Le stress remonta en flèche lorsque Maria referma la porte derrière elle.
- Ok alors laisse tes affaires là le temps que je te fasse visiter ! Enlèves ton manteau, fait comme chez toi je vais faire chauffer de l'eau.
Nina suivi les instructions et une fois prête elle se retourna vers Maria.
Elle en profita pour regarder le salon et le trouva super. Il était chaleureux sans être trop chargé.
Une table basse entourée d'un canapé moelleux qui vous appelait et de gros fauteuils.
Le tout était dans des couleurs chaudes et des photos et peintures s'etalaient sur les murs.
Il était très lumineux grâce aux deux grandes fenêtres qu'il y avait.
Il était décoré avec goût et elle pensait passer son temps ici.
- Est-ce que tu préfères du café ? Du thé ? Une tisane ?
- Je vais prendre une tisane, je crois que je suis bien assez excitée comme ça. Merci.
Maria rit et elle pria pour la cent millième fois aujourd'hui pour habiter ici.
- Oh d'ailleurs j'ai quelque chose pour toi ! C'est une orchidée. Je l'ai pris blanche parce que je ne savais pas de quelle couleur était ta chambre ou le salon.
- Oh Nina c'est super j'adore les plantes, comme tu as du le remarquer avec les plantes suspendues aux fenêtres et les cactus partout haha. Merci beaucoup !
- De rien.
Maria alla installer l'orchidée au milieu de la table basse et se retourna vers elle.
- Alors comme tu peux le voir l'appart n'est pas immense donc on va pas mal se croiser.
- Avec plaisir !
- C'est gentil mais tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques !
- Bon alors voilà, ici c'est le salon. Si tu n'aimes pas certaines choses ou si tu veux en rajouter n'hésite vraiment pas ! J'ai mis quelques photos avec les garçons et avec ma famille sur ce mur donc n'hésites pas à en ajouter aussi si tu veux rester.
Elle lui fit signe de la suivre et l'amena dans une première grande chambre plutôt neutre aux murs bleus clairs mais meublée juste comme il fallait pour y vivre.
- Ici ce serait ta chambre ! Je la trouve un peu vide pour l'instant mais si tu veux la peindre, la décorer ou la meubler n'hésite pas à me demander de l'aide j'adore ça ! Comme tu peux voir elle a une grande fenêtre donc c'est super pour travailler sans faire de dépression, dit-elle en la regardant avec un air compatissant. Vive la médecine ! Elle est lumineuse, elle donne sur la coure donc tu n'as pas le bruit de la rue et tu as des toilettes persos. Pour la salle de bain par contre on la partage et il faut repasser par le salon.
Nina regarda tout autour d'elle et se senti à l'aise. La chambre était plus grande que celle qu'elle avait depuis 3 ans en résidence. Ici elle avait une impression d'espace et elle était effectivement vraiment lumineuse.
Maria se remit en route et repassa par la salon pour aller dans la deuxième chambre, plus petite mais bien plus vivante.
- Ici c'est ma chambre. Elle est un peu plus petite et n'a pas de toilettes donc c'est pour ça que je paye moins. Je sais que le loyer que je demande n'est pas donné mais ca n'est pas beaucoup plus que ce que moi je paye donc...
- Ne t'en fais pas pour le loyer. J'ai la chance de ne pas avoir à m'inquiéter de ce côté là, dit Nina en souriant.
- Génial. Si tu prends l'appart je vais pouvoir arrêter le job de barista et je t'avoue que ça m'épuise pas mal.
- Pour moi c'est déjà signé. Cet appartement est génial, ma coloc a l'air génial et les voisins ont l'air gentils !
- Et en plus ils font à manger !
- Je signe !!
Elle s'installèrent dans le canapé et Maria alla prendre l'eau chaudes, des tasses et sa boîte à tisane.
- Bon j'ai vraiment tout ce qui est possible et imaginable. Je suis fan de the et de tisane haha.
- Hum celui là a l'air super bon !
- oh attends j'ai encore du vacherin à la framboise !
- waw du vacherin ?? Tu es pâtissière en plus ?
- haha non, seulement ma maman mais elle m'a appris 2 recettes que je connais par cœur et que je fais de temps en temps.
- et qu'est ce que c'est la deuxième ?
- La tarte au citron meringuée.
Nina fit mine de s'évanouir. Elle en avait déjà goûté en voyage à Paris avec sa mère il y a très longtemps et elle avait adoré ça.
- Je double signe.
Maria rit et revint s'asseoir avec elle. Elle la servi en vacherin et Nina reconnu intérieurement qu'elle n'avait jamais mangé de gâteau aussi bon de toute sa vie.
Elle mangèrent et burent en discutant joyeusement et finirent par s'affaler sur le canapé.
- Et donc tu me dis que ce soir on mange en face c'est ça? Demanda Nina en se caressant le ventre.
- Effectivement c'est bien ça, répondit Maria en riant. Et je te conseille de te préparer parce que Nate est un vrai chef.
- Si je suis morte et montée au paradis, ne me le dis pas juste laisse moi profiter de cet endroit parfait.
Elles restèrent tranquillement à regarder le plafond en écoutant la musique qui sortait de la petite enceinte de Maria. Ce n'était pas un silence gênant, juste un silence apaisé.
Nina se sentait vraiment bien ici et au fond d'elle elle savait qu'elle y resterait le plus longtemps possible.
- Nina ?
- Oui?
- Est ce que je peux te demander pourquoi tu étais aussi pressée d'emménager ? Est-ce que tu as des soucis ?
Nina se redressa et une boule se forma dans sa gorge.
Elle n'avait aucune envie de parler de Viktor mais elle savait qu'il était capable de la suivre jusqu'ici après les cours et de venir toquer à l'appartement.
Elle devait lui dire.
Elle se senti soudain paniquer quand elle réalisa que c'était un motif totalement valable pour ne plus avoir envie qu'elle emménage...
Elle dû faire une tête bizarre puisque Maria glissa sa main sur la sienne et la pressa legerement
- Nina, je te l'ai dit tu n'es forcée à rien. Si tu ne penses pas pouvoir m'en parler pour l'instant ce n'est pas grave. J'attendrai que tu sois prête.
- Non... Non. Ce n'est pas un problème annodin et moi je peux le gérer mais il est hors de question que je t'impose ça sans te prévenir.
- D'accord. Je t'écoute.
Maria pressa une nouvelle fois sa main et Nina senti les larmes lui monter aux yeux.
- il y a ce gars, Viktor. Je suis sortie avec lui au début de l'année dernière et on a rompu cet été en juillet.
Nina fit une pause et Maria se redressa légèrement, sûrement pour lui faire comprendre que malgré son silence, elle était là et elle l'écoutait.
- Ça ne s'est pas bien terminé. Dit Nina d'une traite pour ne pas flancher.
Technique qui ne fonctionna âpparement pas puisque Maria lui caressa la joue pour essuyer une larme.
- Est-ce qu'il t'a fait du mal ?
Nina mis du temps à lui répondre. Elle n'avait parlé de ça à personne. Elle n'avait pas d'amis, plus de famille ou en tout cas pas de famille proche. En parler à Maria c'était comme vraiment réaliser tout ce qu'il s'était passé pendant 10 mois.
Elle ouvrit la bouche plusieurs fois et fini par fondre en larmes.
Maria la pris dans ses bras et la garda longtemps contre elle à lui caresser la tête en attendant que ses sanglots se calment.
Elle ne lui disait rien mais c'était plus que ce qu'elle avait eu depuis longtemps.
Quand elle finit par se calmer, Maria se leva pour lui donner un mouchoir et se reinstalla près d'elle en lui prenant la main.
- Waw. Dis donc. C'est ce qu'on appelle un craquage dans les règles. Dit-elle en essayant maladroitement de sourire.
- Et tu as le droit d'en avoir autant que tu veux, quand tu veux quand tu es ici, lui répondit Maria en souriant.
- J'ai toujours été très solitaire mais quand je suis arrivée à la fac c'était pire que tout. J'avais des soucis familiaux, j'arrivais dans une ville où je ne connaissais personne et je voulais absolument réussir médecine. Je me suis enfermée pendant 2 ans dans les études. J'ai repoussé toutes les personnes qui essayaient de venir vers moi.
En 3eme année je me sentais très seule. J'avais déjà croisé plusieurs fois Viktor mais je n'avais jamais vraiment fait attention à lui. Il est beau et il le sait. Tu vois le genre ?
Maria opina vigoureusement.
- C'était le genre de personnalité que je fuis en général mais là il me voyait. Il me draguait gentiment et il était tout le temps là sans jamais rien abandonner malgré ma timidité, ma froideur.
Alors je lui ai laissé une chance.
Les deux premiers mois, c'était génial.
- Comme toujours, dit Maria en lui pressant la main.
- Après ça il est devenu très possessif. Je n'avais déjà que lui mais il piquait des crises des que je parlais a un camarade de classe ou quand un homme me regardait. Quand j'ai commencé à fréquenter une fille de ma classe il a tout fait pour casser notre amitié naissante. Au debut il me faisait beaucoup de compliments pour me faire prendre confiance en moi et puis au bout d'un moment, une fois que j'étais vraiment amoureuse de lui il a commencé à me casser. Sa voix se cassa un peu sur le dernier mot et elle senti une larme s'échapper lentement. Il me rabaissait tout le temps. Me faisait sentir qu'il était trop bien pour moi et que j'avais énormément de chance qu'il s'intéresse à moi. Que sans lui je n'étais rien.
J'aurais dû partir bien plus tôt mais... Je n'avais que lui.
