Pendant ce temps, Firdha dormait toujours chez son amie. Elle faisait un cauchemar où elle voyait son père qui lui criait à l’aide mais elle était trop loin pour lui venir en aide.
- Firdha, Firdha ! Elle émergea de son sommeil en sursaut. C’était Norah.
- Que se passe-t-il ? Je t’ai entendu crier. Tout va bien ? lui demanda-t-elle inquiète.
- Oui. Au fait non, j’ai fait un cauchemar. Le même que d’habitude.
- Celui dans lequel tu vois ton père ?
- Oui, répondit-elle en se redressant. Je pense que la mort de mon père n’était pas naturelle. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai cette forte impression.
Firdha pouffa et se prit la tête entre les mains.
- Je te comprends. Mais ne te tracasse pas pour ça, c’est peut être rien qu’une impression. En plus à ce que je sache, tout le monde appréciait ton père car c’était un homme intègre, c’est toi-même qui me l’as dit ! Qui aurait voulu lui faire du mal ?
- Oui, tu as certainement raison, admit-elle.
- Maintenant, viens qu’on déjeune.
- Depuis quand tu sais cuisiner toi ? questionna Firdha en riant.
- Depuis que je vis seule figure-toi. Tu n’as pas intérêt à te moquer ou je te laisse affamée. Firdha fit une grimace et Norah lui lança un oreiller.
- Vas-y, moque-toi bien !
- Non je ne moque pas. Au fait, je suis même très impatiente de découvrir tes talents culinaires… Je prends une douche et je te rejoins.
- Je t’attends en bas. Ah ! au fait j’oubliais, j’ai été invitée à une fête ce soir. Tu viens avec moi.
- Non Norah. Merci mais je préfère rester ici, devant la télé.
- Désolée mademoiselle mais ce n’était pas une question. Elles se mirent à rire.
- Tu es folle toi, tu ne cesses de me fait rire.
- C’est mieux quand tu ris, allez ouste ! Vas te doucher. Le repas risque de refroidir…
***
- Je t’attends depuis plus d’une demi-heure John !
- Désolé Isabelle, je devais conduire les petits à l’école, répondit John en prenant place sur une chaise.
- Tu es leur nounou maintenant ?
- Firdha a quitté la maison et Kenny devait se rendre chez son médecin. La nounou est également en congé de maternité.
- Oh ! Il s’est passé quoi pour que la petite DaSilva décide de quitter le domicile familial ? questionna Isabelle d'un ton moqueur.
C’était une femme élégante, la quarantaine environs. Elle portait un jean délavé, une chemise à rayures blancs noires sur laquelle reposait un grand manteau en fourrure. Ses yeux étaient cachés par des lunettes de soleils.
- C’est vrai que c’est une bonne nouvelle mais je n’ai pas trop envie de parler de cette fille. J’ai reçu une texto de Nico. Parait-il que la marchandise est arrivée hier nuit. Il ne reste qu’à fixer une date pour l’échange.
- Ok, je vais organiser une rencontre pour qu’on en discute tous les trois.
- C’est pour ça que je t’ai appelé. Avec le départ de Firdha, je vais jouer encore plus au mari aimant avec Kenny et aussi trouver un moyen de lui faire signer les documents, j’ai donc besoin que tu t’occupes de tout en attendant.
- D’accord, je sais quoi faire. J’ai hâte que tu arraches tout à Kenny…
- Moi aussi. Bon je dois partir.
- Tu ne bois pas de café ?
- Non, j’ai des choses à faire. Il déposa quelques billets sur la table et s’éloigna après avoir fait une bise sur la joue d’Isabelle.
***
- Cette robe rouge t’irait à merveille !
- Norah je t’ai dit que je n’irai pas à cette fête avec toi. Je n’ai vraiment pas la tête à faire la fête. Comprend moi s’il te plait !
- Oh mais je te comprends parfaitement. C’est juste que tu as besoin de te défouler un peu. Ce n’est pas en t’enfermant ici que les choses vont s’arranger entre toi et ta mère…
- Tu as raison mais…
- Mais rien du tout, tu viendras avec moi de gré ou de force ! Firdha se mit à rire de bon cœur.
