chapitre 21

1264 Words
Elle laissa échapper un sourire de satisfaction. Elle revoyait encore cette photo qu’elle avait déjà remarquée comme fond d’écran : celle d’un jeune homme incroyablement beau. Au fond d’elle, elle brûlait d’envie de savoir qui était ce roi de beauté. Elle fit doucement quelques pas en arrière, s’éloignant de lui, puis s’arrêta près de la rambarde de l’escalier. Elle ouvrit ses contacts, écrivit le numéro de Goggo et appela. Dès la première sonnerie, on décrocha. Par chance, c’était la voix de Jahaad qui répondit en lançant un grand salam. Très joyeuse, elle dit : — Jahaad, c’est moi, Sehrish ! Je n’ai pas beaucoup de temps alors s’il te plaît écoute-moi ! De l’autre côté, Jahaad resta attentive, prête à entendre ce que Sehrish voulait lui dire. — J’ai réussi à obtenir l’argent pour l’opération. Envoie-moi rapidement le numéro de compte ! Je t’ai déjà expliqué que j’utilise le téléphone du garçon de la maison, lui-même ne le sait même pas ! La joie fut telle que Jahaad poussa un cri dans le combiné en disant Alhamdulillah. — Je ne sais même plus où me mettre tellement je suis heureuse, ma sœur ! On va enfin quitter cet hôpital, j’en peux plus de rester là-bas… Sehrish la coupa, de peur qu’elle parle trop et que Junaid se réveille. — Toi aussi tu parles trop ! Envoie-moi juste le numéro du médecin maintenant, tout de suite, ne perds surtout pas de temps ou je suis perdue ! Aussitôt dit, elle raccrocha. Elle resta immobile, attendant l’arrivée du message. Son corps tremblait, craignant que Junaid ne se réveille. Elle jetait des coups d’œil dans sa direction pour vérifier s’il bougeait. Elle faisait les cent pas comme quelqu’un qui tourne autour de la Kaaba. Elle priait intérieurement pour que Jahaad envoie vite le message afin qu’elle puisse copier le numéro et remettre le téléphone à sa place. Elle attendait toujours quand elle entendit le bruit des voitures de la famille : Ayaan et les autres venaient de rentrer. Immédiatement, Junaid bougea. Prise de panique, au lieu d’aller remettre discrètement le téléphone, elle prit la fuite… et s’enfuit avec le téléphone encore en main jusque dans sa chambre. Comme il était déjà tard dans la nuit, Junaid se réveilla, s’étira et bailla en couvrant sa bouche. Il chercha automatiquement son téléphone mais ne le trouva pas. Il n’y pensa pas trop, imaginant qu’il l’avait laissé dans sa chambre. L’arrivée de ses frères le fit sourire. Ils entrèrent un à un, au total sept. Il se leva pour aller vers le colonel Yusif, s’agenouilla légèrement et le serra dans ses bras. — Repose-toi bien mon frère, j’espère que tu te sens mieux, dit le colonel. — Je vais bien, vous êtes rentrés en paix ? répondit Junaid avec le sourire. — Oui, répondit le colonel avant de s’éloigner. Puis ce fut au tour de Khaleed, Irfan et Jabeer de le saluer en le serrant dans leurs bras. Les jumeaux et Fawan étaient les derniers. Fawan lui lança un regard provocateur et passa devant lui en chantonnant : — Un gâté reste un gâté, même dans sa propre maison… Junaid fronça les sourcils, agacé par ses moqueries. Ayaan et Jahan, les amoureux, s’approchèrent ensemble et déposèrent chacun un b****r sur sa joue avant de rentrer dans leur chambre. Junaid entra ensuite dans la salle de bain pour prendre ses ablutions, car le muezzin appelait déjà à la prière. --- Du côté de Sehrish… Toujours cachée dans sa chambre, le téléphone de Junaid entre les mains, son cœur battait à tout rompre. Elle tournait en rond en murmurant : — Je suis f****e… Si Junaid cherche son téléphone, qu’est-ce que je vais dire ? Et s’il me voit avec ? Il va me frapper et ils vont me chasser d’ici en disant que