Firdha et Norah entrèrent à peine dans l’appartement, que Norah la tira vers un fauteuil. - Allez! racontes, c’était qui ce beau mec avec lequel tu étais ? - Il n’y a rien à raconter, dit simplement Firdha en feignant de se lever. - Non, non non, reviens ici ! Tu penses que tu peux t’en tirer aussi facilement ? Assieds-toi et racontes moi tout ou je ne te laisse pas dormir. - Bon, c’est bon, tu as gagné ! déclara Firdha en se rasseyant, un sourire amusé aux lèvres.
Elle ramena ensuite ses pieds sous elle après avoir enlevé ses escarpins.
- Bon, on s’était heurté à l’entrée de la villa. J’ai faillis m’étaler au sol mais Il m’avait rattrapé de justesse. C’était tout de même de sa faute donc il est venu s’excuser. On a profité pour faire un peu connaissance. Rien de plus ! - Humm, rien de plus hein ? Et les yeux que vous vous faisiez, c’était quoi ? - Tu exagère…
Norah prit un air faussement étonné.
- Moi j’exagère ? Tu connais ce que l’on appelle le coup de foudre ? C’est typique de ce qui vient de se passer entre toi et ce…Jason ! Une rencontre inattendue, vous faites connaissance et tu te rends compte qu’il te plait…vous commencer par vous voir régulièrement et bim ! une demande en mariage. Tu connais la fin ? Ils vécurent heureux et eurent pleins, pleins d’enfants. - Tu regardes trop de films à l’eau de rose toi ! s’exclama Firdha en riant. - Ok, répondit Norah en levant les deux mains au ciel. De toute façon je finirai par découvrir ce que tu me caches Firdha éclata de rire de plus belle. - Bonne chance la détective ! Je te laisse avec tes enquêtes, moi j’ai sommeil. Tu m’as épuisé. - Dis plutôt que c’est ton beau Dracula qui a sucé tout ton sang. Ne viens pas mentir sur moi, vilaine fille ! - Je t’aime aussi ma sorcière, répliqua Firdha en empruntant les escaliers. Bonne nuit. - Bons cauchemars, répliqua Norah en lui tirant la langue.
Norah resta au salon encore quelques minutes et finit par se diriger vers sa propre chambre en pensant à la belle soirée qu’elle avait passé.
*** Jason se tournait et se retournait dans son lit incapable de trouver le sommeil. Son lit était pourtant très douillet…Au fait ce sont ses pensées qui refusaient de quitter l’image de Firdha. Il l’avait trouvé si belle dans sa robe rouge et ses lèvres pulpeuses l’avaient attiré tout au long de leur discussion. Elle avait une façon coquine de rire qui le mettait aux anges à chaque fois qu’elle riait. Jamais il ne s’était senti autant attiré par une femme. Fils unique, vingt-cinq ans, venant d’une famille fortement aisée, Jason ne manquait pas de conquêtes. Il a toujours aimé les femmes grandes, blondes, soumises, mais ce soir en voyant Firdha avec son petit visage angélique, il avait été conquis. La famille Lombardi est l’une des plus connues dans le domaine du business internationale. Son père, un grand homme d’affaires, avait toujours eu du succès dans sa carrière. Jason le considérait comme une idole, son mentor, raison pour laquelle déjà a vingt-cinq ans il commençait par se frayait une place dans le domaine du business. Malgré son sens aigu du travail, Jason ne se privait tout de même pas du plaisir charnel. Pour lui, les femmes étaient un moyen indiscutable de relaxation après une longue journée de travail. Son physique d’athlète et son teint bronzé ne pouvaient que les faire chavirer. Il se leva, alla vers sa fenêtre et entreprit d’admirer la nuit profonde. Tout était si silencieux…propice à des confessions intimes. Excédé, il revint se coucher et reporta son attention sur le plafond. Jamais auparavant une femme n’avait autant accaparé ses pensées. Il resta là, couché dans son lit grand, à rêvasser et à prier intérieurement de pouvoir revoir la jeune femme qui ne l’avait pas laissé indifférent ces dernières heures. Ce fut au petit matin il arriva enfin à fermer les yeux, sombrant enfin dans le sommeil.
2. - Salut ma belle. - …. - Me dis pas que tu fais cette tête à cause d’hier…Il ne s’est rien passé entre cet homme et moi et d’ailleurs je venais à peine de le rencontrer que voudrais tu qu’il y eut ? - … - Bon ok, je vais dans ma chambre et tu n’as pas intérêt à venir me parler !
Firdha fit semblant de partir lorsque Norah posa son téléphone et l’interpella :
- Tu penses aller où comme ça ? - Ah ! donc mademoiselle parle ? - Je méditais, répondit Norah en reprenant son téléphone. Firdha se mit à rire et s’assit près d’elle. - Tu ne cesseras jamais de m’étonner toi. D’ailleurs je crois que tu deviens un peu trop impolie. Tu n’as pas à te mêler des affaires de ta grande sœur.
Norah pouffa.
- Tu as juste un an de plus que moi ! - C’est déjà assez pour que je te mette une bonne fessée au cas où tu ne restes pas tranquille. - Humm, n’oublies pas que j’ai fait les arts martiaux. - Tu parles ! On fera la démonstration de nos forces physiques après pour l’instant j’ai une faim de loup, tu nous as préparé quoi ? - Omelettes… - Quoi ? Encore ? Tu ne sais pas cuisiner un autre truc à part les omelettes ? Des toasts ce n’est pas mal tu sais ?
Elle termina sa phrase en esquissant une grimace. - Tu penses peut être que c’est facile de faire des omelettes ? Casser la coquille, battre ensuite le contenu…
Firdha se mit à rire. - C’est bon, j’ai compris le signal. Je vais nous faire le petit déjeuné ! déclara-t-elle en se levant. - Ah bon, mes omelettes n’étaient pas mal tout de même.
Firdha la dépassa et en profita pour lui tirer les cheveux. - Aïe ! gémit Norah. - Oups désolé ! Elles éclatèrent une fois encore de rire et Firdha se dirigea vers la cuisine en sifflotant. Ces quelques heures passées avec Norah avaient suffi à lui remonter le moral. Cela ne l’étonnait pas puisque sa jeune amie avait toujours eu ce don. Oui, Norah jouait un très grand rôle dans sa vie, il fallait l’admettre. Norah feuilletait un magazine pendant que Firdha s’affairait devant les fourneaux. - Dis-moi madame ¨ Je sais tout¨ c’était qui le gars avec qui tu dansais hier ? J’ai remarqué que tu étais tout le temps accrochée à son cou. - Euh, il s’appelle Marcus. On venait juste de se rencontrer.
Elle se tut et reporta son attention à son magazine
- C’est tout ? s’étonna Firdha. Toi qui criais sur tous les toits que je te cachais des choses, tu n’es pas très bavarde non plus à ce que je vois. Attends que je finisse de cuisiner et tu verras si tu vas parler ou pas.
Norah pouffa.
- Bon, c’est bon ! Au fait, il m’a invité à diner ce soir. Histoire de faire un peu plus connaissance… - Et tu pensais me le dire quand ? Tu n’es vraiment pas drôle, lui reprocha Firdha, vexée. - Ne fais pas cette tête, j’allais t’en parler. Tu sais que je ne m’emporte pas vraiment pour ce genre de chose non. En plus je ne sais pas trop si je devrais vraiment y aller tu vois ? Ne sois pas fâchée ok ? Je reconnais que j’ai été un peu cachotière. - Un peu tu dis ? Dans tous les cas, tu me raconteras comment tu la trouvé à ton retour ce soir. - Sans faute, avec tous les détails possibles ! - Euh, je me passerai des détails. Merci tout de même, répliqua-t-elle en faisant une grimace.
Firdha avait fini sa cuisine. Elle leur avait mijoté de petits plats délicieux. - Ummh, ça sent vraiment bon ! s’exclama Norah en posant son magazine et s’approchant de la table à manger. - Merci, répondit Firdha en lui souriant.
Elles s’assirent et se mirent à déguster le repas en silence.
- Tu dois m’apprendre à cuisiner comme toi, dit Norah au bout de quelques minutes. - Si tu veux, ça me fera plaisir. - Cool. Dis ça te dit qu’on aille faire du shopping ensemble ? - Oui, c’est une bonne idée. Je vais en profiter pour m’acheter des trucs. - D’accord.
Elles dégustèrent les derniers morceaux de toasts qui étaient dans leurs assiettes et Norah débarrassa la table. Quelques minutes plus tard, elle se promenait dans presque tout Locarno, déambulant de boutiques en boutiques, attrapant tout ce qui leur tombait sous les mains. Elles ne virent pas le temps passer tellement c’était bon de s’acheter de nouveaux trucs. Lorsqu’elles se décidèrent enfin de rentrer, Firdha ne peut s’empêcher de pousser un soupir de satisfaction. Elles sortaient de leur sixième boutique en papotant comme à leur habitude lorsque soudain, Norah se figea sur place. - Euuh Frifri, ce n’est pas ton beau-père que je vois là ?
Firdha pivota sur elle-même et son sourire disparu instantanément. En effet, c’était bien John, avec une femme qui n’était pas Kenny. Norah et Firdha étaient juste à quelques mètres D’eux. Ils sortaient d’un restaurant et visiblement John raccompagnait la ¨Dame¨. Tout paraissait normal jusqu’à ce qu’avant de monter dans sa voiture, la femme embrassa John à pleine bouche. Firdha manqua de tomber à la renverse. Elle n’arrivait pas à distinguer le visage de la femme car cette dernière portait des lunettes de soleils et un grand chapeau. Sous une impulsion, elle se dirigea rageusement vers John qui montait déjà dans sa propre voiture. Norah la rattrapa à temps et la traîna dans une ruelle.
- Laisses-moi Norah, hurla Firdha en se dégageant. Ce salop trompe ma mère, tu t’en rends compte ? Laisse-moi aller le remettre à sa place ! - Du calme, du calme ! Pour qui te prends-tu ? Wonder Woman ? Rentrons à la maison. - Pas avant de lui avoir dit ses quatre vérités. m***e ! - Tu n’iras nulle part je dis ! répliqua Norah en hélant un taxi.
Elles furent chez elles en un clin d’œil. Firdha jeta à terre les sacs qu’elle tenait et se tourna vers Norah.
- Pourquoi tu m’as retenu ? vociféra-t-elle. - Tu pensais faire quoi comme ça ? Ignores-tu que dans les moments comme ça il faut garder son sang-froid ? - Garder quoi ? Je vais de ce pas parler à ma mère. Ce f****r ne peut pas se jouer d’elle de la sorte. Même si je suis en colère contre elle, je refuse catégoriquement que John se paye sa tête. Hors de question !
Norah la dépassa, s’assit dans l’un des fauteuils et se mis à se masser ses orteils endoloris.
- Tu penses vraiment que ta mère va te croire ? Elle est raide dingue de John et boit toutes ses paroles. C’est toi-même qui me l’as dit, tu t’en souviens ? - Oui oui, je sais ! Mais je ne peux pas rester les bras croisés. - Ecoutes, reprends-toi. Tu sais très bien que ta relation avec John n’est pas l’une des plus meilleures et donc ta mère risque de penser que tu essaies juste de les séparer. Réfléchis-y. John est futé en plus. Il trouvera un moyen de te faire passer pour une menteuse et les choses vont empirer entre ta mère et toi.
Firdha garda le silence. Elle savait très bien que son amie avait raison mais elle ne voulait pas l’admettre. Elle poussa un soupir au bout de quelques secondes et vint s’asseoir près de Norah qui lui fit de la place. - Je sais que c’est difficile mais essayons de trouver des preuves tangibles avant d’entreprendre quoi que ce soit. - Tu as raison, admit Firdha. Ma mère ne me croira jamais si je lui raconte ce que j’ai vu. - Exactement !
Norah se leva et se dirigea vers la cuisine.
- Je vais nous faire du thé !
Elle revint au bout de quelques minutes deux tasses de thé en main. Firdha prit celle qu’elle lui tendait et en bu quelques gorgées. Elle sentit se détendre un peu.
- Je comprends ce que tu peux ressentir querida, mais tu dois te calmer et réfléchir à tout ça tête posée, reprit Norah. - J’ai compris.
Un silence s’installa. Firdha n’arrivait pas digérer sa découverte. Elle ne s’y attendait pas du tout et ça lui faisait mal de savoir que sa mère était cocue. Elle était perdue dans ses pensées, à la recherche d’une solution. Quelque chose qui l’aiderait à démasquer John sans paraitre pour une menteuse.
- Ça peut aller ? lui demanda Norah, la tirant de ses réflexions. - Oui, ne t’en fais pas. Au fait tu devrais déjà commencer par te préparer pour ton diner, vu que tu prends toujours une éternité pour t’habiller, continua-t-elle changeant ainsi de sujet. - Suis-je plus lente que toi ? questionna Norah faussement outrée. Firdha éclata de rire. - La comparaison est inutile. Tu es un vrai escargot ! - Humm, fit simplement Norah en se levant. - C’est ça vas-y ! et…oh, n’oublies pas de te laver les cheveux, ils empestent !
Norah se retourna et lui lança un oreiller avant de se jeter sur elle et se mettre à la chatouiller.
- Arrête ! supplia Firdha en riant à n’en finir. - Ça t’apprendra à me chercher des noises.