- C'est extrêmement difficile de quitter quelqu'un qui a réussi à te faire baisser la garde puis à te détruire psychologiquement Nina. Surtout quand tu étais déjà fragile au départ.
Nina savoura la sensation d'être écoutée et soutenue et repris son récit. C'était comme si, une fois ouvertes, les vannes ne pouvaient plus se refermer.
- Pendant des mois il a alterné entre le petit ami méprisant, méchant et absent pendant la plupart du temps, et le petit ami parfait, aimant et gentil quand il sentait que je n'en pouvais plus.
Je voulais que ça s'arrête mais je n'avais pas la force de le quitter. Et puis chaque fois que je lui disais que ça n'allait pas il arrivait à tout retourner contre moi.
En juillet j'ai découvert qu'il me trompait. Depuis le tout début de notre relation et pas qu'avec une seule fille.
- Fils de chien.
Nina sourie à la réaction de Maria et continua.
- Ça a été comme un déclic. Je me suis rendu compte que ma mère n'aurait jamais voulu que je finisse comme ça et que moi même je n'avais pas à supporter ça. Je l'ai quitté tout de suite quand je l'ai appris. Il a essayé de me dire qu'il m'aimait, que ce n'était que des erreurs et quand il a vu que rien de ce qu'il disait me faisait changer d'avis, il est passé à la Méchanceté et aux menaces.
Il m'a dit que c'était ma faute parce que j'étais répugnante et depressive. Que je n'avais aucun intérêt et qu'il s'ennuyait avec moi. Que je n'étais rien sans lui et qu'il n'accepterait jamais que je sois avec quelqu'un d'autre.
Ce jour là il m'a poussé tellement fort contre la commode de ma chambre que j'ai eu un hématome dans le dos pendant 2 semaines.
Maria se couvrit la bouche avec sa seconde main et Nina pu observer un mélange de haine et de peine dans ses yeux.
- Après ça il est parti en claquant la porte en hurlant que je ramperais a ses pieds quelques jours plus tard.
Maria avait maintenant une expression de haine pure sur le visage.
- Est ce que quelqu'un a entendu ce qu'il se passait ? Quelqu'un t'a aidé ou a appelé la sécurité du campus ?
-... Non, personne... De nous deux Vikor était clairement le plus populaire. Moi j'étais la fille bizarre qui ne parlait à personne alors que lui était l'étoile montante du baseball que tout le monde veut voir en soirée.
- Tu étais avec Viktor krepsky ?
- Tu le connais ? Demanda Nina la voix tremblante alors qu'une sueur froide se répandit dans son dos.
- Seulement de réputation. Je le détestait déjà avant mais maintenant c'est de la haine. J'espère pour lui que je ne le croiserai jamais.
Nina se tordit les mains et reprit la parole.
- C'est justement le problème... En juillet j'ai quitté le campus quand je l'ai quitté mais depuis que je suis revenue il rodé tous les jours autour de ma chambre et il a déjà réussi 3 fois à me prendre à l'écart pour essayer de me forcer à me remettre avec lui.
- C'est pour ça que tu as cherché un logement en dehors du campus ?
- Oui... Et ton annonce avait l'air tellement génial. Je me suis dit que je pourrais être enfin tranquille et que je pourrais me faire une amie.
Maria la pris dans ses bras et la serra fort.
- Bien sûr que tu vas te faire une amie.
Je suis contente que tu m'aies raconté tout ça. Tu crois qu'il pourrait te suivre jusqu'ici ?
- Je crois que oui. C'est pour ça que j'ai décidé de t'en parler.
- D'accord. On a 2 digicodes en bas et moi puisque je suis au courant si je le vois roder près de l'appartement j'appelle la police. Est ce que tu te sens d'en parler avec les garçons ?
- Non ! Pardon... Non. Pas tout de suite. Je ne veux pas que la première impression de moi qu'ils aient soit celle d'une pauvre victime qui apporte des problèmes. Je veux un nouveau départ Maria.
- D'accord. Aucun problème. Ça ira tu verras.
Elle se sourirent et se levèrent pour débarrasser.
- Laisse ça je m'en occupe. Il est déjà 18h va i'staller tes affaires dans ta chambre et te préparer tranquillement pour le dîner Nina.
Nina eut encore une fois envie de pleurer en l'entendant dire "ta chambre" et sourit niaisement.
- Merci beaucoup Maria.
Celle-ci lui sourit chaleureusement.
- De rien.
Nina se pencha pour récupérer sa valise et son sac et avança vers la chambre.
- Eh Nina.
Elle se tourna et vit Maria un sourire tendre sur le visage.
- Tu n'est plus seule maintenant et tu es la bienvenue ici.
Nina se contenta de hocher la tête, ne pouvant pas répondre en raison de la boule d'émotion qui venait de barrer sa gorge, et s'en alla vers sa chambre.