6.Ton père, cet obstacle

1537 Words
Pdv Matt  David venait de partir et je ne savais pas trop si je devais aller voir Malia. Je me décidai finalement à aller lui parler. Je frappai à la porte et n’entra que quand elle me donna l’autorisation. Elle était assise sur son lit.   Moi : Ça va ?   Malia, avec un peu d’humour : Oui. Ça va. Comme tu le vois, il ne m’a pas mangée.   Moi : C’est bien que vous ayez pris du temps pour vous parler tranquillement. Il faut que vous fassiez tous les deux des efforts pour votre bébé. Ça ne sert à rien, les cris et disputes et tu dois vraiment te ménager.   Malia : C’est lui, Matt. C’est lui qui pète les plombs. Moi, tu sais que j’arrive à garder mon sang-froid.   Moi : Tu pètes un peu les plombs comme lui. Ce n’était pas une bonne idée de fuir comme ça. Je réalise que ce n’est vraiment pas bien que tu disparaisses comme ça sans donner de nouvelle. Je pense vraiment que je ne te laisserai pas de repartir à Nice avec moi. Il faut que tu restes ici, que tu parles à tes parents, que tu reprennes le boulot. Je ne peux pas te laisser prendre le sens inverse de la raison.   Malia : Je n’ai vraiment pas envie.   Moi : Tu as des obligations professionnelles, Malia. Je suis sûre que tu as des affaires en cours. Il faut que tu reprennes le boulot, tu verras que ça te fera oublier un peu tout ce que tu vis dans la sphère privée. Malia, hésitante : Tu penses ?   Moi : Oui.   Malia : Ok. Mais j’y retournerai que lundi prochain.   Moi : C’est bien.   Je l’aurais gardée chez moi à Nice, si j’étais égoïste. Mais je savais que je n’avais pas le droit de profiter d’elle dans cette période d’invulnérabilité . C’était malsain. Il y avait un bébé dans cette histoire et je voulais qu’il naisse dans une atmosphère apaisée. Ce n’était pas moi le père biologique. Je ne pouvais pas séparer ses parents pour mon propre plaisir. Il fallait même si cela m‘arrachait le cœur, laisser la place à leur couple.   **********************   Pdv Malia   Plusieurs semaines plus tard   Je repassai ma robe de ma main et sonnai à la porte. Je m'étais décidée à venir la voir. Je touchai instinctivement mon ventre. Il s'arrondissait de plus en plus. 4 mois déjà ! J’entendis la clé bouger dans la serrure. Derrière la porte, un visage inconnu se montra. Une jeune fille de 14 ans à peu près. Blonde, les yeux bleus, elle était habillée d'un tee-shirt bleu clair et d'un jean bleu.   Moi : Bonsoir !   La jeune fille : Bonsoir !   Moi : Je suis bien chez Aurélie Perret ?   La jeune fille : Oui, entrez !! Mme Rocher, Maman vous attend.   Elle me conduisit dans un grand salon où une belle femme blonde se trouvait. La femme qui était assise sur un des fauteuils était ravissante dans sa chemise de couleur corail et une jupe droite noire qui s' arrêtait au genou. La jeune fille s'éclipsa pendant que les nous nous saluâmes. Je connaissais furtivement la femme qui se tenait devant moi. C'était l'une des plus anciens amis de mon oncle. J’avais cherché partout des informations sur ma mère, mais aussi étonnant que cela puisse être, personne n'en savait pas plus que moi sur elle . Personne ne s' était aventurée à mettre un nom sur sa génitrice. Même mes parents n'en savaient pas plus. A croire que la seule chose qui leur importait à l’époque, c'était de s'accaparer de cette petite fille née sous X. Ma dernière carte c'était cette jolie blonde . Lors de tous les entretiens que j’avais eu avec mes parents et ceux que David avait eu avec les siens, un nom était revenu automatiquement : Aurélie Perret. Je la connaissais peu. Les quelques rares fois où mon oncle était venu nous voir quand je vivais encore chez mes parents, Aurélie était passée. Elle s'attardait souvent à me regarder furtivement, maintenant je savais pourquoi.   Aurélie, toute souriante : Tu attends un heureux évènement ? C’est pour bientôt.   Moi : J’en suis au quatrième mois.   Aurélie : Félicitation. Je te sers à boire?   Moi : Non merci.   Aurélie : Tu me disais au téléphone que tu voulais me rencontrer. Pourrais-je savoir en quoi je peux t'aider?   Moi : Tu es la meilleure amie de mon oncle ou plutôt de ...mon géniteur. Aurélie sursauta.   Aurélie : Ils t'ont tout dit?   Moi : Oui, il m'a tout dit.   J’insistai sur le "il". Cela eut l'effet estompé.   