Son amie ne lâchait jamais une affaire : une vraie avocate. Elle avait pris un air sérieux et fouillait dans son armoire à la recherche de la robe parfaite selon ses dires.
- Bon ok, tu as gagné !
- Yes ! fit Norah en lui tirant la langue. Quelques heures plus tard…
- Firdha on risque d’être en retard ! s’écria Norah au pas de la porte.
Norah était déjà prête pour leur soirée. Robe noire moulante, escarpins assortis et une touche légère de maquillage, elle était vraiment belle. Excédée, elle s’apprêtait à rejoindre Firdha dans sa chambre lorsque cette dernière apparue du haut des escaliers vêtue de la robe rouge que Norah lui avait prêté tantôt.
- Waouh Frifri, tu es ravissante. Le rouge te va à merveille !
- Merci tu es très belle aussi. Mais je continue par penser que le mieux serait que je reste ici.
- Je n’ai rien entendu ! répliqua Norah en ouvrant la porte.
- C’est ça ! Elles sortirent et entrèrent dans le taxi qui les attendait déjà au portail.
Norah avait toujours une blague à raconter et Firdha n’arrêtait pas de rire, oubliant pour un moment ses ¨démons¨. Entre elles, avait toujours régné une complicité étonnante, elles se sont toujours soutenues mutuellement, un peu comme des sœurs...Le trajet ne fut pas long. Elles arrivèrent devant une grande villa qui grouillait déjà de partout. Norah remit sa carte d’invitation au vigile et elles eurent accès à l’entrée.
- C’est chez qui ici ? questionna Firdha en regardant autour d’elle.
- Une fille que j’ai rencontrée à la fac. Elle s’appelle Alexandra Michelland. Belle, hautaine, capricieuse…, une vraie gosse de riches !
- Ah d’accord, répondit évasivement Firdha, occupée à admirer la demeure. Les murs étaient peints en blanc et l’architecture était tellement parfaite qu’on aurait dit que c’était un château tout droit sorti d’un conte de fées.
- Ses parents sont en voyage et ils l’ont laissé organiser cette soirée pour s’amuser avec ses amis, reprit Norah en se faufilant parmi les nombreux invités. En tout cas, c’est ce qu’elle m’a fait comprendre.
- C’est bien !
- Allons à l’intérieur, je sens qu’on va beaucoup s’amuser ! s’enquit-elle toute excitée.
Firdha la suivit à l’intérieur. Là aussi, il y avait un monde fou. Divers variétés de plats étaient posées sur une grande et longue table. Des serveurs se promenaient çà et là, distribuant des coupes de champagne.
- C’est bien organisé, je pense. Quoi que…il y a un peu trop de monde à mon gout.
Elle ne reçut aucune réponse et se tourna vers Norah, mais celle-ci discutait déjà avec un beau jeune homme qui la traina ensuite sur la piste de danse.
- Amuses-toi ma belle, j’en ai pas pour longtemps ! hurla-t-elle à l’endroit de Firdha en lui faisant un clin d’œil, un sourire aux lèvres.
Firdha sourit elle aussi. Norah est incorrigible pensa-t-elle. Elle ne se préoccupait pas des problèmes de la vie mais profitait juste de chaque jour comme si c’était son denier sur terre. Firdha se disait qu’elle ferait mieux de faire comme elle, mais c’est si difficile d’arrêter de penser à tout ce qu’elle traversait et s’amuser…Elle prit place dans un fauteuil, une coupe de champagne à la main. La fête suivait son cours. Les jeunes se trémoussaient sur la piste de danse, ou d’autres assis près du bar discutaient, tranquillement. Norah essaya à plusieurs reprises de faire danser Firdha mais elle refusait à chaque fois sous prétexte qu’elle préférait être assise et la regarder danser.
- Dis pas après que je t’ai laissé toute seule hein ! se plaignit Norah une énième fois.
- Ça ne risque pas d’arriver. Toi, fais plutôt attention à l’alcool. Je ne vais certainement pas te porter pour rentrer à la maison.
- T’inquiète, je gère querida !
Puis elle disparut à nouveau dans la foule.