Chapitre XVIA cinq heures, il fait nuit. Il faut traverser la forêt pour rentrer, où les phares donnent moins l’impression de susciter troncs et feuillages des ténèbres, que de tailler dans des blocs de nuit, projetés comme des remous de chaque côté de la voiture. L’hiver, ici, n’a pas pour habitude de s’annoncer comme il le fait au pays de Clément : quelques gelées blanches y servent de semonce, les brouillards peu à peu s’y font plus pénétrants. Ici, en une seule nuit il se rue, porté par un vent furieux que l’Océan n’amadouera que bien plus tard, là où la Loire devient large et sableuse. Un verglas sournois s’abat, persiste par plaques têtues sur les petits ponts, les dos-d’âne, les routes des sous-bois. Certains virages sont dressés pour tuer. Malgré les pneus cloutés dont, pour la