Aurélie : Je suis heureuse que tu aies enfin appris toute la vérité. Je trouvais malsaines toutes ces cachotteries. Même si ta mère avait fait promettre à ton père de garder le secret , j'ai toujours dit à ton père que cette promesse était diabolique. Mais pourquoi es-tu venue me voir moi?   Avant même que je n'eus le temps de répondre, Aurélie reprit:   Aurélie : Ton père t'a dit qu'il n'a plus des nouvelles de ta mère, mais que moi je pourrais t'aider?   J’acquiesçai de la tête, en sachant que je ne disais pas tout à fait la vérité.   Aurélie : Il n'a pas tort. Il y a quelques années, j'ai croisé par hasard une grande amie de ta mère à la gare. Le hasard avait voulu que toutes les deux nous prenions le même train pour Marseille, on a voyagé ensemble, nous souvenant de notre tendre jeunesse. Nous avions bien sûr parlé de tes parents et de la manière dont leur relation s'était terminée. Elle désirait revoir ton père pour lui reparler de ta mère et on s'était séparées à la gare de Marseille. J'ai appelé ton père qui à l'époque était au Botswana, mais il m'a demandée de brûler le numéro de l'amie de ta mère. C'était le passé . Heureusement je suis têtue, je l'ai gardé précieusement. Imagine si je ne l'avais pas gardé. Tu m'attends, je vais le chercher. Elle se leva et quitta le salon. Elle revint avec une feuille.   Aurélie : Tiens, le voilà . J'espère qu'elle a gardé le même numéro. Ça fait 5 ans qu'elle me l'a donné. ************************   Une semaine après   Je m' installai sur le fauteuil. La femme qui m'avait chaleureusement accueillie retourna dans la cuisine et revint avec un plateau d'amuses-bouches, deux verres et une bouteille de jus d'orange. Elle me servit un verre et je ne cessais de lui sourire. J’étais soulagée de l'avoir enfin retrouvée. Il lui avait fallu une semaine pour la joindre sur le numéro qu'Aurélie m’avait donné. Une semaine d'appels incessants. Quand j’avais réussi enfin à la joindre, mon interlocutrice m’avait expliquée qu'elle avait profité de ses congés pour partir un mois dans son pays d'origine le Gabon. Elle était très heureuse de me connaître et la rencontre s'était faite le lendemain du  coup de fil. Axelle était noire et avait des formes généreuses. Ses cheveux noirs étaient coupés courts et mettaient en relief ses beaux yeux marrons. C'était une très belle femme quadragénaire et son accent profond, mais mignon trahissait ses origines. Sur les murs du salon, des photos d'enfants et d'un homme de type européen me fit comprendre qu'elle était mariée. Elle m’expliqua que ma mère et elle s'étaient rencontrées en première année de management. Elles étaient toute de suite, devenues des amies. Par la suite, mes parents s' étaient rencontrés grâce à Aurélie, qui était la colocataire d'Assi.   Moi : Assi? Ma mère s'appelle Assi?   Axelle me dévisagea surprise.   Axelle : Tu ne le savais pas ? ... Dis-moi, jeune fille, ton père sait-il que tu es ici ?   J’étais grillée . Je ne sus quoi dire, honteuse.   Axelle : Tu es venue me voir sans l'aval de ton père. Ma petite, je ne peux pas t'en dire plus. J'étais persuadée ou plutôt tu m'as persuadée que c'était ton père qui t'avait demandée de venir me voir pour t'aider à retrouver ta mère. Je n'irais pas à l'encontre de la volonté de tes parents. Si ton père n'a même pas voulu te donner le nom de ta mère, je ne serai pas la moucharde qui te dévoilera le passé.   Moi, suppliante : Non. Je vous en supplie! Je laissai échapper quelques larmes.   Axelle, intransigeante : Je suis désolée, ma petite. Si ton père ne le veut pas, je ne vais pas ouvrir la boîte à pandore.   Moi : S' il vous plaît!! Faîtes-le pour mon bébé.   Je me mis à genoux, sûrement débile à cause des hormones. Axelle me releva.   Axelle : Je suis désolée, ma fille. J’aimerais vraiment tout te raconter. Mais je ne veux pas aller à l’encontre des concernés.  N'insiste pas. Si tu veux connaître le passé, demandes la permission de ton père. Ne réagis pas comme ça, ce n’est pas bon pour ton bébé.   Furieuse, je courus vers la sortie en larmes. Je dévalai les escaliers, ouvris la porte de l'immeuble et sortis. David qui m'attendait dans la voiture voulut en sortir, mais j’entrai précipitamment.   David : Ça a été?   Moi, en refermant la portière : Démarres!!   David, inquiet : Que s' est-il passé?   Moi, en larmes : Démarres, amènes moi loin d'ici!          
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD