- Tu vas arrêter de tourner en rond ? Tu me donnes le vertige Jay !
Ça faisait déjà quinze minutes que Simon essayait de comprendre ce qui n’allait pas avec son ami. Ce dernier avait parlé d’une fille qu’il avait rencontré la veille et depuis, il n’arrêtait pas d’aller et venir dans le salon où ils se trouvaient. - Je dois la retrouver ! s’exclama Jason en s’arrêtant. - Je ne te comprends vraiment pas. Elle a quoi de si spécial cette fille pour te mettre dans cet état ? Tu en as déjà un tas qui te tourne autour non ? Tu n’as qu’à passer la nuit avec l’une d’elles et c’est tout ! - Tu ne peux pas comprendre… Puis il se remit à faire ses cents pas. - Pourquoi pas ? Parce que je n’ai pas de copine ou parce que je ne sais pas comment aborder les femmes ? lui demanda Simon vexé.
Jason s’arrêta encore une fois mais vint cette fois-ci s’asseoir près de son ami. - Non, excuse-moi. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Au fait je veux la connaitre un peu plus. Elle m’a émerveillé avec ses grands yeux, son sourire…Il faut que je la retrouve ! - Mais comment ? Tu n’as même pas son adresse. Moi je pense que c’est le fait que tu ne l’aies pas mise dans ton lit qui te pousse à avoir ce genre de propos. Tu fantasme sur elle. - Non, ce n’est pas un fantasme, se défendit-il. Jason pouffa et se leva. - De toute façon, je me mets à sa recherche ! déclara-t-il sûr de lui.
Simon le regardait chercher rageusement ses clés.
- Tiens, elles sont juste là ! dit-il en les brandissant devant ses yeux. - Merci. Je… La servante fit irruption dans la pièce et Jason laissa sa phrase en suspens. - Désolée de vous dérangez mais mademoiselle Alexandra demande à vous voir, monsieur Jason.
Jason jura en italien. Il n’avait aucune envie de voir Alexandra et surtout pas en ce moment.
- Dites-lui que je ne suis pas là ! - Euuuh, elle a croisé votre père à l’entrée et il lui a dit que vous étiez ici avec monsieur Simon.
Jason jura une seconde fois.
- Ok, faites la entrer. - D’accord monsieur, répondit la servante avant de s’éclipser.
Il attendit qu’elle sorte pour prendre son manteau et l’enfiler. Il faisait déjà froid dehors.
- Tu fais quoi là ? questionna Simon éberlué. - Je sors, ça ne se voit pas ? - Mais Alexa… - Occupes toi d’elle s’il te plait…, supplia Jason en lui lançant un regard de connivence.
Avant même qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, Jason sortait déjà par la porte du salon qui menait au jardin. Simon poussa un long soupir et secoua la tête. Il s’attendait déjà à être insulté par Alexa… Alexandra arriva pile au moment où il prenait son sac.
- Il est où Jay ? demanda-t-elle sans concession, les sourcils plissés, d’un air condescendant. - Bo…bonjour Lexa, bégaya Simon. - Trêve de bavardages inutiles s’il te plait. Réponds juste à ma question. - Eh bien, il est sorti ! - Quoi ?! Comment ça sortit ? Mais son père vient de me dire qu’il était avec toi. Ne joues pas à ce jeu avec moi Simon. Dis-moi où est Jay, s’écria-t-elle en colère. - Je viens de te dire qu’il n’était pas là ! Tu peux monter le chercher si tu veux.
