Pdv Malia
Quelques jours après
Je frappai la porte et entrai. Un homme amaigri était allongé sur son lit d'hôpital. Découvrant son visiteur, il se redressa lentement. Il me regarda en silence. Il ne sourit pas. Moi non plus. En de pareilles circonstances, on ne pouvait pas sourire. Cet homme ne me ressemblait tellement pas. J’avais toujours trouvé que j’avais les yeux de celui que j’avais toujours appeler Papa.
Oncle Dany, simplement : Je savais que tu viendrais.
Moi : Alors c'est vrai que je suis ta ...
Elle ne put même pas terminer sa phrase tant l'idée l'horrifiait.
Oncle Dany : Oui! Malia! Je suis désolé...
Moi : Ne te sens pas obligé de t'excuser. Je ne suis pas venue pour entendre des excuses. Je veux juste savoir qui est ma mère.
Oncle Dany : Ta mère c'est Nathalie Chevalier.
Moi : Je te parle de ma mère biologique.
Il resta silencieux.
Oncle Dany : Le passé est le passé! Ne déterre pas ce qui est déjà enterré.
Cette phrase me mit en colère.
Moi, énervée : Le passé? Je te parle de mes origines. J'ai le droit de savoir.
En apprenant ma grossesse ,Matt m'avait convaincue de ne pas fuir mais de plutôt faire face au passé. Je n'étais pas rentrée à Paris pour rien . J’étais prête à affronter cet oncle qui avait tant été un mystère pour moi dans mon enfance. Il n'avait jamais eu un sourire pour moi.
Moi : Qui est ma mère biologique?
Oncle Dany : En quoi cela t'aidera-t-il? Elle t'a donnée à moi. Elle m'a fait promettre de garder sa maternité secrète.
Moi, désespérée : Si j'accepte de faire les tests de compatibilité, me diras-tu qui est ma mère?
Il sourit, amusé.
Oncle Dany : Un chantage?
Moi : Non. Un marché.
Oncle Dany : Ou plutôt une ruse. Je sais que tu es enceinte. Tu ne peux pas faire les tests.
Prise au dépourvu, je le dévisageai.
Oncle Dany, devinant ma question : Tes parents me l'ont dit.
Moi, surprise : Ils sont au courant?
Oncle Dany : Ton fiancé le leur a dit . Ils sont tous persuadés que tu mets ton bébé en danger. Je pense que tu devrais sortir de ta cachette et rentrer chez toi. Ça ne sert à rien de vouloir faire payer à tous une histoire passée. C'est puéril. Tu seras mère dans quelques mois. Penses au bébé au lieu de te balader à travers la France juste pour faire comprendre à tout le monde que tu n'es pas contente.
J’étais furieuse. Voilà pourquoi je ne l'aimais pas. Chaque fois qu'on se croisait , il trouvait le mot le plus juste pour me mettre hors de moi.
Moi, blessée : Puérile? Tu trouves que je suis puérile et que je me balade!! Vous m'avez tous menti et moi, je suis puérile ? Je te déteste.
Je refusai de pleurer devant lui. Sentant mes larmes monter, je courus vers la porte et la claquai derrière moi.
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Pdv Matt
Elle se jeta sur Matt en larmes. Je la gardai dans ses bras. J’avais accepté de l'accompagner à Paris. Je savais qu'elle aurait besoin d'une épaule pour pleurer. Là, sanglotant dans mes bras, elle était si fragile. Je fermai les yeux pour mieux voyager avec elle. Soudain, je sursautai. Une main nous sépara violemment.
- Ne vous gênez!
Mon sang se glaça. Cette voix, je le reconnus . C'était ...David.
Malia, énervée : Que fais-tu là?
David, dans le même état : Et lui que fait-il ici?
Malia : Je lui ai demandé de m'accompagner.
David, horrifié : Tu lui as demandé de t'accompagner? Donc c'est chez lui que tu te prélassais pendant que je mourrais d'angoisses en te cherchant partout.
Malia, le toisant du regard : Je n'ai pas de compte à te rendre.
David : Tu n'as pas de compte à me rendre? Je te rappelle que tu portes mon enfant. Où peut-être, est-il de lui ce bébé? Un " Duvalier" hérite mieux qu'un simple "Game".
