans les silences auxquels incite la mastication, trois monologues bien plus forts déroulent leur cours : chacun se considère, considère ses commensaux, comme pour la première fois ou comme si c’était la dernière, car demain ils seront autres et ne verront plus ce qu’ils sont. Le