Elle lui lança un regard assassin et ressortit en claquant violemment la porte derrière elle. Simon secoua la tête, las. Jason et lui étaient amis depuis quelques années. Simon était un garçon timide mais très intelligent. Cependant à chaque fois qu’Il se trouvait près d’Alexandra il perdait ses moyens. La raison ? Il nourrissait depuis toujours un amour secret pour elle. Evidement il ne s’attendait pas à ce qu’elle l’aime en retour car elle n’avait d’yeux que pour Jason qui lui, ne la calculait même pas. Malgré le fait qu’Alexandra était une jeune femme hautaine, capricieuse et tout, il n’arrivait pas à la sortir de sa tête. Il encaissait ses invectives sans broncher. Simon se considérait comme le bouc émissaire. Celui qui devait être rabaissé à chaque fois qu’Alexandra voulait se défouler sur quelqu’un. D’un pas lent, il se dirigea vers la sortie, décidé à noyer encore une fois cette douleur lancinante dans ses livres.
*** Kenny était dans la salle d’attente. Elle avait décidé de consulter un psy en raison du fait qu’elle se sentait trop agressive ces derniers temps. Deux jours que sa fille avait quitté leur maison et cela n’avait qu’aggraver son état. Elle sentait que quelque chose n’allait pas chez elle. Les antidépresseurs que lui avait prescrits le médecin de John ne faisaient rien. Au contraire, elle se sentait encore plus mal après les avoir pris. Il fallait qu’elle découvre ce qui n’allait pas.
Une infirmière s’approcha d’elle.
- Madame Peters, c’est votre tour. Suivez-moi s’il vous plait.
Kenny se leva, prit son sac et emboita le pas à la jeune infirmière. Elles arrivèrent devant le bureau du médecin. L’infirmière toqua à la porte et l’ouvrit. Elle referma ensuite derrière elle, laissant Kenny seule avec le médecin. - Asseyez-vous s’il vous plait dit-il en lui désignant une chaise. - Merci, répondit Kenny en prenant pace. - Comment vous sentez vous ? - Pas très bien docteur, déclara-t-elle. - Je vois. Dites-moi ce qui vous arrive. Elle prit une profonde inspiration et se mit à lui parler en tremblant un peu. - Tout a commencé six mois après mon remariage…
*** John suivait un match à la télé lorsque sa femme arriva. - Bonsoir chéri, je ne savais pas que tu allais rentrer aussitôt du boulot, dit-elle en enlevant son manteau. - Je voulais passer un peu de temps avec toi et les petits, répondit-il en s’approchant d’elle, et captura ses lèvres en un bref baisé. Alors, c’était comment avec le psy ? reprit-il après s’être détacher d’elle. - Ah, pas mal… fit Kenny.
Tous deux s’assirent.
- J’ai beaucoup discuté avec lui et il pense que j’ai un trouble psychologique. Il m’a dit de faire des analyses pour avoir un diagnostic exact parce que mes maux de tête fréquents, mes sauts d’humeur et autres ne sont pas normaux. J’ai fait un test de grossesse et je ne suis pas enceinte. - Que tu fasses des analyses ? questionna John en fronçant les sourcils. - Oui. J’ai rendez-vous avec lui la semaine prochaine donc d’ici la fin de cette semaine, j’irai faire les analyses, répondit Kenny en se servant de l’eau à boire. - Je vois.
Il avait l’air soudain pensif.
- Tout va bien ? lui demanda Kenny. Tu as l’air bizarre tout à coup. - Oui, oui, je vais bien, s’empressa-t-il de répondre. Je m’inquiète juste pour toi. - Oh, ne t’en fais pas. Ça va aller. Je suis sûre que c’est le stress qui engendre tout ça. - D’accord ! - Où sont les enfants ? - Dans la salle de jeu. Ils n’ont pas arrêté de demander d’après Firdha. J’ai dû leur mentir comme toujours mais tu connais Emmanuel, il n’en fait qu’à sa tête. Il a refusé de manger si sa grande sœur ne revient pas. La nounou l’a emmené se promener dans le jardin mais son humeur n’avait pas changé à leur retour. - Je vois. Je vais lui parler.
Kenny se dirigea vers la salle de jeu en soupirant. Le départ de Firdha risquait de tout changer dans leurs vies à tous. Il fallait qu’elle lui parle. Elle devait revenir à la maison et arrêter de se comporter comme une petite fille sans aucune maturité.