Chapitre 9

1084 Words
Cheikh ne semblait plus aussi enthousiaste dans son travail. Une chose lui manquait et il le savait, mais refuser de l’admettre. Une semaine que Zeyna était chez ses parents et depuis, il semble déconnecté. Il ne ressentait plus l’envie de rentrer tôt chez lui. C’était devenu une vraie pression. Marianne semblait plus que déterminée à lui mener la vie dure. En l’absence de Zeyna, la maison ressemblait à une vraie porcherie: le lit défait, les draps qui pouvaient y rester plusieurs jours durant et chaque jour c’était des repas commandés pour le dîner. Il ne la critiquait pas, mais il y’avait le minimum. Tout ce qui l’intéressait c’est le paraître. Toujours bien habillée, des faux ongles, des cheveux brésiliens sur la tête et des accessoires de marque. Ça ne le dérangeait pas qu’elle prenne soin d’elle, mais il aurait voulu qu’elle soit un peu comme Zeyna. Avec cette dernière, tout était fait avec douceur. Pendant ses tours chez elle, il trouvait toujours son déjeuner sur le lit après sa douche, le lit fait, ses discussions nocturnes où chacun racontait à l’autre sa journée, ses habits étalés ainsi que ses effets personnels. Le dîner était chaque soir différent et l’encensoir dégageait toujours une bonne odeur. Il n’aurait jamais cru le dire un jour mais sa villageoise lui manquait. Il sourit en pensant à cela. **** —Cheikh écoute moi. De retour chez lui, Cheikh avait décidé qu’il en avait assez de rester sans sa première femme. —Arrêtes Marianne, je dois aller chercher ma femme. Elle fronça les sourcils —Et moi, je suis quoi pour toi ? — Arrêtes ton cinéma, bon sang ! Je dois prendre maintenant la route si je ne veux pas arriver là-bas au milieu de la nuit. Il allait passer la porte lorsque d'un coup un terrible mal de ventre le prit. ******** Deux semaines se sont écoulées sans que son mari ait fait signe de vie. Elle se disait au fond que celui-ci n’en avait rien à faire d’elle. Même pas un coup de téléphone et elle tombait toujours sur sa boîte vocale lorsqu’elle essayait de le joindre. Dès la première semaine qu’elle a passée sans nouvelles de son mari, elle entendait déjà toutes sortes de moqueries venant de ses marâtres et de ses demi-sœurs. Elle savait bien ce qui se racontait derrière son dos, mais continuer de garder la foi et l’espoir qu’il viendrait la prendre un jour. Elle priait Dieu à chaque instant, mais elle ne pouvait s’empêcher de se poser la fameuse question à savoir: pourquoi tardait-il tant ? –Arrêtes de te torturer l’esprit et sois patiente ma fille, entendit-elle la voix de sa mère lui conseiller. —Tu penses vraiment qu’il viendra, maman? J’en suis absolument certaine ma chérie. Aucun homme sensé n’abandonnera une perle aussi précieuse que toi, la rassura celle-ci en caressant sa joue. —Mais ça fait deux semaines maman... —Je sais mais aies foi, il viendra. Trois jours plus tard, son vœu fut enfin exaucé. Elle était dans les champs en train de chercher du bois pour sa mère lorsqu’elle entendit des craquements de bois derrière elle. En se retournant pour savoir de quoi il s’agissait, elle le vit soudain se positionner en face d’elle. Elle faillit s’évanouir, croyant être l’objet d’une hallucination. Mais lorsqu’elle vit ce sourire, elle sut que c’était la réalité, alors elle courut avant de se jeter dans ses bras. —Tu m’as manqué, souffle-t-il dans son cou —Pourquoi avoir autant tardé ? Seynabou lui demandait cela, toujours en le serrant dans ses bras. —Je suis là maintenant, c’est le plus important. —Oh Cheikh je t’aime tellement ! Ça lui avait échappé sans même qu’elle y pense. À peine avait-elle prononcé ces mots que son cœur se figea. Il resta silencieux un moment avant de lui répondre —Moi aussi, je t’aime. C’était avec les mains liées qu’ils étaient rentrés à la maison. Sa mère lui lança alors un sourire, pour lui faire savoir que la patience était une vertu. Elle commença à présenter de nouveau son mari à sa famille pour leur montrer qu’il était bien venu la reprendre. Soulignant sa fatigue, son père lui conseilla de conduire son mari dans sa case. —Oh ma villageoise ! S’exclama-t-il en la taquinant. —Thcipp... —Ca aussi, ça m’as manqué, rit il en gorge déployé. —Qu’est-ce que tu fais cheikh ? Il venait de la mettre en califourchon sur ses genoux avant de commencer à caresser l’intérieur de ses cuisses. —N’est-ce pas que tu es ma femme ? L’interrogea-t-il en la fixant des yeux. —Mais quelqu’un peut rentrer à tout moment. Elle disait cela en jetant quelques coups d’œil à la porte. —Et alors ? Il ne l’écouta pas plus longtemps et captura soudain ses lèvres. Ils se déshabillèrent assez vite avant de se couvrir le corps. Il l’a pénétra avec toute la douceur possible et ils restèrent silencieux en faisant l’amour. Seynabou avait du mal à croire qu’elle était en train de savourer les sensations que lui faisait vivre son mari dans cette case. Elle se retenait du mieux qu’elle le pouvait sous les assauts de celui-ci. Ils restèrent là toute la nuit, faisant l’amour encore et encore. À l’aube, elle sut que si personne ne les avait dérangés, ça devait être grâce à sa chère maman. Avec le sourire, elle retrouva celle-ci assise devant le feu de bois ou était posée une marmite. —Ah enfin, tu sors de cette chambre. Elle baissa les yeux, devenue tout d’un coup toute timide. —Bon, va faire ta toilette avant que je ne termine le déjeuner. Elle lui hocha la tête avec toujours ce sourire scotché sur les lèvres. De retour dans la case, elle regardait encore son mari endormi dans les draps se demandant comment était-ce possible qu’elle ait eu autant de chance. Elle avait lu beaucoup de livres à l’eau de rose, mais aucun n’avait jamais décrit une telle sensation de bonheur. Finissant de s’habiller, elle sortit de la chambre afin d’aller aider sa maman. **** —Pourtant vous pouviez rester encore quelques jours. Proposa sa mère. Avec Cheikh, ils venaient d’annoncer leur départ — Merci maman, mais c’est le travail qui appelle. La prochaine fois, on restera plus longtemps. Lui répond cheikh —J’espère que Seynabou fait bien ses devoirs ? Questionna sa mère. —Oui maman, elle s’occupe très bien de moi. —Hum, en tout cas, c’est ce que je lui ai ordonné de faire et j’espère qu’elle applique bien mes mots. —Bien sur maman, on doit partir maintenant. Ils montèrent dans la voiture avant de démarrer. Ça fit encore de la peine à Seynabou de quitter son village. —Hé, on reviendra bientôt, t’inquiètes pas, lui promit Cheikh pour soulager sa peine. —Je sais mais ils vont tellement me manquer. —C’est normal, mais il y’a les téléphones. Elle fut silencieuse et se tourna vers le paysage pour oublier.
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