Chapitre 7

2682 Words
Une voiture se gara près d’un immeuble abandonné, loin du centre-ville. Un homme en sortit et se dirigea à l’intérieur en vérifiant s’il n’avait pas été suivi. Il entra après son inspection.  - Ce n’est pas trop tôt ! - Bonsoir madame Isabelle, dit l’homme en s’inclinant légèrement. Désolé pour le retard j’avais des choses à faire à l’entrepôt.  - Ok. Assied toi ! Quelqu’un t’as suivi ?   Il s’assit et déboutonna un bouton de sa veste.   - Non, j’ai fait attention.  - C’est bien. Nous devons être extrêmement prudents parce que la police est à nos trousses. Le précédent incident leur a mis la puce à l’oreille. Le général nous couvre mais il ne faudrait pas baisser la garde. Tu sais ce qui pourrait arriver si jamais on nous démasque n’est-ce pas ?  - Ne vous en faites pas, j’ai pris mes précautions. La marchandise est toujours au port et nous devons faire rapidement l’échange pour éviter d’éveiller les soupçons.  - Ok Nico, on s’en chargera. J’ai déjà contacté le Diable, l’échange aura lieu la semaine prochaine à l’endroit habituel. En attendant, assures toi que les conteneurs restent bien fermés et que nos hommes les surveillent jours et nuits.  - D’accord, je m’en chargerai. Pourquoi monsieur John n’est pas là ?  - Il avait des choses à faire. Mais je vais l’informer. Tu peux y aller.  Elle fit sortir une enveloppe de sa poche et la lui tend.   - Prends ça et remet le au chef des hommes qui nous surveillent les conteneurs. Ça les motivera. - Ok, répondit Nico en la prenant.  Il se leva ensuite et prit congé d’elle. Isabelle resta là, toute seule, un sourire satisfait aux lèvres.   - Je te prendrai tout Kenny, absolument tout et tu n’auras que tes yeux pour pleurer ? se dit-elle.  Elle éclata ensuite de rire avant de se lever et de quitter l’immeuble à son tour.   *** Firdha entendit la sonnerie de l’appartement de Norah retentir et elle se leva pour aller ouvrir. Un jeune homme se tenait au pas de la porte, un magnifique bouquet de fleurs en main. Elle reconnut aussitôt celui avec qui Norah avait dansé à la soirée. - Bonsoir, je m’appelle Marcus, dit-il en lui souriant. Norah est-elle là ? - Oui, je te reconnais. Je t’avais vu avec mon amie la nuit dernière. Entres, je vais la chercher. Elle s’effaça pour lui permettre d’entrer et l’installa.  Elle lui prit le bouquet d’entre les mains le plaça dans un pot de fleur. - Tu veux boire quelque chose lui demanda-t-elle. - Non merci, refusa-t-il poliment. - Ok, je reviens tout de suite !  Elle monta, rejoindre Norah dans sa chambre.   - L’escargot, tu as bientôt fini ? la taquina Firdha. Il y a ton prince charmant qui t’attend au salon. - Quoi ? Déjà ? Mais…mais, fit Norah au bord de la panique.  Firdha sourit.  - Oui, déjà. Ça fait des heures que tu es dans cette chambre et d’après ce que je vois, tu es déjà prête. Que te reste-t-il encore à faire ?  - Rien, admit Norah. Mais c’est juste que…que… - Que tu as le trac ! je sais que c’est ton premier rencard mais ce n’est pas si difficile que ça. En plus Marcus, il a l’air d’être un type chouette. Et toi, tu es ravissante donc relaxes et profites de ta soirée. Norah la prit dans ses bras alors qu’elle ne s’y attendait pas.  Elle lui rendit tout de même son étreinte et se surpris à la serrer fort contre elle.  - C’est bon, descendons maintenant. Il ne faut pas faire attendre ton ami. - Merci, fit faiblement Norah en se détachant de son amie. Mais je ne veux pas aussi te laisser seule ici après ce qu’on a vu aujourd’hui. Tu risques de te sentir seule !  Firdha ébaucha un sourire de circonstance.  - Non, ne t’inquiète pas pour moi. Je vais me faire du pop-corn et regarder un film. Toi vas-y et amuses toi. - Ok, lui répondit-elle quoique peu convaincue.  Norah prit ensuite son sac et elles sortirent. Marcus se leva dès qu’il les vit arriver. Ses yeux étaient rivés sur Norah.  - Tu es magnifique ! la complimenta-t-il quand elle s’approcha enfin de lui. - Merci, répondit Norah en souriant.  Puis elle se tourna vers Firdha.  - A plus. N’hésite pas à m’appeler si tu ne te sens pas bien. - J’ai compris maman. Elle se rapprocha d’elle et ajouta un peu plus bas : - Pas de bêtises !  Norah acquiesça puis Marcus et elle sortirent. Firdha attendit qu’ils montent dans la voiture qui était garée à l’entrée avant de refermer la porte en poussant un long soupir.  - Une bonne promenade me fera du bien je crois ! se dit-elle en montant dans sa chambre.  *** Ça faisait des heures que Jason roulait à la recherche de Firdha. Il savait que c’était insensé de vouloir la retrouver dans une aussi grande ville alors qu’il n’avait même pas son adresse mais il refusait d’admettre qu’il ne la reverra peut-être plus jamais. Il s’en voulait d’avoir été aussi négligeant. Tout ce qu’il désirait c’était la revoir, sentir à nouveau son parfum, écouter son petit rire qui n’arrêtait pas de résonner dans sa tête depuis des heures. Las de rouler, il décida rentrer enfin chez lui. Il fallait se rendre à l’évidence que mis à part un heureux coup du destin, c’était presque impossible qu’il la retrouve. Locarno était illuminé à cette heure. Une charmante ville pleine de mystères. Il faisait beaucoup plus froid et peu étaient les gens qui s’aventuraient sur la voie qu’il avait pris. Non, il n’avait pas envie de rentrer chez lui et passé des heures à fixer le plafond avant de pouvoir trouver le sommeil. Il ne voulait pas se réveiller en pleine nuit parce que l’image de Firdha dans sa magnifique robe rouge le hantait continuellement. Jason entreprit de se dégourdir les jambes. Puisqu’il était près de la mer, il gara sa voiture et sortit dans l’intention de respirer un peu l’air frais. Il se mit à marcher distraitement en direction de la plage, les mains dans les poches. Son téléphone se mit à sonner pour la énième fois. C’était encore Alexandra. Elle n’avait pas cessé de l’appeler et de lui envoyer des texto que Jason ne s’était même pas gêné pour lire. Cette fille n’arrêtait pas de se frotter à lui et il détestait ça. Il laissa sonner dans le vide et dès que ça cessa, il mit le téléphone sur silencieux avant de le fourrer dans sa poche.  - Pfff, et dire que j’ai envie de la mettre à sa place une bonne fois pour toutes !  Monsieur Fabien Michelland, un homme influent dans le domaine politique et père d’Alexandra, était en quelque sorte un ami à son père. Depuis le jour où Jason et Alexandra ont été présentés, cette dernière n’arrêtait pas de lui faire des avances mais ce n’était en aucun cas son genre de femme. Alexandra était un peu trop capricieuse à son goût. Il fallait qu’il trouve un moyen strict mais doux de la faire redescendre de son petit nuage. Il marchait toujours sans savoir où il allait vraiment. Tout ça commençait par l’ennuyer et Jason finit par se rendre à l’évidence que Firdha resterait un doux rêve…Excédé, il s’apprêtait à rebrousser chemin, lorsque ses yeux se placèrent sur une jeune femme qui s’était arrêtée sur le pont, contemplant la plage de loin. Le cœur de Jason fit un grand bond dans sa poitrine.  - Je commence par halluciner ! se dit-il en fermant les yeux puis les rouvrant au bout de quelques secondes.  Il n’avait pourtant pas rêvé. C’était bien Firdha qui se tenait là, debout, à quelques mètres de lui. Ses longs cheveux auburn, qui flottaient au vent, il les aurait reconnus entre milles. Jason s’élança à sa rencontre, une joie infinie au cœur. Firdha était trop occupée dans sa contemplation pour le voir venir vers elle. - Firdha ? Elle sursauta et porta sa main à sa poitrine.  - Jason ? M..mais, que fais-tu dans les parages ? questionna-t-elle, la surprise passée. - Je…au fait, je me baladais tout simplement. Désolé de t’avoir fait peur. Bonsoir. - Bonsoir. Je ne m’attendais pas à te rencontrer ici. Au fait je ne m’attendais pas à te revoir tout court, lui avoua Firdha. - Moi non plus, admit Jason en se rapprochant d’elle. Ce n’est pas une heure pour te balader seule dans un endroit aussi désert. En plus il fait frais et ton habillement n’est pas très convenable, fit-il remarquer.  Firdha jeta un coup d’œil à son pantalon à bas larges et son petit chemisier, cela la fit rire.  - Tu as raison, j’aurais dû prendre un manteau ou un châle. Mais bon, il ne fait pas si frais que ça et aussi j’aime bien sentir la fraicheur sur ma peau. Ça me procure un grand bien ! - Je comprends. Ça ne te dérangerai pas si je… je t’invite à dîner ? - Diner ? Avec toi ? s’étonna Firdha. - Oui, ça nous permettra de discuter un peu. - Euuuh, bon ok ! Allons-y.  Ils marchèrent vers la voiture et Jason démarra dès qu’ils furent installés. Jason n’arrivait pas à y croire. Il se disait que c’est vrai qu’il ne fallait pas forcer le destin parce que tout arrive toujours au bon moment et voilà que c’est lorsqu’il s’y attendit le moins que ce qu’il attendait depuis, vint à lui. L’idée de l’inviter à diner était sortie toute seule de sa bouche mais il était ravi qu’elle n’ait pas refusé. Jason roula un moment et se gara devant un restaurant calme où il n’y avait pas trop de monde.  - Nous sommes arrivés Princesse, dit-il à Firdha en lui souriant. Ils descendirent et marchèrent en direction de l’intérieur. Quelques couples étaient déjà installés, discutant à voix basse. L’atmosphère y était chaleureuse et accueillante. Un serveur s’approchait déjà d’eux.  - Soyez les bienvenus, leur dit-il. - Merci, répondit Jason. Nous prendrons celle au fond, continua-t-il en désignant une table. - Ok. Installez-vous s’il vous plait. Je reviens tout de suite prendre vous commandes.  Firdha était un peu mal à l’ase. Ça n’était pas prévu qu’elle rencontre Jason et elle regrettait déjà d’avoir accepté son invitation à diner. Tout ce qu’elle voulait, c’était d’être seule et noyer son chagrin dans cette solitude. - Je te sens bien silencieuse Firdha, quelque que chose ne va pas ? Où tu n’aimes pas l’endroit ? - Oh non non, s’empressa-t-elle de répondre consciente soudain qu’elle avait l’air morose. Je suis désolée c’est juste que…non, laisse tomber. Sinon, l’endroit est parfait, j’aime ! - Ok, fit-il peu convaincu.  Depuis le début, il avait noté une tinte de tristesse dans la voix de Firdha et même si elle s’acharnait à dire le contraire, Jason savait que quelque chose la tracassait, mais quoi ? Qu’est-ce qui pouvait la faire souffrir au point où, même ses yeux n’avaient plus leur éclat ? Le serveur revint pile au moment où il s’apprêtait à lui reposer la question et il dû se taire.  - Voici les menus, dit-il en les leur tendant. Il attendit qu’ils fassent leurs commandes. - Je vais prendre le plat Bernois avec de la choucroute. - Ça sera une salade simple et de l’eau minérale pour moi, dit à son tour Firdha. - D’accord ! - De l’eau minérale pour moi aussi s’il vous plait. Pour le dessert, on aimerait bien déguster la spécialité de la maison, ajouta Jason. - C’est noté. Le serveur reprit les menus et disparut aussi rapidement qu’il était venu. - Tu surveille ta ligne ou quoi ? questionna Jason en riant.  Firdha sourit.  - Non. C’est juste que je n’ai pas très faim. - Je vois. Et si tu me disais ce qui ne va pas ? J’ai vraiment l’impression que tu as la tête ailleurs. Si c’est par rapport à moi, ne t‘inquiète surtout pas. Je ne suis pas dangereux !  Firdha rit de sa blague.  Elle essayait de se détendre mais c’était si difficile de le faire…  - Au fait ce sont des problèmes familiaux, ne t’en fais pas. - Hummm, d’accord.  