Avant même que Malia ne réagisse, je donnai un bon coup de poing à David. Je ne pouvais pas accepter ce genre de manque de respect pour Malia. Ce dernier, pris par surprise, tomba à la renverse. En colère, il se releva et me rendit son coup. On se bagarra. Quelques infirmiers et visiteurs accoururent pour nous séparer.
David, enragé : Je vais le tuer! Laissez-moi!
Son nez saignait et tacha la chemise blanche qu'il portait.
Moi : Tu es malade, David! Comment peux-tu croire que Malia soit ce genre de fille?
J’avais, contrairement à David, retrouvé mon sang-froid, dès qu'on nous avait séparés.
David, menaçant : Ne l'approche plus!!!
Malia, qui jusque-là s' était tue, s'approcha de moi et me dit:
Malia : Viens, partons!
David : Malia! Malia! Attends!
Il essaya de se débattre et de sortir des mains des deux infirmiers qui le tenaient vigoureusement. Elle l'ignora et continua son chemin.
A la sortie de l'hôpital, je préférai conduire la voiture de Malia. Elle me laissa faire. On rentra chez Malia. Elle alla directement s'isoler dans sa chambre. Moi, préféra rester dans le salon pour faire des appels professionnels. 1 heure après notre arrivée, David se mit à tambouriner comme un fou sur la porte.
David : Malia, ouvre-moi. Je sais que tu es là.
Excédé, je finis par ouvrir la porte. Il entra en me toisant du regard.
David : Où est-elle?
Moi : Dans la chambre.
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Pdv David
Je me dirigeai vers la chambre. Il ouvrit la porte et entra. Malia, couchée sur le lit, se releva. Elle avait amèrement pleuré. Je sais, je n’aurais pas dû réagir comme ça à l’hôpital, mais quand sa voisine m’avait appelée pour me dire qu’elle était de retour sur Paris, je ne pensais pas la trouver à l’hôpital avec Matt. Je ne supportais pas leur amitié, qui n’était pas gratuite de son côté.
Malia : S' il te plaît, David. Laisse-moi tranquille.
Ça me fendit le cœur de la voir dans cet état.
Moi : Je m'excuse. Je suis un idiot.
Je voulus s' approcher d'elle.
Malia : Ne t'approches pas!
Moi : Malia, combien de temps vas-tu me faire payer une faute que je n'ai pas commise? Tu portes mon enfant. Je devrais être à tes côtés pour te soutenir.
Malia : Ah parce que c'est ton enfant?
Moi : Oui. J'ai fait une bêtise en te disant cela. J'étais juste en colère en te voyant avec lui. Je sais que ce bébé est le tien. Tu sais aussi que je ne supporte pas de te voir avec lui . Pourquoi tu t'es refugiée chez lui?
Malia : Parce que tu ne connais pas son adresse. J'en avais marre de ton harcèlement.
Moi : Mais c'est parce que je t'aime. Je t'aime Malia, mais tu ne ...
Malia : Tu m'as cachée un si lourd secret. Moi, je ne te l'aurais jamais caché.
Moi : Je sais que je t'ai déçue. Mais il n'est pas trop tard, laisses-moi t'aider.
Malia, amusée : M'aider? Tu penses que tu peux faire parler mon oncle? Il ne veut rien me dire sur ma mère. Je ne sais pas qui m’a mise au monde.
Moi : Ton oncle? Non! Mais ma mère. Si! Elle était au courant de ton adoption. Peut-être en sait-elle plus sur ta mère biologique.
Elle releva la tête et me donna un petit sourire, encouragée par ma suggestion.
Moi : Ça n'enlèvera pas ta colère, mais au moins accepteras-tu de me donner une seconde chance.
La voyant plus réceptive, je continuai.
David :Tes parents et moi, nous nous sommes occupés d'appeler les invités pour annoncer le report du mariage.
Devinant ce qui trottait dans sa tête, je terminai : Ta mère a parlé au traiteur et a annulé la réservation de la salle.
Deux larmes coulèrent sur les joues de Malia. Sans en dire plus, je la quittai. Je l’entendis se remettre à pleurer .C'était triste qu'on en arrivait là. Deux ans qu'on préparait notre mariage et voilà que si près de la date, on annulait tout . C'était trop triste. Mais j’espérais que ce n’était qu’un report.