je suis une voleuse… Ya Allah, comment je fais pour remettre le téléphone ? Le ding d’un message retentit. Elle se précipita : c’était le numéro de compte envoyé par Jahaad. Rapidement, elle ouvrit son tiroir, prit son petit journal et le stylo qu’elle y avait coincé. Elle nota soigneusement le numéro, remit le journal en place, puis effaça le message du téléphone. Elle sortit prudemment de sa chambre. Personne en vue. Elle allait faire demi-tour quand elle entendit une présence : Junaid sortait, retroussant les manches de sa tenue, probablement en route pour la mosquée. Un énorme soulagement l’envahit en le voyant partir. Profitant de son absence, elle s’empressa d’aller dans sa chambre déposer le téléphone sur sa table de nuit. Elle ressortit en soupirant longuement. Il ne lui restait plus qu’une chose : donner le numéro à Azmi. Elle retourna chercher son journal, arracha la feuille où elle avait écrit le numéro, puis se dirigea vers la chambre d’Azmi — c’était la première fois qu’elle y entrait. — Assalamu alaikum, lança-t-elle timidement. — Wa alaikum salam, entre, répondit Azmi. Sehrish entra et s’assit. Azmi faisait glisser son chapelet entre ses doigts. — Alors, c’est l’ange Tukur qui m’honore aujourd’hui ? Ou bien je rêve ? dit-elle en riant. Très gênée, Sehrish baissa la tête en souriant. — Oui, c’est bien moi… Et voici le numéro de compte, dit-elle en tendant le papier. Azmi le prit et demanda : — Tu es sûre que c’est celui du médecin ? — Oui, c’est le sien, répondit Sehrish. — Très bien. D’ici demain, insha Allah, l’argent sera envoyé. Sehrish la remercia chaleureusement, les larmes aux yeux. — Remercie plutôt Allah. C’est Lui qui t’a guidée jusqu’à cette maison, dit Azmi en souriant. Sehrish acquiesça et s’en alla. --- Du côté des jumeaux… En entrant dans leur chambre, ils constatèrent qu’elle avait été rangée impeccablement. Jahan lança un regard agacé à Ayaan : — Quand vas-tu arrêter tes imprudences ?! — Quoi encore ? demanda Ayaan, ne comprenant pas. Jahan attrapa alors le flacon posé sur la commode et le brandit : — Ça ! Voilà de quoi je parle ! Ayaan porta la main à son front. — Oh mon Dieu… je suis désolé, j’ai complètement oublié de le ranger… Jahan le fusilla du regard : — Désolé pour nous-mêmes ! Si jamais notre grand frère découvre qu’on fait des trucs pareils, on est morts. Je te préviens : c’est la dernière fois, ne refais plus jamais ça, idiot ! Il rangea le flacon dans le tiroir. Touché par le ton dur de son amoureux, Ayaan s’assit sur le lit, les larmes aux yeux. Jahan le regarda, surpris de sa réaction. Il s’approcha, s’assit à son tour et lui prit les mains : — Je suis désolé mon amour… J’ai été trop dur, pardonne-moi. Ayaan retira sa main, encore vexé, et posa la tête sur l’oreiller. Jahan monta sur lui, glissa sa bouche contre son oreille et murmura : — Je t’aime tellement… Je n’aime pas te voir en colère. La colère ne te va pas, mon cœur. Peu à peu, Ayaan desserra ses traits. Jahan commença à parsemer son visage de baisers, descendant jusqu’à son cou, avant d’effleurer son oreille de sa langue… ce qui éveilla instantanément le désir d’Ayaan. (A suivre…) --- Sehrish Ravie, elle retourna dans sa chambre. Tellement heureuse qu’elle esquissa quelques pas de danse. Il ne lui restait plus qu’à attendre les résultats de l’opération de Jahaad, surtout pour Husanna, la plus en danger. Elle décida de lutter contre le sommeil pour passer la nuit à prier pour elles, demandant à Allah de leur faciliter l’intervention. (Ya Allah, conserve-nous nos sœurs qui nous aiment. Renforce nos liens et garde nos cœurs unis… Much love.)
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