Jason se disait que ça serait dommage de gâcher une si belle soirée et donc il entreprit de changer les idées à Firdha en lui racontant des blagues. A son grand contentement, elle riait à chacune d’elles et même qu’au bout d’un moment, elle se mit elle aussi à lui raconter des blagues et ils rirent tous les deux de bon cœur. En l’espace d’une minute, Jason avait pensé la mettre sur pieds et gouter à ses douces lèvres mais il secoua vivement la tête comme pour arrêter la tournure embarrassante que prenaient ses réflexions. Surtout qu’ils étaient en public… On leur apporta leurs repas et ils les dégustèrent en s’épiant du regard. Après quoi, ils terminèrent par le dessert, la fameuse meringue suisse que Firdha trouva exquise.  - Ummh, c’était divinement bon ! s’exclama Jason en s’essuyant la bouche. - Oui, j’ai aimé aussi. Merci beaucoup pour le diner Jay, ça m’a fait du bien de discuter avec toi. - Ce n’est rien. Attends, tu as un truc là !  Il porta un mouchoir aux lèvres de Firdha et essuya la crème qui était sur sa lèvre inférieur. Ce geste simple, suffit à mettre en ébullition les sens de Firdha. Ils se dévisagèrent un court moment, conscients de l’alchimie sexuelle qui les poussait l’un vers l’autre.  - On rentre ? questionna soudain Jason, rompant le charme. - Oui, répondit faiblement Firdha en passant sa main dans ses cheveux.  Jason paya l’addition et quelques minutes plus tard, ils roulèrent en direction de l’appartement de Norah. Firdha, à cause du silence qui régnait dans la Mercedes, s’assoupie durant le trajet. Jason en profita pour la regarder à la dérobée. Lorsqu’il fut arrivé à l’endroit que lui avait indiqué Firdha, il entreprit de la réveiller.  - Firdha…Firdha... - Hum ? fit-elle dans son sommeil. - Nous sommes arrivés, réveilles-toi. Elle ouvrit instinctivement les yeux. - Oh ! Je suis sincèrement désolée. Ce n’était pas poli de m’endormir comma ça, s’excusa-t-elle en baissant les yeux. - Non, ce n’est rien, la rassura Jason, un sourire au coin des lèvres. Ça ne m’a pas dérangé et en plus tu es très belle lorsque tu dors. - Merci, répondit-elle simplement en détournant le regard. Bonne nuit et encore une fois, merci.  Elle lui fit une bise sur la joue et descendit de la voiture. Lorsqu’elle fut au pas de la porte, Firdha lui lança un dernier regard et entra. Jason la regardait à travers les vitres. Il fut tenté un moment de descendre pour la rejoindre mais au lieu de ça, il démarra et s’éloigna en soupirant bruyamment. Il était presque une heure du matin mais Firdha n‘arrivait toujours pas à trouver le sommeil. Elle fixait le plafond en pensant à sa mère, à tout ce qui s’était passé ces dernières années. Au fait elle n’arrêtait pas d’y penser et avait l’impression de devenir folle à force…Ses pensées n’allaient pas seulement à l’endroit de sa famille mais aussi, elle pensait à Jason…Il avait vraiment été adorable avec elle. Grace à lui, sa soirée ne s’était pas déroulée dans le plus grand ennui comme elle l’avait prédit. Lorsqu’il l’avait déposé devant chez Norah, elle avait senti qu’il voulait l’embrasser mais il ne l’avait pas fait.  - Un vrai gentleman, se dit-elle en serrant l’ours en peluche qu’elle tenait, contre elle.  Elle entendit soudain des pas et une porte qui s’ouvrit. C’était surement Norah. Firdha se retourna et lança un coup d’œil à l’horloge accrochée au mur :  - Une heure trente, lit-elle à voix basse.  Elle sourit en se disant que son amie s’était surement bien amusée et ses pensées revinrent à Jason. Firdha revoyait son sourire charmeur et les deux fossettes qui le rendaient encore plus beau. Elle finit par s’endormir au bout de quelques minutes, la tête perdue dans les nuages…
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